DISPOSITIONS D'ATTAQUE
Faire une trouée à travers les archers par une charge irrésistible, puis s'élancer à pied, l'épée à la main, le long du seul chemin qui conduisait aux Anglais, pour les attaquer, main à main, corps à corps, c'était aller au-devant du plus cher désir du roi Jean et des fougueux chevaliers de t Etoile ', qui frémissaient autour de lui d'impatience batailleuse.
Jean le Bon ordonna à ses maréchaux de faire, de point en point, ce qu'avait conseillé Ribemont.
Saint-Venant et Montmorency chevauchèrent aus-
1 Jean le Bon avait institué, en 4351, la confrérie de Notre-Dame de la noble maison, dite de VÉtoile parce que les 500 chevaliers qui en faisaient partie portaient une étoile à leur chaperon ou par-devant leur mantel. Ces chevaliers, dont le roi était le grand-mailre, juraient de ne jamais céder dans la bataille plus de 4 arpents de terrain à l'ennemi et de se faire tuer ou prendre plutôt que de s'enfuir.
Un pareil serment, fidèlement tenu, entraîna promptemonl l'exlinotion de l'ordre de l'Étoile.
3oG LF. PRINCE NOIR.
sitôt de bataille en bataille « pour choisir, par droite élection, les 300 chevaliers ou écuyers, les plus roides, les plus apperts, les mieux montés et armés. »
Les maréchaux se réservaient l'honneur de conduire cette troupe d'élite.
Un peu en arrière des ailes de la pointe d'avantgarde (M), la bataille des clievaliers allemands et lorrains • restait à cheval comme renfort, sous le commandement des comtes de Sarrebruck, de Nidau et de Nassau {L. A).
Le reste de l'armée française était réparti en trois grosses batailles de 16.000 hommes chacune, formant trois lignes parallèles et assez rapprochées :
Devant la première était le duc de Normandie (A'), c< recommandé en la garde du seigneur de Saint-Venant, de monseigneur de Landas, et de messire Thibaut de Voudenay ». Deux autres fils du roi, Louis
' Cette bataille se composait des compagnies soldées.
« Jusqu'au roi Jean, les successeurs de Philippe-Auguste avaient pris à leur solde des chevaliers ou des écuyers. — Chaque chevalier trailait directement avec le roi pour lui et pour un ou deux écuyers ; quelques-uns se faisaient suivre de leurs vassaux, dont le service était volontaire; ils se trouvaient ainsi à la tête d'une petite compagnie. Mais, en principe, l'engagement était individuel. Ces nobles étaient ensuite réunis en compagnie d'une cinquantaine d'hommes et placés sous la conduite d'un capitaine nommé par le roi.
.. En 1351, le roi Jean prit une mesure importante au point de vue militaire, il ordonna que les chevaliers et autres combattants seraient mis par (jrosses routes, c'est-à-dire en troupes de vingt-cinq, trente, cinquante et jusqu'à quatre-vingts chevaliers, suivant le mérite du cauitaine. Celui-ci dut recevoir le serment des hommes placés sous ses ordres. » (Boutaric.)