TURENNE
Turenne avait appris l'art de la guerre, sous ses oncles, les princes de Nassau, lieutenants de Gustave- Adolphe. Il fit adopter, en France, la brigade et les formations suédoises.
Adversaire de Montecuculli, tacticien consommé, il inaugura, pour le battre, la guerre de positions.
Désormais, le succès dépendra surtout du choix du terrain et de l'habileté des manœuvres.
Turenne fut le maître de l'école française.
Tous les généraux victorieux du grand siècle, Condé, le prince Eugène, Villars, Vendôme, Catinat, Luxembourg, Berwick, se sont fait gloire d'être ses élèves.
Aussi pouvons-nous donner comme exemple do la tactique française, au XVIIP siècle, l'ordre que Turenne adopta pour la bataille d'Ensheim (1674).
La première ligne se composait de dix bataillons, la deuxième ligne à-Q huit. Aux ailes, vingt-huit escadrons; cinq, derrière l'infanterie de la première ligne.
En réserve, deux bataillons et six escadrons.
Comme la cavalerie de Gustave-Adolphe, chaque escadron était flanqué de quelques mousquetaires *.
Pour passer de l'ordre en colonne à l'ordre en bataille, et réciproquement, Turenne formait les subdivisions à droite ou à gauche. Les officiers, la pique à la main, marchaient en avant du premier rang.
L'artillerie, sous le règne de Louis XIV, comprenait des calibres de 36, de 24, de 16, de 12, de 8 et de 4. Le calibre 6 fut adopté un peu plus tard.
D'après un vieil usage, toute l'artillerie d'une armée française formait la première ligne, et la bataille commençait toujours par une longue canonnade.
Quand on croyait l'ennemi ébranlé, l'infanterie se mettait lentement en marche pour attaquer, piques basses.
y. LA baïonnette.