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LA GUERRE EN CASTILLE

lion. 11 lui plaisait de se mesurer avec du Guesclin, le nouveau connétable de Castille, et de voijager à sa manière dans un pays riche, dont on lui racontait des merveilles.

Après avoir rappelé sous sa bannière les capitaines anglais et gascons des compagnies, qui, comme Hugh Caverly, avaient suivi du Guesclin en Castille, il manda d'outre-Manche et de Bretagne ' les barons et les chevaliers désireux de courir les aventures ; puis il convoqua à Bordeaux toute la noblesse du Poitou et de la Gascogne.

Charles le Mauvais lui livra passage, et, au mois de février 1367, le prince Noir descendit en Navarre par le col de Roncevaux, à la tête d'une belle armée de 27.000 cavaliers, sans compter les gens de pied \

1 II faut se bien convaincre que le sentiment de la patrie est bien rare alors, même dans les âmes les plus nobles. Clisson, qui a perdu un œil à Auray sous la bannière française de Charles de Biois, s'enrôle de tout cœur, trois ans après, sous la bannière du Prince Noir, et lorsque Charles V voudra toucher aux libertés de la Bretagne, du Guesclin lui-même lui renverra son épée de connétable et se déclarera son ennemi.

• « Comme ils ne pouvaient passer tous ensemble, ils s'ordonnèrent à passer par trois batailles, et par trois jours, le lundi, le mardi et le mercredi.

« Le lundi passèrent ceux de l'avant-garde (10.000 chevaux), desquels le duc de Lancaslre était capitaine. En sa compagnie était le connétable d'Aquitaine, messire Jean Chandos, qui avait bien 1.200 pennons dessous lui. Parmi ces jicnnous était celui du sire de Rclz, chevalier breton, qui servait dans ce voyage avec 30 lances et h ses frais,

Wi DU GUESCLIN.

Henri de Transtamare envoya un défi clievaleresque à ce redoutable adversaire.

• — « Comme nous savons de vérité, lui écrivait-il, « que vous nous quérez pour avoir bataille, veuillez « nous laisser savoir par lequel lez (côté) vous entrerez « en Castille, et nous vous serons au devant pour dé- « fendre et garder notre seigneurie. »

Le choc eut lieu sur la rive droite de l'Ebre, entre Najera et Navarette, dans la province de Burgos.

C'est encore dans la chronique de Froissart que nous étudierons cette bataille, car le chroniqueur faisait partie à cette époque de la maison du Prince Noir, et ce furent les combattants eux-mêmes, vainqueurs ou prisonniers, qui lui racontèrent, à Bordeaux, les péripéties de la campagne.

Henri de Transtamare avait un grand courage et une grosse armée à opposer à ses adversaires.

pour s'acquitter envers Jean Chandos, dont il était le prisonnier depuis la bataille d'Auray.

« Le mardi, le Prince Noir passa avec Pierre le Cruel et le roi de Navarre, qui lui enseignait le passage. Il avait avec lui 7.000 chevaux, dont 4.000 hommes d'armes de Poitou, de Saintonge, de Quercy, de Limousin, d'Agcnois et de Bigorrc.

€ Le mercredi, le roi de Majorque, le comte d'Armagnac, le sire d'Albret, tous les braves capitaines gascons de Cocherel, Aymenon de Pommier, le soudich de l'Estrade, Petiton de Courton, Perducas d'Albret; enfin le reste des compagnies. — 40.000 chevaux.

« Tous ces gens se logèrent à Pampelune, où ils rafraîchirent eux et

LA GUERRE EiN CASTILLE. 40o

« 3.000 chevaux armes pour combattre sur les ailes, 6,000 genôtaires S 20.000 hommes d'armes, des meilleurs qu'on pût trouver en Castille, Galice, Portugal, Cordouan ou Séville, 10,000 bons arbalétriers et 60.000 piétons, portant lances ou archegaies (javelots). »

Ce qui ferait au moins 100.000 hommes au compte de Froissart.

