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LE BON CONNÉTABLE

Pendant que du Guesclin guerroyait en Castille, le Prince Noir et Jean Chandos, pour répondre à l'édit de

éveil, en soin de son fait et en crainte de tout perdre, ouït, à ce qu'il lui sembla, un bruit de pas sur le pavé. — « Seigneurs, dit-il à ceux qui étaient près de lui, ne laites nul effroi ;

• j'ai oui gens; tantôt sachons qui vient à cette heure. Ce sont peut-être

• gens vitailliers (vivandiers), qui viennent rafraîchir (ravitailler) ce

• chàtcl de vivres, car il n'en est mie bien pourvu. »

« A donc s'avança, le dit Bègue, sa dague en son poing, ses compagnons autour de lui ; il vint à un Anglais, près du roi don Piétro et demanda :

— « Qui va là ? Parlez, ou vous êtes mort ! •

« L'Anglais ne répondit pas et passa outre en s'esquivant.

« Le Bègue le laissa passer, et avisant le roi, il lui sembla, bien qu'il fit très-noir, que c'était don Pietro, qu'il avait pris d'abord pour son frère bâtard, don Henri.

— « Et vous, lui demanda-t-il, en lui portant sa dague à la poitrine, « qui êtes- vous? Nommez-vous et vous rendez tôt, ou vous êtes mort! »

« Tout en parlant, il prenait le frein du cheval, pour qu'il ne s'esquivât pas comme l'Anglais, qui d'ailleurs avait été pris par ses gens.

• Le roi, voyant qu'il ne pouvait échapper à la grosse route de gens d'armes qui était devant lui, dit au Bègue de Vilaines qu'il reconnut :

— « Bègue, Bègue ! je suis le roi don Pietro de Castille, à qui on a fait

• bien du tort par mauvais conseil. Je me rends ton prisonnier et je « me mets en ta garde et en ta volonté avec mes douze compagnons. Je « te prie, en nom de gentilesse, de nous mettre en sauveté, et je me

confiscation de l'Aquitaine, rendu par Charles V au mois de mai 1369, avaient repris les hostilités au sud de la Loire,

En septembre, une armée anglaise débarquait à Calais. Le duc de Lancastre, qui la commandait, fit sa chevauchée à travers l'Artois, le Ponthieu et le pays de Caux, sans être attaqué.

Charles le Sage, après avoir hautement annoncé le

« rançonnerai à toi aussi grandement que tu voudras, (car Dieu merci 1 « j'ai encore bien de quoi), pourvu que tu m'esquives des mains du

• bâtard Henri, mon frère. »

. Le Bègue lui réponditqu'il vînttoutsûrement lui et ses compagnons, et que, par lui, son frère Henri ne saurait rien de cette venue. Sur ce, ils s'en allèrent au logis du Bègue de Vilaines, dans la chambre de messire Yvon de Lakonnet.

« Le roi n'y était pas depuis une heure, que don Henri, accompagné du vicomte de Rocabcrli et de quelques autres, vint en ce logis.

• Dès qu'il fut entré dans la chambre où était son frère, il s'écria :

— • Oti est ce fils de chienne, ce juif qui se prétend roi de Caslille? .

€ Alors le roi don Pietro fut moult hardi et cruel homme, et dit :

— . C'est toi qui est fils de chienne ; car moi, je suis le fils du bon

• roi Alphonse ! »

« Après ces mots, il prit à bras le corps son frère Henri et le tira à lui en luttant. Comme il était le plus fort, il l'abattit dessous lui, mit la main à son couteau, et il l'eût occis sans remède, si le vicomte de Rocaberti n'eût pris le pied du roi don Pietro et ne l'eût renversé par-dessous lui, en meUant don Henri dessus. Henri tira aussitôt un long couteau de Caslille qu'il portait en écharpe, et le lui embarra au corps ; des gens entrèrent alors et l'aidèrent à partner (achever) son frère. Deux écuyers se firent tuer en voulant défendre don Pietro. On ne fit aucun mal à ses neuf autres compagnons, qui restèrent prisonniers de monseigneur le Bègue de Vilaines et de messire Yvon de Lakonnet. » (Livre i, 2« partie, chap. 2b0.)

COMBAT DE POiNT-VALIN (30 octobre UIO). 4-17

projet d'une descente en Angleterre et « fait à Harfleur un grand appareil de nefs, de barges et de vaisseaux », avait contenu l'ardeur généreuse de son frère , le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, et de la nombreuse noblesse qui l'entourait, par une défense formelle de livrer bataille.

Cependant, il rappela de Castille du Guesclin et lui donna l'épée de connétable (20 octobre 1370).

Combat de Pont-Valin (30 octobre '1370).

Du Guesclin baptisa cette épée dans le sang des Anglais.

