LA JEUNESSE DE LOUIS XI
SOMMAIRE
Campagne de 14Gî>. — Bataille de Monlihéry. — Passage de la Seine. — L'armée du bien public. — Les lignes de Conflans. — La retraite du
roi.
L'Anglais chassé, la féodalité restait debout, plus menaçante que jamais pour l'unité nationale.
Mais, l'héritier turbulent de Charles VII, le nouveau roi Louis XI ', disposait de deux puissants moyens de résistance : l'armée de la revanche et son génie politique.
Il voulut d'abord essayer de la force et s'attaquer, en bataille rangée, au chef de la Ligue du bien public^, à son redoutable vassal, Charles de Bourgogne.
1 Charles VIT était mort le 22 juillet 1461.
2 Louis XI avait irrité Charles de Bourgogne, en obtenant de Philippe le Bon, en li63, le droit de racheter les villes de la Somme
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C'est à Philippe de Commines, au conseiller et à l'ami de Charles le Terrible, que nous avons emprunté ces précieux renseignements sur la campagne de
Voici le journal d'opérations de ce témoin oculaire, qui devint l'historiographe de Louis XI, quand la fortune se fut déclarée contre son premier maître.
« L'armée du comte de Charolais pouvait être de 1.400 hommes d'armes, ynal armés, mais fort bien montés et bien accompagnés, car peu vous en eussiez vu qui n'eussent cinq ou six grands chevaux.
« D'archers il en pouvait bien avoir 8 ou 9.000, bien choisis. Tous étaient à che\al, sauf ceux qui conduisaient l'artillerie, qui était belle et grande, avec fort grand nombre de charrois. »
Charles marcha de Noyon jusqu'à Saint-Denis, point de jonction qu'il avait assigné aux seigneurs coalisés. Il était observé et suivi de près par la seule compagnie d'ordonnance du maréchal Joachim', qui se jeta dans Paris pour en fermer les portes.
(Saint -Quentin, Corbic, Amiens, Abbeville et Saint -Valory), qui avaient été livrées par le traité d'Arras. Il avait porté atteinte aux prorogatives de la noblesse, en lui retirant le droit de chasse; enfin il s'était aliéné le clergé, la bourgeoisie et le peuple, en augmentant les impôts. Si bien que son frôre, le duc de Borry, les ducs de Bretagne et de Bourbon prétendaient combattre pour le hieti public, en se faisant les alliés de Charles de Bourgogne contre le roi de France.
1 Joachim Rouault de Gamachcs, maréchal depuis liGl, Défenseur
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A Saint-Denis, le comte de Charolais trouva, pour tout renfort, un envoyé du duc de Bretagne, qui l'engagea à marcher à la rencontre de son maître. De plus, il apprit que le roi, après une pointe en Bourbonnais contre le duc de Bourbon qui s'était déclaré son ennemi, « revenait à grandes journées pour se mettre dedans Paris», et qu'il avait empêché la jonction des Bretons avec les Bourguignons'.
c< Lors, le comte de Charolais se délibéra aussi de marcher au-devant du Roy.
« Il s'en alla loger à un village près Paris appelé Longjumeau, et il mit le comte de Saint-Pol avec son avant-garde à Montlhéry, qui est à deux lieues plus loin.
de Bcauvais contre le duc de Bourgogne, en 1472. Nous l'avons vu se distinguer à Formigny (page 533).
1 « Le roi de France était au pays de Bourbonnais, où il guerroyait le duc de Bourbon, et empêcliait que les ducs de Berry et de Bretagne ne se rejoignissent, pour aller à Saint-Denis vers le comte de Cliarolais, lorsqu'il lut averti que le comte de Charolais et toute son armée avaient passé les rivières de Somme, d'Oise et de Seine.
« Le roi se conclud de premier combattre le comte de Charolais, Il chevaulcha, le 14 juillet, tant de jour que de nuit, lui et son ost, 24 lieues, et alla prendre gite àÉtampcs; le lendemain, il était à Chartres, à 3 lieues du Mont-le-lléry.
<■ Le IG juillet, devant le jour, le roi se délogea de Chartres et, un peu avant le soleil levant, lui et son armée se trouvaient sur le Montle-lléry, dessous lequel mont ils virent le comte de Charolais et toute son armée.
« Ce voyant, le roi fit mettre ses gens en ordonnance de bataille. • {Mémoires de Jacques du Clercq, escuijer, seiijneur de Bauvùir-en- Termis, de 14i8 « 1407.)