BATAILLE DE CHALONS
à la tête de ses Huns, avec les Ostrogoths à l'aile gauche et les Gépides à l'aile droite, fit donner le signal de l'attaque par les tambours tartares et les aurochs gothiques '.
Dans l'armée d'Aétius, Théodoric, roi des Visigoths, était à l'aile droite, à côté des légions gallo-romaines. Les Franks et les autres auxiliaires formaient l'aile gauche '.
Aétius occupa une colline qui commandait la plaine et, du haut de ce poste, il culbuta les escadrons des Huns, au moment où ils essayaient de gravir la pente.
Attila ramena ses Tartares à la charge en leur criant :
« Ne les connaissez-vous pas, ces lâches Romains, « que la poussière seule met hors de combat ! Mépri- « sez-les : chargez les Alains, dispersez les Visigoths. c Ceux-là détruits, la guerre est finie ! * »
Ce furent, en effet, les Visigoths qui décidèrent la
l'ouest; les Saxons des environs de Bayeux; les Sarmates, soldats auxiliaires des diverses garnisons de la Gaule ; les Bréons du lac de Constance; les Franks ripuaires des environs de Cologne (Henri Martin, Histoire de France).
' Cornes de taureau sauvage.
2 Nous n'avons pas pu, malgré nos recherches, trouver sur cette bataille des documents suffisamment indiscutables, pour en relever le plan d'ensemble. Le lieu même où elle s'est livrée (Ghàlons-sur-Marnc ? Méry-sur-Seine?) est encore un sujet de savantes discussions, qui n'entrent pas dans notre cadre. Nous nous gardons de la fantaisie historique, quelque attrait qu'on puisse parfois lui trouver.
5 Jornandès, moine et historien goth du VI* siècle.
victoire, en conversant sur le centre et en prenant les Huns en flanc.
Ceux-ci se rallièrent dans leur camp et y firent bonne contenance.
Le massacre dura toute la nuit.
Au jour, on vit que, « dans cette mêlée des plus vaillantes nations du monde, il avait péri, des deux côtés, 165.000 guerriers n sans compter les Franks et les Gépides, tués la veille dans un combat d'avantgarde.
C'est que la lutte corps à corps, la mêlée générale avaient remplacé le va-et-vient méthodique des batailles d'autrefois.
Parmi ces vaillants, aucun n'avait tourné le dos ; l'épée avait rencontré l'épée et la victoire était restée cette fois encore au plus habile, au tacticien Aétius, qui s'était assuré l'avantage de la position et qui avait exécuté une attaque inopinée sur le flanc de l'adversaire.
L'ARMÉE DE CLOYIS.
Après la bataille des champs catalaiiniqrœs, la Gaule devait appartenir à ceux qui l'avaient défendue.
Des généraux comme Aétius, qui auraient pu, à force d'habileté et de courage, la conserver à l'Empire, devenaient bien vite suspects à l'Empereur et mouraient assassinés.
Les légions tremblaient devant leurs alliés barbares ;