LES CARLOVINGIENS
de la race française qu'un armement défensif, gênant et lourd. C'était enlever au cavalier sa souplesse, sa mobilité, son élan.
Jusqu'à la fin du XIII' siècle le vêtement de mailles, souple et relativement léger, laissa à nos chevaliers la liberté de leurs mouvements, et ils purent, pendant les croisades, rivaliser de vitesse et de furia avec les cavaliers maures ou avec les Mameluks.
L'âge de la maille fut marqué par d'éclatants succès.
Mais, lorsque la pesante armure allemande en plates de fer s'imposa à la noblesse française, quand il fallut, pour porter l'homme d'armes, ainsi bardé, de lourds chevaux, succombant eux-mêmes sous le poids de leur harnais, quand le chevalier ne fut plus qu'une machine de guerre sans initiative, réduite à l'immobilité et à l'impuissance par le moindre obstacle ou par un faux pas, la France put être impunément envahie, conquise, presque détruite par les archers anglais, et, depuis Crécy jusqu'à Azincourt, ses armées ne comptèrent plus leurs défaites.