MATÉRIEL DE LA LÉGION
c La légion traînait à sa suite un équipage de pont de bateaux, diverses machines de siège et un approvisionnement d'outils de toute espèce. »
Ce matériel était acheté à l'industrie et livré aux troupes. L'entretien en était surveillé par un officier, relevant directement du légat ou du préfet de la légion et appelé, sous les empereurs, prœfectus castrorum.
C'était le mojor du camp.
L'emploi se donnait à un officier de mérite < qui avait servi d'une manière distinguée, pendant de longues années, afin qu'il n'enseignât que des choses qu'il avait pratiquées *. »
Cet officier avait dans ses attributions :
Le tracé, l'exécution et le paiement des ouvrages du camp et des retranchements ;
1 Véeèce.
MACHINES DE GUERKE. 465
L'inspection des tentes ou baraques des soldats et la surveillance des bagages.
« Son autorité s'étendait sur les médecins de la légion, sur les malades et sur leurs dépenses. Il dépendait de lui qu'on ne manquât jamais de chariots, de chevaux de bât, ni des outils nécessaires pour scier ou couper le bois, creuser le fossé, élever les palissades et se procurer de l'eau.
« Il était chargé de faire distribuer le bois et la paille à la légion, de l'entretenir de béliers, d'onagres, de balistes et de toutes les autres machines de guerre (catapultes, scorpions, etc.) *. »
MACHINES DE GUERRE
L'arc de Septime-Sévère nous montre comment on employait le bélier à bras (203 de l'ère chrétienne) .
Peusss
Fi-.
* De Rochas-d'Aiglun, capitaine du génie, De Vorganisation des armes spéciales chez les Romains.
Fig. 53
MACHINES DE GUERRE. 157
« Vitruve parle de trois machines propres à l'attaque : les catapultes, les scorpions et les balistes.
« Les catapultes et les balistes projetaient des dards d'une grande longueur et d'un poids assez considérable. C'est la dimension du projectile qui donne celle de l'engin.
« Le propulseur consistait en des ressorts de bois tendus au moyen de cordes et de treuils.
« Végèce parle des balistes, des onagres, des scorpions, des arcs-balistes, mais ses descriptions sont d'un laconisme tel, qu'on ne peut en rien tirer de concluant. Nous savons seulement, par lui, que la baliste était tendue au moyen de cordes ou de nerfs ; que le scorpion était une baliste de petite dimension, une sorte d'arbalète [scorpiones dicebant quas nunc manubalistas vacant) ;
« Que l'onagre lançait des pierres, et que la force des nerfs devait être calculée en raison du poids des projectiles.
« D'après Ammien Marcellin, la baliste, employée au quatrième siècle de notre ère, est une sorte de grande arbalète, dont le projectile est lancé par la force de réaction de plusieurs cordes à boyau tordues ' (Fig. 56).
c< Le scorpion, qu'on appelle alors onagre ou tormen-
1 M. Aug. Marc, directeur du journal V Illustration, a bien voulu nous permettre de reproduire les figures 56 et 57, publiées dans le numéro du 21 août 187o; elles représentent les machines construites par le général de Reffye, sur l'ordre de l'Empereur, et expérimentées en 187S, dans la forêt de Saint-Germain, devant les membres du congrès géographique.
L ART MILITAIRE CHEZ LES ROiMAINS.
Fig. S7.