‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 11 sur 45 · LE RUISSEAU GELÉ · texte numérisé non relu

LE RUISSEAU GELÉ

Vois! sur tes bords roidis , comme autrefois ton onde,

Je passe encor gaîment ; L'œil fixé sur le but où mon espoir se fonde , Je passe , et pour cesser ma course vagabonde ,

Il suffit d'un moment !

Ruisseau , que ton aspect assombrit ma pensée !

Mais d'où naît ce rayon Qui se joue , en tremblant, sur ton onde glacée? Voudrais-tu , tout-à-coup , de mon ame oppressée ,

Flatter l'illusion ?

L'air du printemps s'approche ; il reverdit la plaine;

Tout semble respirer.

Les Zéphyrs ont brisé l'écorce qui t'enchaîne ; Le cristal de tes flots se fond à leur haleine ,

Et tu vas murmurer.

Ah ! quand sur moi la mort étendra son nuage ,

Une même clarté Viendra me ranimer au terrible passage : Oui ! paisible Ruisseau , ton réveil est l'image

De l'Immortalité !

Au TEMPS.

0 toi , dont la course rapide , Sur ce globe agite m'entraîne incessamment , De mon char vagabond infatigable guide , Arrête ! laisse-moi respirer un moment.

0 temps , qui jamais ne reposes , Ralentis ton essor; imprudent! où vas- tu? Tantôt sur des ecueils et tantôt sur des roses , Regarde quel chemin nous avons parcouru !

Regarde ! déjà , sur ma tête , J'ai senti s'amasser le poids de nombreux jours ; Déjà plus d'une fois j'ai bravé la tempête : J'ai besoin de repos , et tu marches toujours ?

Ainsi qu'une flèche lancée , Que d'objets ont passé sous mes yeux eT^louis !

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