Un capitaine de routiers, Robert Knolles, qui commandait dans le Nord pour Edouard III, étant venu jusqu'aux portes de Paris allumer ses « fumières» sous les yeux mêmes du roi , le connétable se mit à sa poursuite avec SOO lances.

Il atteignit l'arrière-garde anglaise sur les bords du Loir, près de Pont-Valin, et l'assaillit avec la même impétuosité qu'à Montiel.

Les Anglais étaient bons chevaliers, mais les Français étaient deux fois plus nombreux : « Tous mirent pied à terre, vinrent l'un sur l'autre moult arréement, et se combattirent vaillamment de leurs lances et de leurs épées. Tous les Anglais furent tués ou pris, car leurs garçons et varlets, en voyant la déconfiture, montèrent sur les coursiers de leurs maîtres et s'ensauvèrent. »

Ainsi, la tactique française, en 1370, consiste à chevaucher secrètement, pour surprendre l'ennemi inférieur en nombre et pour l'attaquer en queue ou en flanc pendant une marche.

Avant d'engager l'action corps à corps, les hommes d'armes mettent pied à terre, se rangent sur une ligne , puis, s'ils sont les plus forts et si l'adversaire a tourné le dos, ils remontent à cheval pour chasser, c'est-à-dire pour massacrer les gens de pied et prendre à rançon les chevaliers ou les écuyers déconfits.

C'est un mélange du combat à pied et à cheval, renouvelé d'Arioviste et de César; mais l'armement est trop lourd pour que cette méthode de guerre soit toujours la meilleure.

Il faudra deux siècles encore pour que le dragon remplace l'armure de fer.

Les varlets assistent en curieux à la bataille : si elle tourne bien, ils amènent à leurs maîtres les destriers pour la chasse, sinon ils sautent en selle, piquent des deux et se mettent à l'abri, « en héritant des chevaux et du harnois. »

En dix ans, le connétable, délivré de ses redoutables adversaires , Jean Chandos, tué dans une escarmouche*

1 « Messire Jean Chandos, qui était grand chevalier, fort, hardi et conforté en toutes ses besognes, sa bannière devant lui, environné des siens, et vêtu dessus ses armures d'un grand parement qui lui battait jusqu'à terre, armoyé de son armoirie (d'un blanc semis à deux pals aiguisés de gueules , l'un devant et l'autre derrière), semblait

COMBAT DE PONT-VALIN (30 octobre ■! 370). 419

et le Prince Noir, dégoûté de la guerre par les horreurs du sac de Limoges ' qu'il avait ordonné, reprit aux Anglais la Guyenne, le Poitou , la Saintonge , le Rouergue, le Périgord, le Ponthieu et une partie du Limousin.

homme bien suffisant et entreprenant. En cctétal.unpicd avant l'autre, le glaive au poing, il s'en vint sur ses ennemis.

« Or, il faisait, à ce matin, une petite geiée et la voie était glissante; si Lien qu'en marchant, il s'entortilla en son parement et trébucha. Et voici qu'un coup d'un glaive vint sur lui, lancé par un écuyer appelé Jacques de Saint-Martin, qui était fort homme et appert durement. Le coup le prit en chair ets'arrètadessous l'œil, entre le nez et le front. Mcssire Jean Chandos n'avait pas pu voir le coup venir sur lui de ce côté-là, car il avait l'œil éteint. Il l'avait perdu, depuis cinq ans, dans les landes de Bordeaux, en chassant un cerf, et, depuis cet accident, il ne portait plus de visière à son bacinet. En trébucliant, il s'appuya sur le coup qui était lancé de bras roidc. Saint-Martin lui entra le fer jusqu'au ccrvel, puis il retira son glaive à lui. Messire Jean Chandos, pour la douleur qu'il sentit, ne se put tenir debout; mais il chut à terre en tournant deux tours moult douloureusement^ comme s'il était féru à mort. Oncques depuis le coup il ne parla. » (Froissart, liv. i, 2° partie, ch. 295.}

^ « Le prince de Galles entra en litière dans Limoges avec ses pillards à pied qui étaient tout appareillés de mal faire, de courir la ville et d'occire hommes, femmes et enfants, comme il leur était conmiandé.

« Là eut grand pitié, car hommes, femmes et enfants se jetaient à genoux devant le prince et criaient :

« Merci, gentil sire! »

1 Mais il était si enflammé d'ardeur qu'il ne voulait rien entendre. Nul ni nulle n'était ouie, et on passait au til de l'épée ceux ou celles qui n'étaient point coupables.

« Il n'est si dur cœnr dans la cité de Limoges qui ne lui souvint de Dieu et qui ne pleurât tendrement du grand meschef qui y était, car plus de 3.000 personnes furent décolées celte journée. Dieu en ait les âmes, car ils furent bien martyrs! » (Froissart, idem, ch. 317.)

