L'ORDRE PROFOND : LA COLONNE
Des soldats basques, après avoir épuisé leurs cartouches dans un combat contre des contrebandiers
t Pascal, Histoire de l'armée et de tous les régiments. Paris, Dutertre, ISeO.
Nous avons trouvé de précieux renseignements dans ce grand ouvrage, fort utile. Il est, de plus, enrichi de belles estampes de Philippoteaux, le commandant Bénazet s'en est inspiré pour plusieurs de ses croquis.
espagnols, eurent l'idée de mettre le manche de leurs navajas dans le canon des mousquets.
Voilà l'origine de la baïonnette.
Adoptée par les dragons en 1676, elle fut d'abord une courte pique à manche de bois, qu'on engageait dans le canon du fusil.
Comme toutes les innovations heureuses, la baïonnette eut, à ses débuts, des ennemis acharnés.
Le chevalier de Folard assurait, en 1727, qu'elle « ne ferait pas longtemps illusion» et que la pique était l'arme véritable de l'infanterie.
Pourtant la baïonnette avait valu à Tallard, en 1704, la victoire de Spire, et elle armait la colonne de 40 bataillons déployés qui sauva la France à Denain (1712).
On reconnut à la longue « qu'un bataillon, fraisé de baïonnettes et dont il sortait un grand feu, était plus capable de résister, en plaine, à la cavalerie qu'un bataillon, mal fraisé du peu de piques qu'on avait conservées à la fin d'une campagne ' »,