LA PESTE
Il n'y avait plus, pour les croisés, qu'un parti à prendre : profiter de cette nouvelle victoire pour revenir promptement à Damiette s'y ravitailler et réparer les pertes des deux batailles de Mansourah.
INIais la fatigue et la maladie avaient paralysé l'énergie du roi et de ses barons.
Ils voulurent attendre que les blessés fussent en état de reprendre la campagne, et ils demeurèrent inactifs sous leurs tentes. La peste, la disette furent des ennemis plus impitoyables encore que les Sarrasins.
On était en carême ; ces pieux chevaliers ne voulaient d'autre nourriture que les poissons du Xil. «Ces bourbettes mangeaient les gens morts, et pour ce meschief et pour l'enfermeté de ce pays, où il ne tombe jamais une goutte d'eau, nous vint une maladie telle, que la chair de nos jambes se desséchait et se couvrait de tâches noires, les gencives pourrissaient ; le saignement de nez était signe de mort. »