Le Prince Noir, venant de Logrono, remontait la rive gauche de l'Èbre, lorsque ses coureurs découvrirent, à Navarette, « l'armée des Espagnols qui était logée dans les bruyères, devant Najera.

« Le vendredi, 2 avril au soir, il fit signifier secrètement par tout son ost, qu'au premier son de la trompette, on s'appareillât, qu'au second on s'armât, qu'au troisième on montât à cheval et l'on partît, en suivant les bannières des maréchaux et le pennon Saint-Georges, et que nul, sur sa tête, ne se permît d'aller avant sans en avoir reçu l'ordre. »

Le roi Henri avait été, lui aussi, informé par ses coureurs du voisinage des Anglais. Aussi avait-il prescrit à ses gens de souper et d'aller se reposer de bonne heure, pour être prêts à prendre les armes au premier coup de minuit.

leurs chevaux, trouvant largement à vivre avec pain, cliair, vin et toutes autres pourv(îances, mais ne payant mie et ne pouvant s'abstenir de piller. . (Froissart. Liv. i, 2° partie, cliap. 214 à 217.) * Cavaliers montés sur petits chevaux ou scnôls d'Espagne.

A l'aubo, l'armée franco-espagnole était ordonnée en trois batailles :

La première, commandée par du Guesclin assisté du maréchal d'Audeneham, se composait « de 4.000 che- « valiers ou écuyers, bien armés et ordonnés à l'usage « de France. »

Un peu en arrière et à gauche, les deux frères du roi Henri, don Telle et don Sanche, commandaient les 16.000 cavaliers légers de la deuxième bataille.

La troisième et la plus grosse, sous le commandement du roi Henri, comptait 7.000 hommes d'armes, 10.000 arbalétriers et 30.000 piquiers ou gens de trait.

Comme Edouard III au matin de Crécy, « Henri de Transtamare, monté sur une mule du pays, forte et roide, se départit de son arroy et s'en alla visiter les seigneurs, de rang en rang, en les priant moult doucement qu'ils voulussent entendre à garder son honneur. Il leur parlait de si bonne chère que tous en avaient joie. »

Il faisait jour quand il revint se mettre à la tête de sa bataille.

Navarette (3 avril 13G7).

Au soleil levant, l'armée franco-espagnole se mit en marche dans la direction de Navarette, « rangée, serrée et ordonnée, ainsi que pour tantôt combattre, sans qu'un rang dépassât l'autre. »

NAVARETTK (3 avril I3G7). 407

L'armée anglaise marchait déjà à sa rencontre.

« On chevaucha et chemina si bien, de part et d'autre, qu'on se trouva face à face. »

« Quand le soleil fut levé, c'était grand'beauté de voir ces bannières ventiler et ces armures resplendir contre le soleil. »

Les Anglais et les Gascons mirent pied à terre et se rangèrent par bannières et par pennons derrière leurs chefs.

Le Prince Noir leva les yeux au ciel et dit en joignant les mains :

— « Vrai Père Dieu, Jésus-Christ qui m'avez formé! « consentez, par votre bénigne grâce, que la journée « soit nôtre, si, comme vous le savez, c'est pour aider, « garder et soutenir raison et droiture, pour remettre « en son royaume et héritage un roi chassé et déposée sédé, que moi et mes gens nous nous sommes mis en « campagne, et que nous nous avançons pour com- « battre ! »

Après cette prière, il cria :

« Avant ! avant , bannières ! Au nom de Dieu et do saint Georges ! »

C'était le signal de l'attaque. Aussitôt le duc de Lancastre % et Jean Chandos\ qui venait de lener bannière

1 Fils d'Edouard III et frère du prince de Galles.

2 Consulter ia note de la page 328.

• Là, messire Jean Chandos apporta entre ses înains sa bannière qu'il n'avait encore nulle part boutée hors, et il dit au prince de Galles :

en bataille pour la première fois, se portèrent en avant, à la tête de Vavant-garde.

