ÉLÉGIE
Son fils! quelle eiTroyable image !
Tout sanglant , le crâne brisé , Et palpitant encor sous la pierre écrasé!
Enfant , pourquoi ces cris et cette plainte amère? Ah ! le ciel reste sourd à tes vives douleurs. Pleure, triste orphelin, oui, c'est le temps des })lcurs! Qui pourrait aujourd'hui consoler ta misère ? Tous les cœurs sont navrés ; tout est anéanti !
Enfant, qui cherches-tu? ton père?
Dans cet abîme il a péri.
Ta mère? elle n'est plus ! En vain ta voix l'appelle. Ils dorment tous les deux dans la nuit éternelle !
Ou vas-tu , débile vieillard ?
Que veux-tu dans ces lieux d'alarmes ?
Tes yeux éteints , prives de larmes , Laissent errer au loin un douloureux regard.
Te voilà seul dans la nature !
Quelle main fermera ta profonde blessure? L'unique et cher appui (jui soutenait tes pas , Est brisé pour jamais ! le chêne où ta vieillesse: Naguères attachait ta mourante faiblesse , A tes sanglots amers ne se relève pas !