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CHAPITRE VI

8ÉCÏÏBITÉ

Les bateaux sous-marins en raison même de leur nature spéciale sont en butte à certains dangers contre lesquels il est nécessaire de les garantir en les munissant d appareils de sécurité qui pourraient au besoin assurer d'une façon sûre et prompte le sauvetage de l'équipage. C'est, d'ailleurs, l'assurance de cette garantie de vie qui seule peut donner à l'équipage la force morale nécessaire pour exécuter et mener à bonne fin toutes les manœuvres et travaux sous-marins auxquels est astreint un appareil de ce genre.

Les accidents qui peuvent compromettre la sécurité des bateaux sous-marins sont nombreux.

Le premier de ces dangers et le plus grave est l'embardée en profondeur capable d'entraîner le bateau par de trop grands fonds. Dans ce cas, la pression augmente, la coque se déforme, le bateau diminue de volume, la descente s'accentue rapidement, et alors c'est l'écrasement du bateau et la perte certaine de l'équipage.

Il y a donc lieu de construire la coque très solidement, et l'épaisseur du bordé doit être calculée pour résister à une pression beaucoup plus grande que celle qui résulterait de l'immersion prévue et normale. De plus la coque devra être divisée en plusieurs compartiments formés par des cloisons étanches dans lesquelles seront pratiquées des portes de comniunication à fermeture rapide.

Cette disposition aurait, en outre, le grand avantage d'aug-

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mentor la résistance de la coque h la pression, laquelle serait alors dans le cas d'un cylindre creux dont l'intérieur serait solidement entretoisé sur toute sa longueur.

Il peut arriver encore que, pour une cause quelconque, — avarie aux machines, introduction imprévue et violente d'eau à l'intérieur, fausse manaïuvrg des appareils d'immersion, — pu bien encore par suite d'une inclinaison trop grande du bateau, ce dernier ne se mette au plein par des hauts fonds.

Pour parer à ces dangers, il y a lieu de prévoir des appareils d'immersion en double ot la faculté de pouvoir chasser Teau qui se trouve en excès dans les réservoirs d'immersion au moyen de l'air comprimé. En effet il peut arriver que, la pression étant devenue trop forte, les pompes ne puissent plus s'amorcer.

Laplupart dessous-marins sont

encore pourvus d'un poids de

sécurité en fonte ou en plomb,

d'un poids plus grand, que l'eau

emmagasinée dans les réservoirs

FiB. 80. et en proportion avec la grandeur

du navire.

Ce poids (fig. 80) est fixé sous la quille du navire par un

système de boulons qui permet, en cas d'accident, et par une

manœuvre exécutée de l'intérieur, de l'abandonner; le bateau,

ainsi allégé, remonte immédiatement à la surface.

Dans le cas d'une voie d'eau, tous les moyens qui concourent à alléger le bateau doivent ôtre employés simultanément : refoulement de l'eau des caisses d'immersion, abandon du poids de sécurité et mise en marche de la pompe de cale, laquelle doit être du plus grand débit possible.

11 y aura intérêt toutefois à n'agir qu'avec circonspection, c'est-ù-dirc de n'employer les moyens dont on dispose qu'au fur et à mesure des besoins du service.

11 est évident que, si un léger suintement vient fi se produire par suite d'un pressc-éloupe mal garni, ou de tout autre organe, il serait inutile de larguer le poids de sécurité en

SËCUIIITÉ

entier. Pour être dans de bonnes conditions', nous conseillons de transformer la quîUe elle-même du bateau en poids de sécurité.

Cette quille serait divisée en un certain nombre de parties indépendantes, de façon à pouvoir les détacher les unes après les autres jusqu'à la réparation complète de l'accident.

Ce dispositif ne peut mieux être comparé qu'aux sacs de sable dont se servent les aéronautes lorsqu'ils veulent atterrir convenablement.

Nous avons vu que, dans certains sous-marins, l'immersion

peut être obtenue par des hélices verticales, ainsi que les sous-marins Waddington, Howgaard, Nordenfelt, etc.; ces hélices, mises en mouvement dans le sens inverse, contribuent beaucoup à ramener le bateau à la surface.

L'amiral Bourgeois et M. Brun dans le Plongeur, Howgaard dans son projet, avaient prévu un canot de sauvetage placé à la partie supérieure de la coque et maintenu par des boulons que l'équipage pouvait desserrer rapidement après s'ttre introduit dans le canot qui contenait des avirons et des provisions pour un temps assez long.

ii6 LES RATEADX 80U8-MAR1KS

Il peut arriver eneore que les mécanismes de propulsion

ne fûnctionnent plus ; on peut remédier

à cet accident à l'aide de rames, qui,

manœuvrécs de l'intérieur, peuvent,

avec peu d'efforts, actionner le navire

et le conduire lentement, il est vrai,

mais sûrement au port le plus proche,

où il pourra alors réparer ses avaries.

3 M. Goubet, dans son sous-marin, a

a imaginé un dispositif permettant d'ob-

I tenir la propulsion du bateau à bras

•j d'homme par des rames manœuvrées de

1, l'intérieur.

S Ces rames sont composées de deux :* parties distinctes {fig. 81 et 82) savoir : .g la poignée levier A qui aboutit ft l'intég rieur, et qui est reliée avec la tige B de a la rame au moyen d'un axe E passant ^ à travers une chape en bronze D fixée A aux flancs du bateau.

^ La tige D de la fourche présente une g: rainure dans laquelle viennent se loger - des clavettes fixées sur l'axe C.

B La palette proprement dite se compose I de volets mobiles qui s'appuient l'un ^ sur l'autre au moment du travail sur . l'eau et qui s'écartent lorsque la rame " vient recommencer son travail de loco- =^ motion.

La boîte D, qui est ouverte du cûté de l'intérieur, présente deux écrous avec rondelle de caoutchouc formant joint.

Ces rames peuvent imprimer au bateau une vitesse maxi ma de 3 nœuds à l'heure.

I^ Goubfit II" 2 contient également un dispositif permettant de faire manœuvrer son hélice mobile

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