Les 4.000 hommes d'armes de du Guesclin et d'Audeneham s'élancèrent au devant des Anglais.

Pendant qu'on brisait les lances, avant « d'entrer les uns dedans les autres, les batailles s'approchaient et se boutaient ensemble vitement. »

Le Prince Noir et don Pedro assaillirent la deuxième bataille ennemie ; mais don Telle tourna le dos sans attendre le choc, et s'enfuit avec plus de 3.000 chevaux.

Les gens de pied de sa division, découverts par cette lâcheté, furent facilement dispersés par Olivier de Clisson et le captai de Buch.

Le Prince Noir et don Pedro se dirigèrent alors contre la bataille du roi Henri. Mais les frondeurs espagnols et castillans « effondraient, à coups de pierres, hommes et bacinets ».

— « Monseigneur, voici ma bannière; je vous la baille, par telle nia-

• niôre qu'il vous plaise à développer, pour qu'aujourd'hui je la puisse

• lever; car. Dieu merci! j'ai bien de quoi, en terre et héritage, pour

• tenir état de banneret. »

« Adonc, prirent le prince et le roi don Pietro entre leurs mains la bannière, qui était d'argent à un pal aiguisé de gueules, et la lui rendirent par la hampe, en disant :

— • Tenez, messire Jean, voici votre bannière, Dieu vous en laisse « votre prcu faire ! »

• Lors se partit messire Jean Chandos et rapporta sa bannière entre ses gens et la mit au milieu d'eux et dit :

€ Seigneurs, voici ma bannière et la vôtre; gardez la comme « vôtre. » (Froissart. Livre i, 2' partie, chap. 231)).

NAVARI'TTK (3 avril 1367). 409

Il fallut faire avancer les archers anglais pour avoir raison de ces frondeurs*.

Les hommes d'armes d'Espagne, d'Aragon et de Portugal soutinrent vaillamment l'assaut du Prince Noir.

lisse combattirent de lances, de guisarmes^ d'épieux et d'épées, pendant que, sur les ailes, les genôtaires se portaient partout, où les batailles branlaient et se voulaient ouvrir. « Mais, avec le Prince Noir étaient, à vrai dire, toute la meilleure chevalerie du monde et les meilleurs combattants.

« Le roi Henri se combattait moult vaillamment; pour tenir ses gens en vertu, il leur disait :

— « Bonnes gens, vous m'avez fait roi et couronné « roi ; aidez-moi à défendre et à garder l'héritage, dont « vous m'avez hérité. »

Trois fois, ces « bonnes gens » plièrent ; trois fois, don Henri les ramena à la charge. Mais l'exemple de son frère, don Telle, avait été suivi par la moitié de l'armée.

L'avant-garde bretonne et française faisait d'inutiles prodiges pour prolonger la lutte.

* La fronde est restée en usage aux iles Baléares ; les bergers s'en servent, avec la môme adresse que leurs aïeux, pour atteindre à de grandes distances les bêtes récalcitrantes.

2 « Arme d'hast, composée d'un tranchant long et recourbé, et d'une pointe droite, d'estoc. • (Viollct-Ie-Duc.)

C'était une faucille doublée d'une baïonnette.

Jean Chandos, qui conseilla et gouverna, dans cette journée, le jeune duc de Lancastre, comme il avait fait à Poitiers pour son frère le prince de Galles, savait bien que là était le fort de la besogne.

Aussi il assaillit cette avant-garde avec des forces supérieures, « l'entoura et la déconfit. »

Bertrand du Guesclin, Arnoult d'Audeneham et le Bègue de Vilaines, furent faits prisonniers avec 60 des leurs.

