‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 43 sur 45 · COMME ON GAGNE LE CIEL · texte numérisé non relu

COMME ON GAGNE LE CIEL

CONTE

Trois humains terminaient ici-bas leur carrière :

Pour avoir place en paradis ,

Tous trois s'en vont trouver S* Pierre. <i Venez, leur dit le saint; approchez, mes chers fils. Vous, François, répondez : qu'étiez-voussur la terre? « Qu'avez-vous fait pour me'riter le ciel ? j»

— tt Je suis resté célibataire.

Plein d'un zèle fervent, tous les jours en prière, J'espérais des élus le bonheur éternel. » — «i J'entends. Le mariage à vos yeux était triste ; Vous avez craint les soins qu'il entraîne après lui. Mais en restant garçon l'on vit en égoïste ;

Vous n'entrerez pas aujourd'hui.

Vivre poiu* soi n'est pas une œuvre méritoire :

Mon cher , vous subirez dix ans de purgatoire. Vous, Jean, avez-vous mieux employé votre temps? Parlez ; contez-nous votre histoire, n — « Grand saint, je fus pendant vingt ans , Dans les liens du mariage.

Mes bras ont travaillé pour nourrir dix enfans : La paix et le bonheur régnaient dans mon ménage.» — « Marié ! dix enfans ! mon fils , que de vertus ! Allez , assez long-temps vous fîtes pénitence 5 Entrez et rangez-vous au nombre des élus : De qui sert bien son Dieu telle est la récompense. » Le troisième avançait et croyait , pour le moins , Avoir en paradis la place la plus belle. <t Du mariage aussi , moi , j'ai connu les soins ; Et même quand la mort cruelle De ma femme ferma les yeux , J'en pris une autre. >-« Une autre ! malheureux ! Je sais qu'il faut souffrir pour le repos de l'ame ; Mais croyez-moi, mon fils, c'est assez d'une femme. Allez, allez, les fous n'entrent point dans les cieux. »

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