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IMPORTANCE DU CAMP DANS L'ANCIENNE TACTIQUE

Depuis les origines de la guerre, c'est-cà-dire depuis la création du monde, les bandes armées ont choisi, pour camper, une bonne position défensive, et elles l'ont entourée d'une enceinte de chariots.

C'était là que les guerriers laissaient les femmes, les vieillards, les enfants et les bagages, avant de marcher à l'ennemi.

Les Grecs firent de l'art de camper une étude sérieuse dont les Romains profitèrent.

Le camp consulaire devint une forteresse improvisée.

Dans ce but, le légionnaire portait une ou plusieurs palissades, et il était exercé, depuis son enfance, à remuer la terre.

Aussi, en quelques heures, l'espace où les légions avaient fait halte était-il clos par un épaulement {oallum) et par un fossé.

Les chariots, disposés essieu contre essieu, abritaient les travailleurs.

Si César est resté invincible, c'est qu'il avait enseigné à ses lieutenants, comme une règle tactique immuable, le choix, la construction et l'organisation défensive du camp journalier^ situé à labri du vent, sur la pente d'une colline^ à portée du bois et de Veau,

Cette tradition, dédaignée par les généraux du Bas- Empire, les Barbares l'adoptèrent.

Comme ils emmenaient avec eux tout ce qu'ils possédaient, personnes et choses, ils n'eurent plus d'autre patrie que leur camp. Ils en faisaient une ville nomade, dont les chariots formaient le rempart, et, au milieu des territoires envahis, ils combattaient encore ;?ro aris et focis.

Dans les batailles de l'antiquité, le seul objectif était toujours le camp ennemi.

Chaque parti savait qu'il serait vainqueur s'il pouvait s'en emparer de vive force ou par surprise, et il manœuvrait en conséquence.

Les armées sortaient plusieurs fois de leur camp et

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se rangeaient devant le rempart, même sans engager l'action. C'était un moyen pour le général de faire montre ou mystère de ses forces, selon ses projets. César y recourait volontiers, pour cacher à l'ennemi l'effectif réel de ses légions.

A la bataille de Tours, en 732, Charles Martel a sauvé l'empire des Franks de la domination arabe en faisant attaquer, à l'improviste, le camp musulman par Eudes d'Aquitaine.

Au bruit de cette attaque, les cavaliers insaisissables qui, depuis plusieurs heures, harcelaient les lourdes batailles austrasiennes, tournèrent bride tout à coup, pour aller défendre leurs tentes et le riche butin qu'elles contenaient.

Alors les Franks marchèrent en avant, renversant tout sur leur passage, et le flot de l'invasion sarrazine, qui de l'Ebre était venue triomphalement jusqu'à la Loire, recula devant « ce rempart de glace, qui avait su s'ébranler sans se rompre » '.

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