‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 14 sur 45 · LA FILLE · texte numérisé non relu

LA FILLE

Ce sentiment si doux où le bonheur se fonde ,

Qui du sort inflexible affronte les rigueurs ,

Qui nous verse l'oubli de nous-même et du monde ,

Fait-il répandre tant de pleurs?

Toi, qui gémis dans les alarmes,

Non , non , n'arrête point tes larmes ;

Laisse-les flétrir tes couleurs.

Ah ! ta beauté n'a plus sa magique influence :

Il n'en est point sans l'innocence.

Pleure donc! que tes pleurs soulagent tes tourmens! Pleure , lorsque tu vois les filles de ton âge , A la prompte rougeur qui couvre ton visage ,

Détourner leurs pas innocens , Ou d'un œil de pitié poursuivre ton passage. Pleure , pleure de lionte , à l'aspect des amans Qui juraient à tes pieds de t'adorer sans cesse ,

Et qui , de propos insultans , Accablent aujourd'hui ta coupable jeunesse ! Pleure , quand tu les vois , pour prix de tes erreurs , Aiguisant contre toi de douloureuses armes ,

T'accueillir de leurs ris moqueurs.

Malheureuse ! non . non , n'arrête point tes larmes.

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