« Quand la bataille des maréchaux fut outrée et déconfite, toutes les grosses batailles des Anglais se rallièrent pour assaillir les Espagnols, qui défendaient encore la bannière du roi Henri. Ceux-ci ne purent souffrir ni supporter ce faix ; les plus braves étaient morts, les autres « commençaient à fuir et à retraire moult eflfrayément et sans arroy, vers la cité de Navarette et la grosse rivière qui là court (l'Ebrc).

« Quand le roi Henri vit la pestilence et la déconfiture sur ses gens, et qu'il ne fallait plus songer à rien recouvrer, il monta à cheval et se bouta parmi les fuyants.

« Anglais et Gascons montèrent à cheval, et commencèrent à enchâsser Espagnols et Castillans jusqu'au pont de Navarette, dont ils s'emparèrent.

« Les eaux de l'Ébre se rougirent du sang des hommes et des chevaux, qui là furent noyés et occis. »

Le ralliement se fit de la même façon qu'à Poitiers.

NAVAIŒTTE (3 avril 13GT). 4H

« Le prince de Galles tit tenir sa bannière sur une petite montagne pour rallier ses gens.

« Là se recueillaient et rassemblaient tous ceux qui revenaient de la chasse. Le duc de Lancastre, Jean Cbandos, Olivier de Clisson, le captai de Buch, le comte d'Armagnac, le sire d'Albret et tous les barons , levaient haut leurs bannières pour recueillir leurs gens, qui se rangeaient à mesure sur les champs.

« Don Pedro, qui revenait tout échauffé de la chasse, sa bannière armoriée de Castille devant lui, descendit de son coursier noir, sitôt qu'il aperçut la bannière du Prince Noir; il voulut s'agenouiller devant lui et le remercier, mais le Prince le releva et lui répondit moult avisément :

— c< Rendez à Dieu grâces et toutes louanges, car la victoire vient de lui et non pas de moi ! ' »

* Voici, d'après Froissart , quelles furent les pertes des deux armées :

« Après souper, les quatre chevaliers et les quatre hérauts, que le prince de Galles avait envoyés sur le champ de bataille, pour compter et visiter les morts, rapportèrent que 5G0 hommes d'armes espagnols et français y étaient demeurés. Au milieu d'eux, ils n'avaient trouvé que quatre de leurs chevaliers morts : deux gascons, un allemand et un anglais, Raoul de Ferrières; des communautés (gens de pied) d'Espagne et de Castille, 7.500, sans compter ceux qui furent noyés ; d'Anglais, il n'y avait que 20 archers et 40 autres piétons. •

C'est la proportion des batailles antiques. Au moyen âge, il n'y a encore de pertes sérieuses que parmi les vaincus, c'est-à-dire parmi les piétons qui tournent le dos, ou parmi les hommes d'armes, terrassés et livrés dans leurs armures au couteau des gens de pied.

Le chevalier ou l'ccuyer renverse l'adversaire et passe outre; le piéton vient derrière et tue à loisir cet homme d'armes terrassé, qui se débat dans son harnois sans pouvoir se relever.

La rançon de Bertrand du Guesclin coûta cette fois beaucoup plus cher que d'habitude. Mais Charles V ne regardait pas à la dépense quand il s'agissait de son meilleur capitaine. D'ailleurs, il voulait disposer de la marine espagnole, avant de déchirer le traité de Brétigny, et pour avoir cette marine, il fallait détrôner de nouveau don Pedro, au profit de son frère Henri de Transtamarrc.

Du Guesclin était impatient de prendre la revanche de Navarette.

Il rejoignit, avec 2.000 hommes d'élite, l'armée de don Henri devant Tolède, au moment même où ce prince apprenait que don Pedro avait rassemblé plus de 40.000 hommes, la plupart juifs ou sarrasins, pour faire lever le siège.

Sur le conseil de messire Bertrand, don Henri alla au devant de son rival avec la plus grande partie de ses forces, afin d'attaquer l'armée ennemie à l'improviste pendant une marche.

