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L'ORDRE EN COHORTES

Marins réunit les trois manipules de la cohorte en une seule unité de combat, qui eut de 30 à 60 hommes de front sur 10 de -profondeur : 4 rangs de hastaires, 4 de princes et 2 de triaires; au maximum 600 combattants.

1 La ligure 51 est la reproduction du modèle que M. Bertrand a fait armer et équiper, au musée de Saint-Germain, d'après les textes, les monuments et les tombeaux romains, et surtout d'après les armes retrouvées à Alise.

C'était le bataillon moderne.

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Fig. 53.

Marius conserva 10 cohortes dans la légion et les disposa tantôt sur trois lignes, tantôt sur deux, quand il était obligé d'étendre son front.

La première cohorte devint la plus importante et la plus nombreuse de la légion; elle contint 10 centuries au lieu de 6 : ce qui porta à 64 le nombre des centuries de la légion. Le peloton des garde-enseignes marchait en avant du premier rang.

Les S enseignes légionnaires furent remplacées par une seule aigle d'or ou d'argent. La centurie prit le signum du manipule, dont on ne parla plus, et le vexillum devint le fanion des cohortes indépendantes, formées avec des centuries de provenances diverses *.

Th. Bénazet.

Fig. 54.

< L'empereur Adrien donna à la centurie le vcxillum de la cohorte

L'INVASION DES CIMBUES ET DES TEUTONS. ^5i

LUnvasion des Cimbres et des Teutons.

La nouvelle organisation militaire de la République romaine eut une terrible épreuve à supporter.

L'an 105 avant J.-C, les Cimbres et les Teutons venus des bords de la Baltique, avaient traversé l'Helvétie et la Belgique, ravagé la Gaule centrale, attaqué la Narbonnaise et détruit, sur les bords du Rhône, une armée romaine de 80.000 hommes.

Ils avaient, d'après un vœu solennel, anéanti tout ce qu'ils avaient pris, égorgeant 40.000 esclaves ou valets d'armée {calories). Les prisonniers romains avaient été pendus, les chevaux noyés, l'or et l'argent jetés dans le Rhône, les armes brisées.

Après une incursion en Espagne, ils avaient envahi l'Italie de deux côtés : les Cimbres par l'Helvétie et la Norique; les Teutons, grossis des Helvètes, par les Alpes maritimes (102 avant J.-C). Cette deuxième armée défila pendant six jours, avec ses chariots, devant le camp retranché que Marins avait construit à Arles, au croisement des deux voies romaines conduisant en Italie, par les Alpes et le littoral de la Ligurie.

Si nous doutions de la communauté d'origine de ces

et à celle-ci, comme à l'escadron, un dragon, gueule béante, porté au bout d'une pique. Sous cette tête, de longues flammes flottaient au vent et s'agitaient comme des ailes.

Ces dragons servaient encore d'enseignes, au moyen âge.

Teutons avec les Franks, qui sont aussi nos ancêtres, nous en retrouverions la preuve dans les provocations et les plaisanteries * qu'ils lançaient, au passage, aux légionnaires, immobiles derrière le vallum.

Marins suivit à petites journées ces bandes redoutables, et prit une forte position, sur une colline, au bord de la rivière d'Arc, près d'Aquse Sextise (Aix).

VICTOIRES DE MARIUS (402-401 avant J.-C).

Les Teutons marchèrent contre les Romains, au bruit de leurs épées de fer, frappées en cadence, en répétant alternativement : « Kymris ! Kymris !» et le cri de guerre : Ambra !

Les Ligures, auxiliaires des Romains, enfants de la même race que les Cimbres, criaient comme eux :

« Ambra ! Ambra ! »

Les Helvètes culbutés abandonnèrent leur camp ; mais leurs femmes se rangèrent devant les chariots pour défendre leurs enfants et leurs richesses et elles arrêtèrent la poursuite des Romains.

La nuit venue, Marins regagna la colline où il avait établi son camp, et les femmes helvètes conduisirent les chariots au bivouac des Teutons.

Le troisième jour. Marins, averti par ses éclaireurs qu'il y avait, derrière la position ennemie, un large

1 Florus nous les a conservées. Entre autres saillies, les Barbares

VICTOIRES DE MARIUS (102-104 avant J.-C; 1^3

ravin, masqué par un bois épais, y embusqua 3.000 soldats d'élite, sous Marcellus.

La cavalerie romaine alla provoquer les Teutons. Ceux-ci sortirent de leur camp, passèrent la rivière d'Arc et attaquèrent le camp retranché de Marins.

Leur arrière-garde, assaillie à l'improviste par Marcellus, jeta la confusion dans le corps de bataille. La panique s'empara des barbares, et les Romains en égorgèrent 100.000.

Restaient les Cimbres, c'est-à-dire les Kymris.

Marins les rejoignit à Verceil, sur la Sésia, le 30 juillet de l'an 101 avant J.-C.

Comme les Grecs, les Kymris croyaient à la force d'impulsion de la masse compacte et profonde. Ils accumulèrent les rangs les uns derrière les autres, et les guerriers s'attachèrent entre eux, avec des chaînes de fer, fixées à leurs baudriers.

Leurs 13.000 cavaliers portaient des casques, dont les cimiers, surmontés d'ailes gigantesques, figuraient des animaux fantastiques. Le reste de leur armement se composait d'une cuirasse de fer, d'un grand bouclier, d'une longue et lourde épée de taille et d'un épieu à deux pointes.

Cette cavalerie engagea l'action, en tournant l'aile gauche des Romains.

Les légions du centre poussèrent en avant.

demandent aux légionnaires s'ils ont des commissions pour leurs femmes « Si quid aduxores suas niandarent ».

L'infanterie barbare essaya alors de les envelopper, mais elle avait le soleil dans les yeux. Aveuglée par la poussière, épuisée par la fatigue du combat, elle tourna le dos, comme les Teutons, ... et regorgement recommença.

Les femmes, encore, défendirent le camp ; puis elles s'entretuèrent pour échapper aux vainqueurs.

En pénétrant dans l'enceinte des chariots, les Romains eurent encore à compter avec l'équipage de chasse des chefs kymris. Il fallut livrer bataille aux chiens à sanglier et les tuer à coups de flèches.

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