‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 7 sur 45 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Qui répand sur ma vue un nuage confus. Toi , respire , ô mon cœur ; apaise tes alarmes , Et taris un moment la source de tes larmes. 0 Muse ! rends le calme à mes sens éperdus. Mais quel être assez froid , quelle ame assez farouche, D'rni pas indifférent foulerait ces débris ? Non , non : que la douleur s'exprime par ma bouche Et redise mes chants aux échos attendris !

Frémis sans art , corde touchante î

L'art se tait où parle le cœur.

Au souvenir d'un grand malheur, Unis tes sons plaintifs à ma voix gémissante.

O des tristes humains aveuglement fatal !

0 perfide présent d'un génie infernal !

Dieu ! quel choc , tout-à-coup , a déchiré Ja terre ^

Et couvre au loin le sol de décombres épars? Dans sa redoutable colère , Le Tout-Puissant , à nos regards , Fait-il éclater son tonnerre?

Non ! mais le salpêtre en fureur , Fruit d'une funeste industrie Dont l'homme , hélas ! se glorifie ,

Seul a produit ici ce spectacle d'horreur !w....

SUR LES DÉSASTRES DE LEYDE. 47 On dit quand de ces murs les fondemens tremblèrent, Quand le soufre et la flamme , en colonnes de feux , Dans les cieux brûlans s'e'levèrent Avec les cris des malheureux , Quand de noirs et profonds abîmes Dévoraient sans retour des milliers de victimes , On dit qu'on aperçut , dans les airs ébranles , Le cruel inventeur de ces grains homicides , Un atroce souris sur ses lèvres livides , Contempler ces remparts a grand bruit écroulés , Et tomber , à son tour , dans le gouffre effroyable Que creusa par sa main son art abominable !

0 mère ! de tes doigts déchirés et meurtris , Cesse d'ouvrir le sein de la terre brûlante ;

Sous cette ruine croulante ,

Penses-tu retrouver ton fils?

Eh! sais-tu seulement si là fut ta demeure? Cesse , cesse d'errer en proie au désespoir ,

Et de chercher l'objet que ta tendresse pleure

De l'amour maternel quel est donc le pouvoir î Rien ne peut l'arrêter, rien n'abat son courage: La voilà , de ses mains , dispersant ces débris.

Malheureuse ! elle a vu son fils ;

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