L'occasion favorable s'offrit à du Guesclin aux environs de Montiel.

La journée de Montiel (14 mars 13G9).

« Don Pedro s'était mis en chemin au matin, et chevauchait assez éparsément, car il ne croyait pas ctro combattu en ce jour.

« Soudainement vinrent, à bannières déployées et

LA JOCRNÉI-: DE MONTIEL (14 mars 4300). 413

tout pourvus (le leurs laits ', le roi Henri, son frère don Sanche, messire Bertrand du Guesclin qui avait tout conseillé, le Bègue de Vilaines, le vicomte de Rocaberti, le vicomte de Rodez et leurs routes; en tout 6.000 combattants, qui chevauchaient tous serrés et de grand randon ^

« Ils s'en vinrent férir au galop, de plein élan, contre les premiers qu'ils rencontrèrent en criant :

« Castille au roi Henry ! Notre-Dame, Guesclin ! »

Ces premiers furent reculés, roidement abattus et déconfits.

« Nul ne fut mis à rançon, ainsi que messire Bertrand l'avait ordonné, parce qu'il y avait là abondance de juifs et d'autres mécréants.

« Quand le roi don Pedro, qui chevauchait en la plus grande route, apprit l'attaque de don Henri et la déroute de son avant-garde, il vit bien qu'il était trahi, déçu et en aventure de tout perdre, car ses gens étaient moult épars.

« Cependant, comme c'était un bon et hardi chevalier, de grand confort et entreprise, il s'arrêta tout coi sur les champs, fit déployer et mettre avant sa bannière pour recueillir ses gens, et il envoya dire à ceux qui étaient derrière de se hâter d'accourir, car il se combattait aux ennemis. »

Mais les juifs portugais avaient déjà tourné le dos;

1 Avec un plan d'atlaquc bien arrogé.

2 Inipélueuscmcnt.

4U DU GUI-:SCL1N.

il ne restait plus autour de don Pedro que les archers sarrasins et les piétons d'Afrique ou de Grenade.»

Don Pedro combattit vaillamment au milieu d'eux, la hache au poing.

Les hommes d'armes de France tuèrent jusqu'au dernier de ces Sarrasins, qui, ne connaissant pas le pays et ne sachant où s'enfuir, vendirent chèrement leurs vies.

Don Henri et du Guesclin poursuivirent les autres plus de trois grandes lieues.

Ils ne s'arrêtèrent que quand il furent lassés « d'occire, de découper etd'abattre gens et bêtes à monceaux.»

Don Pedro s'était réfugié dans le château de Montiel ; il y fut bloqué, pris et assassiné * quatre jours plus tard.

1 Le récit de la fuite et de la mort de Pierre le Cruel estune des pages les plus émouvantes de Froissart. Nous la citons tout entière parce qu'elle nous montre que les Français savaient, à cette époque, faire bonne garde pendant la nuit devant une place assiégée, et surtout parce qu'elle prouve que du Guesclin n'a pris aucune part à la tin dramatique de Pierre le Cruel.

« Le roi don Pietro et ses compagnons étaient si près guettés de nuit et de jour, qu'un oiseau n'aurait pas pu partir du château de Montiel qu'il ne fût vu ni aperçu. Le roi, qui était là en grand'angoisse de cœur, et qui savait bien que ses ennemis ne voudraient entendre avec lui à nul traité de paix ni d'accord, eut grande imagination. »

ttll partit secrètement, une heure après minuit, lui douzième; il faisait cette nuit là durement épais et brun.

« Le guet était fait devant le château par le Bègue de Vilaines, avec plus de 300 combattants. Comme le roi don Pietro était issu du chàtel avec ses compagnons, et comme il descendait la rampe, en se tenant aussi coi que possible, le Bègue de Vilaines, qui était toujours en

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