‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 76 sur 203 · L'ARMEE DE CLOVIS · texte numérisé non relu

L'ARMEE DE CLOVIS

mais, ces peuples, d'origines diflërentes, ne purent s'entendre au sujet du partage.

Le roi Clovis, élevé sur le pavois des Franks Saliens, vainquit successivement : au nord, les légions de Syagrius (Soissons) ; à l'est, les Alamans, [Tolbiac] ; au sudest, les Burgondes {Dijon) ; au sud-ouest, les Visigoths d'Alaric (Vouglé).

Pour gagner tant de batailles, pour devenir les maîtres de la Gaule, les Franks avaient conservé leurs armes nationales :

La francisque et la framée;

La longue épée à deux tranchants (de 0™,60 à O^jïO), qu'on ne retrouve que dans le tombeau dos chefs ;

p. Merle, d'après un modèle du musée de Mayence, Fig. 70.

Le scramasaxe, dague courte (0"\70), lourde, à un seul tranchant, dont le dos est habituellement cannelé, et dont le pommeau supporte deux ailettes semblables aux antennes d'un papillon

Fifr. 71,

Le hang ou angon, courte pique qui servait à la fois de près et de loin (Fig. 72, page 209).

« La pointe longue et forte était armée de plusieurs crochets tranchants et recourbés comme des hameçons. Le bois était recouvert de lames de fer dans presque toute sa longueur, de manière à ne pouvoir être brisé ni entamé à coups d'épée. Quand le hang s'était fiché dans un bouclier, il y restait suspendu, balayant la terre de son extrémité; alors le Frank, qui l'avait jeté, s'élançait et, posant un pied sur le manche, il appuyait, de tout le poids de son corps, pour forcer l'adversaire à baisser le bras et à découvrir sa tête et sa poitrine. Quelquefois, le hang, attaché au bout d'une corde, servait de harpon. Pendant qu'un des Franks lançait le trait, un autre tenait la corde, puis, tous deux joignaient leurs efforts, soit pour désarmer leur ennemi, soit pour l'attirer lui-même par son vêtement ou par son armure ' . i>

Les Franks portaient des habits de toile, serrés au corps par un large ceinturon qui soutenait l'épée. Ils gardaient le bouclier rond, mais ils dédaignaient le casque. Ils relevaient et rattachaient sur le sommet du front leurs cheveux, d'un blond roux, qui formaient une espèce d'aigrette et retombaient par derrière en queue de cheval. Les rois chevelus laissaient flotter sur leurs épaules cette longue crinière.

1 Augustin Thierry, Lettres sur rhistoive de France, d'après Procopc et Asathias.

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