L'ARMEMENT AU X-^ SIÈCLE
L'épée, de 0"',90 de longueur, se porte à la ceinture; la lame, à deux tranchants, est cannelée dans toute sa longueur, la pointe est arrondie. C'est une épée de taille si bien trempée que, d'après la légende, Roland, avant de mourir, ne peut briser Durandal sur les rochers de Roncevaux.
Le bouclier rond, de 0"',oO de diamètre, est fait de bois léger, recouvert de parchemin et de lames de métal; il porte un umbo de fer, très-saillant, parfois muni d'une pointe.
Les chansons de geste nous donnent sur l'armement carlovingien des détails précieux.
Sous Louis le Débonnaire, un chevalier, après maintes prouesses, rend à son vieux père le cheval et les armes qu'il a reçus de lui :
« Il lui amène Marchcgay par la rêne dorée, Le haubert, le blanc baume, la Irandianle cpée, La large que l'on voit moult bien enluminée, El la lance fourbie cl inoull bien façonnée. »
Dans le roman des Loherains :
« Bogues s'apprête, à la hâte il le fit,
Lace une chausse, nul plus belle ne vit;
Sur le talon lui ont éperons mis ;
Vêt un haubert, lace un heaume bruni.
Et Béalrix lui ceint le brand (l'é/^iêe) fourbi :
Ce fut Floberge la belle au pont {garde) d'or fin....
On lui amène un destrier arabi {ardent) ;
De pleine terre est aux arçons sailli ;
L'écu au col, il a un épieu pris,
Dont le fer fut d'un vert acier bruni i. »
1 Demogeot, idem, ])ages 68 el 88
218 LES CARLO VINGIENS.
Sous les premiers Capétiens, apparaissent la cotte do mailles {broigne ou haubert) et le camail, sur lequel on met le casque conique {heaume) à nasal fixe.
D'après Viollet-le-Duc.
Fig. 76.
Le bouclier devient l'écu, allongé en forme d'amande; on le suspend au cou à l'aide d'une lanière (guige).
Les jambes sont couvertes de mailles.
En se bardant de fer, le cavalier ne peut plus sauter en selle et il adopte Vétrier. De même, les arçons sont imposés par l'augmentation toujours croissante du chargement du cheval.
Nous voilà revenus, pour cinq siècles au moins, à Varmure de fer des cataphractes grecs et asiatiques.
Déjà la colonne Trajane nous a montré des chevaux et des cavaliers, couverts d'écaillés de métal, comme
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les monstres de la fable, et nous savons, par les historiens, que ces cataphractes ne pouvaient plus se mouvoir aussitôt qu'ils étaient démontés.
« Lucullus s'étant aperçu, raconte Plutarque, que la cavalerie couverte de fer faisait la plus grande force de Tigrane, roi d'Arménie, lit attaquer cette cavalerie en flanc par ses cavaliers thraces et galates, en leur recommandant d'écarter, avec leurs épées, la lance des Arméniens.
« Dès que ceux-ci n'agissaient plus par le choc, ils ne pouvaient plus nuire, car ils restaient murés da?is leurs armures. »
Nous lisons encore dans Tacite :
« Toute la valeur des cavaliers sarmates était dans leur armement. Si leurs chevaux glissaient ou tombaient, les piques et les longues épées ne servaient plus à rien.
« Le poids des armures de lames de fer ou d'un cuir très-dur, qui rendaient les chefs impénétrables aux coups, les empêchait en revanche de se relever quand ils tombaient ; alors ils étaient étoufles dans la neige qui couvrait le soi.
« Les Romains, couverts d'une cuirasse légère, les renversaient, les fantassins avec le pilum, les cavaliers avec la lance, et tous les perçaient d'autant plus facilement avec leurs épées que ces Sarmates n'avaient pas de boucliers. »
Rien ne convenait moins au caractère et aux allures