‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 9 sur 45 · SUR LES DESASTRES DE LEYDE · texte numérisé non relu

SUR LES DESASTRES DE LEYDE

Et toi , que la douleur égare , Malheureux ! entends-tu ces longs gémissemens ? Cours, vole, hâte-toi!... Stupidement barbare ,

Laisseras-tu périr ta femme , tes enfans?

Mais quelle est cette voix que le chagrin altère ? » a\u secours! au secours! tout mon or est a vous. Qu'on me rende mon fds , qu'on me rende sa mère ! Un père au désespoir vous implore à genoux. »

On s'empresse , on creuse la terre , Sous ces fatals débris on les trouve étendus ; L'enfant était couché sur le cœur de la mère ; Mais le cœur de la mère , hélas ! ne battait plus !

Sur tes épaules défoillantes , Infortuné! quel est ce précieux fardeau Que tu viens d'arracher à cet affreux tombeau ? Sur toi je vois du deuil les marques déchirantes : Vers quel lieu conduis-tu ce cadavre sanglant ? — » Et la fange et le sang le cachent à ma vue ; Je vais le reconnaître !.... » Et l'ame tout émue, Sur le sol , à ces mots , il le pose en tremblant , Eflacc de ses traits le sang et la poussière , Inquiet, le regarde , et reconnaît son père !

5o ELEGIE ETC.

Quels fidèles crayons , quels lugubres pinceaux. Oseraient retracer tant d'horribles tableaux ? Qu'un autre accoutume sa Lyre A chanter ces sombres horreurs ; . Sur la mienne ma voix expire; Mes cordes se mouillent de pleurs , Et mes chants ne sont plus qu'un long cri de délire AiTaché par l'effroi , pousse' par les douleurs.

Luth impuissant, silence ! k mon ame ulcérée,

Tes sons ne rendront pas la paix et le bonheur. Silence ! éloigne-toi. Que de gloire enivrée , Une autre Muse aspire au chimérique honneur De cueillir des lauriers en chantant le malheur ; Écoutez ses accens , ses accords pleins de charmes ;

Tant de maux ont brisé mon cœur ;

Ilélas ! moi , je n'ai que des larmes !

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