‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 8 sur 45 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Son fils! quelle eiTroyable image !

Tout sanglant , le crâne brisé , Et palpitant encor sous la pierre écrasé!

Enfant , pourquoi ces cris et cette plainte amère? Ah ! le ciel reste sourd à tes vives douleurs. Pleure, triste orphelin, oui, c'est le temps des })lcurs! Qui pourrait aujourd'hui consoler ta misère ? Tous les cœurs sont navrés ; tout est anéanti !

Enfant, qui cherches-tu? ton père?

Dans cet abîme il a péri.

Ta mère? elle n'est plus ! En vain ta voix l'appelle. Ils dorment tous les deux dans la nuit éternelle !

Ou vas-tu , débile vieillard ?

Que veux-tu dans ces lieux d'alarmes ?

Tes yeux éteints , prives de larmes , Laissent errer au loin un douloureux regard.

Te voilà seul dans la nature !

Quelle main fermera ta profonde blessure? L'unique et cher appui (jui soutenait tes pas , Est brisé pour jamais ! le chêne où ta vieillesse: Naguères attachait ta mourante faiblesse , A tes sanglots amers ne se relève pas !

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