Ce fut le dernier exploit du Prince Noir. Il retourna en Anglelerro

LES ENGINS A FEU

C'est à Ciécy que la poudre s'était fait entendre pour la première fois en bataille publique (1346).

Elle y avait fait plus de bruit que de mal et contribué bien peu à la victoire ; mais les trois petits canons de Crécy ne donnèrent pas moins le signal d'une grande révolution dans l'art de la guerre.

Fig. 116. -^ T ,. , . . ,

Pour passer du leu grégeois a la

poudre, il avait suffi de raffiner le salpêtre (1300).

Dès lors, il devenait facile de rendre plus résistants

les tubes qui contenaient la matière fulminante, et de

profiter de l'action des gaz pour lancer un trait ou une

masse de métal \

où il mourut en 1376. Nous n'avions pas besoin de ce récit de Froissarl, pour comprendre l'horreur que les Anglais inspiraient à toutes ces villes, à toutes ces provinces du Midi, qui se tournèrent françaises aussitôt que Charles V leur tendit la main, et qu'elles eurent l'épée de du Guesclin pour les protéger.

1 Nous avons lu, dans d'autres citations de Froissart (pages 340 et 344), que les engins à feu de Carcassonne et de Breteuil lançaient des carreaux empennés d'airain, grands et gros. Les premiers projectiles des canons ressemblent donc aux traits de l'arbalète à tours.

En 1338, il existait à l'arsenal de Rouen « un pot de fer à traire garos à feu, 48 garos férés et empennés, une livre de salpêtre et une demi-livre de soufre vif pour faire poudre pour traire les dits garos. >- (Général Favé.)

LES ENGINS A FEU. 424

Les premières bombardes furent employées dans les sièges dès l'an 13H. A Pérouse, en 1364, on fabriquail des armes à feu de mam, dont les balles perçaient les armures. Les Vénitiens, en 1380, employaient des fusées pour incendier les villes.

Les villes comprirent le danger et elles s'appliquèrent à le conjurer, en se donnant une artillerie imposante.

En 1339, Cambrai a 10 canons, dont 5 de fer et S de métal ; Lille en a 4, qu'on appelle tuyaux du tonnerre. Il y a des bombardes à Metz, à Toulouse, à Agen, à Montauban.

En 1350, des canons garnissent les créneaux de la nouvelle enceinte, dont le prévôt des marchands, Etienne Marcel, a entouré Paris pendant la captivité de Jean le Bon '.

« En 1 356, au siège de Romorantin, le Prince Noir employait, entre autres armes de jet, des canons à lancer des pierres, des carreaux ou des ballotes pleines de feu grégeois.

« Les premiers canons étaient longs, minces, fabriqués au moyen de douves de fer, ou bien, fondus en fer ou en cuivre, renforcés, de distance en distance, d'anneaux en fer ; on les transportait, soit à dos de mulet, soit sur des chariots.

« Ces bouches à feu, qu'on appelait alors acquéraux, sarres ou spiroles, et plus tard veuglaires, se compo-

' Consulter la note de la page 370.

saient d'un tube ouvert à chaque bout. A l'une des extrémités s'adaptait une boîte, contenant la charge de poudre et le projectile, c'est-à-dire qu'on chargeait la pièce par la culasse, mais cette culasse était complètement indépendante du tube, et s'y adaptait au moyen d'un étrier mobile.

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D'après Viollet-le-Duc.

Fig. il7.

« Ces pièces étaient sans doute suspendues à des tréteaux, par les anneaux dont elles étaient munies * .

« Les premières bouches à feu furent encastrées dans un auget en bois et serrées avec des boulons, des brides de fer ou même des cordes. Des piquets B empêchaient le recul.

« Pour pointer une bombarde, on Y affûtait avec des leviers ou des coins de bois. De là l'expression à'affût, qui, à dater du XVP siècle, désignait la charpente supportant le canon.

* L'usage de ces engins à feu, supportés par des anneaux, fut longtemps conservé. L'armée de Louis XI s'en servait, en 1477, au siège d'Avesnes, car on en a trouvé deux, à côté d'une bombarde, devant la porte de Cambrai, pendant les récents travaux de démantellement de la place d'Avesnes. Les boulets sont en pierre ou en fer.

LES ENGINS A FEU

« La charge de poudre était introduite au moyen de grandes cuillers en fer battu. On boutait le feu avec des lances qu'on chauffait en C.

Vzollet-le-Duo.

Fi2. 118.

« Pour se garantir des projectiles ennemis, les artilleurs dressaient devant leurs pièces d'épais manielets de bois, mobiles autour d'un axe, qu'on relevait pour tirer et qui retombaient par leur propre poids pendant qu'on rechargeait ^ »

Les vieux engins lutteront longtemps encore, avec avantage, contre cette nouvelle artillerie, dangereuse à manier.

