‹ Les batailles d'autrefoisChapitre 77 sur 203 · TACTIQUE DES FRANKS · texte numérisé non relu

TACTIQUE DES FRANKS

« Quand Théodebert alla guerroj^er en Italie, en 359, la garde du roi avait seule des chevaux et portait des lances romaines. Le reste était à pied et dans un équipage assez misérable.

« Ils n'avaient ni cuirasses, ni bottines garnies de fer. Un petit nombre portaient des casques, les autres

D'après Philippoteaux Fig. 72.

* Avec la générosité d'un grand artiste, M. Pliilippoteaux a bien voulu nous autoriser à copier et à reproduire quelques-uns des types militaires de noire histoire nationale, qu'il a ressuscites avec une scrupuleuse exactitude. Malheureusement, nos croquis à la plume ne donneront qu'une idée imparfaite de l'œuvre du maître.

combattaient nu-tête, A cause de la chaleur, ils avaient quitté leurs justaucorps de toile et gardaient seulement des culottes, d'étoffe ou de cuir, qui leur descendaient jusqu'au bas des jambes.

« Ils n'avaient ni arc, ni fronde, ni autres armes de trait, si ce n'est le hang et la francisque ' . »

In pedite robur. C'est d'infanterie que se compose l'armée de ces Germains, qui sont devenus les Franks. Quelques chefs, quelques leudes du roi ont des chevaux, mais le Frank est un fantassin.

La bataille de Casilinum, gagnée, en S53, par l'eunuque Narsès, général de Justinien, démontra à ces guerriers entreprenants la nécessité d'avoir une cavalerie.

L'Italie les attirait.

Divisés en deux armées, comme autrefois les Cimbres et les Teutons, ils avaient ravagé l'Italie septentrionale, lorsque le Marins étrange, qui couvrait les approches de Rome, avec 18.000 mercenaires, grecs ou barbares, prit l'offensive et livra bataille aux 30.000 Franks de Bukhelin, dans les environs de Capoue.

Bataille de Casiliniini (£;j3).

Narsès renouvela la manoeuvre qui avait donné à Annibal la victoire de Cannes.

1 Augustin Thierry, idom.

BATAILLE DE CASILINUM (533). 2i1

Les deux armées étaient formées en avant de leur camp.

Celle des Franks s'appuyait, de chaque côté, à un bois, qu'on avait négligé de garder et de couvrir, faute de troupes légères et de cavalerie.

« Elle était divisée en bandes de 1.500 hommes environ, rangées sur 80 de front et 18 de profondeur '. »

C'était un moyen d'imiter à la fois la phalange et la légion.

Le centre (F), formé en coin, devait commencer l'attaque ; les ailes s'étendaient au loin, pour ne pas être enveloppées.

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r. Mekle, d'après un, croquis de E. Hardy.

Fig. 73.

Vis-à-vis de ce coin, Narsès avait placé, en pre- 1 D'après Agathias, historien grec de 554.

mière ligne, un carré plein, de 4.000 légionnaires, couverts de grands boucliers, et armés de l'épée et du pilum.

Au milieu de la deuxième ligne, il avait ménagé un intervalle de la largeur du carré, afln que, si celui-ci était forcé de reculer, il pût trouver sa place en arrière, sans déranger l'ordre de bataille.

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