LE RÈGNE DE LA LANCE
Le moyen âge fut le règne de la cavalerie bardée de fer et armée de la lance.
• « Glacialiler mancnt adstricti. • {Chronùpie de Frédèqnire.)
L'invasion des cavaliers barbares en Occident avait fait perdre, peuàpeu, à l'infanterie l'importance qu'elle avait dans les armées romaines, où la cavalerie, peu nombreuse, engageait rarement l'action, et se contentait de couvrir les flancs ou de poursuivre les fuyards.
L'organisation féodale, en groupant irrégulièrement les vassaux sous la bannière du suzerain, acheva de modifier la tactique.
Charger à cheval sur un rang, par bannière, devint la manière noble de combattre ; et les gens de pied, légèrement armés, ne furent plus qu'un « appoint au lieu d'être l'élément principal ' ».
Cependant les manants, qui suivaient au combat les hommes dormes, apprirent à se grouper sous la bannière du seigneur, et à former de profondes batailles de piétons, hérissées de piques, de vouges ou de fauchards.
Les chevaliers prirent l'habitude de se rallier derrière ces remparts vivants, pour reprendre haleine après la charge, avant de s'élancer de nouveau dans la mêlée.
Quelquefois même on vit l'infanterie engager l'action
1 Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier français. Paris, Morel, 1871. — Nous avons largement puisé dans l'œuvre du savant architecte, du grand artiste, qui a traité, de main de maître, l'importante question de « l'armement et de la tactique des armées françaises pendant le moyen âge ».
Ses travaux résument toutes les recherches faites sur cette époque, et la reproduction des merveilleux croquis, qu'il a dessinés d'après les originaux, sera la parure de cette modeste étude liistoriquc.
TRANSFORMATIONS SL'CCKSSIVI'S DE LA TACTIQUK. 2i
en lançant des traits, comme les troupes légères de l'antiquité. Mais son rôle habituel était de harceler les flancs des batailles à cheval, de désarçonner, avec des harpons, les chevaliers qui se laissaient entourer et de chercher le défaut de leur armure.