1 Viollet-le-Duc. Dictionnaire raisonné de rarchiiedure française du XI<^ au XVl'^ siècle. Tome v. Paris, A. Morel, 4861.

424 DU GDESCLIN.

En 1364, il y a des arbalètes à tours dans l'arméo du Prince Noir et dans celle de du Guesclin.

'■ Chars et charrestes amenaient, à explois, 1 Tentes, pavillons et riches arcs turquois, < Bombardes, arcs à tours, espées et espois i. "

La victoire ne restera au canon et à l'arquebuse, que lorsqu'ils auront une portée supérieure, lorsque leur tir deviendra facile et rapide, lorsqu'ils ne tueront plus ceux qui s'en servent. Pour cela, il faudra fabriquer de bonne poudre, trouver des charges capables de produire l'effet voulu et déterminer, d'après cet effet, l'épaisseur de métal à donner aux bouches à feu, portatives ou autres.

Le canon est une arme bourgeoise. Des compagnies de canonniers s'organisent dans toutes les bonnes villes, et prêtent au roi leur concours.

C'est contre l'invasion anglaise, puis contre les incursions et les brigandages des grandes compagnies, que ces canonniers doivent garder les villes, et cellesci deviennent, dès lors, des points d'appui solides, à l'abri desquels on peut livrer bataille.

De l'occupation des places fortes dépend le succès

1 Cuvelier, trouvère du XIV' siècle; Roman de Bertrand du Guesclin {Documents inédits sur Vhistoire de France. Charriera 1839.)

d*une campag-ne, pour des capitaines prudents comme le Prince Noir, Chandos ou du Guesclin.

Du Guesclin engagea Charles V à se servir des compagnies d! archers ou d'arbalétriers, à cheval ' , que les bonnes villes équipaient à leurs frais, mais qu'elles prêtèrent bien volontiers au roi, pour l'assister contre l'Anglais et surtout contre les barons révoltés.

L'aprèi Viollet-le-Duc.

Fis. 110.

1 .. Les compagnies d'archers et d'arbalétriers étaient véritablement une infanterie nationale ; les hommes qui les composaient recevaient une solde et servaient le roi où il les appelait, sans se tenir dans les limites stipulées dans les Chartres communales pour les milices bourgeoises. On pouvait aussi les garder sous les armes tant que leur pré-

« Ces archers étaient vêtus d'une broigne de peau ou de toile piquée ; ils portaient cubitières, genouillères et grèves avec solerets de fer. Un camail de mailles leur couvrait la tète et descendait jusqu'au milieu des bras. Une casaque d'étoffe, avec ceinture roulée, fendue latéralement pour laisser passer les bras, descendait jusqu'au-dessous des genoux. Les flèches étaient, pendant le combat, passées dans la ceinture, du côté droit ^ »

Ces compagnies bourgeoises, en défendant bravement leurs villes contre les attaques des Bourguignons et des Anglais, contribuèrent puissamment à atténuer les désastreuses conséquences des batailles perdues.

Quand le connétable mourut, en 1380, devant une petite place du Gévaudan, Châteauneuf de Randan, les Anglais n'avaient plus en France que Bayonne, Bordeaux, Brest, Cherbourg et Calais.

La vie de du Guesclin est remplie de traits de prudence, d'humanité et de générosité ^ Le peuple l'appe-

sence était nécessaire. Ils étaient placés sous les ordres du grand maître des arbalétriers; ils passaient des montres ou revues, comme la cavalerie ; en un mot ils n'avaient de commun avec les milices communales que l'origine. » (Boutaric.) 1 Viollet-le-Duc. Mobilier.

* « Estoc d'onncur et arbre de vaillance,

Cœur de lyon, esprit de hardement , La fleur des preux et la gloire de la France, Victorieux et hardi combattant, Sage en vos faicts et bien entreprenant,

Souverain homme de guerre, Vainqueur de gens et conquéreur de terre.

lait le bon Connétable. Il lui savait gré surtout d'avoir déversé sur l'Espagne ces grandes compagnies de 'pillards et de routiers qui, depuis tant d'années, continuaient l'œuvre de destruction que les Anglais avaient entreprise.

Au lit de mort, le héros pria les capitaines qui l'entouraient, de ne point oublier ce qu'il leur avait dit mille fois : « qu'en quelque pays qu'ils fissent la guerre, « les gens d'église, les femmes, les enfants et le pauvre « peuple n'étaient point leurs ennemis ! »

Charles V rejoignit la même année, dans la basilique de Saint-Denis, le vaillant capitaine, qui avait éié le bras pendant quil était la tête, et l'histoire a confondu dans une même admiration ces deux nobles défenseurs de la patrie française.

Le plus vaillant qui oncques fût en vie, Chacun pour vous doit noir vestir et querre . Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie! »

(Euslache Descliamps, poète champenois, mort en 1422.)

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