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CHAUFFAGE DES CHAUDIÈRES AU PÉTROLE PAR LES PROCÉDÉS A. SEIGLE

Nous avons vu, en décrivant la chaudière de M. d'Allest, tout Tintérôt que comporte ce mode de chauffage et que Tidéc de son application à la navigation sous-marine remonte déjà à un certain nombre d'anaées, M. Adolphe Seigle a réalisé, dune manière pratique et économique le chauffage des chaudières h vapeur au moyen des hydrocarbures lourds.

C'est une chaudière construite par la Société Seigle, qui est installée à bord du Narra/, Elle alimente de vapeur la machine qui actionne l'hélice pendant la navigation à là surface. 11 faut donc que, pendant Timmersion, les feux puissent s'éteindre facilement et rapidement, et se rallumer de même au moment de l'émersion. Nous allons décrire les différents procédés employés.

Nous dirons tout d'abord que M. Seigle s'est posé le problème suivant:

Diviser les foyers, pour chauffer au moyen de plusieurs jets enflammés, entre lesquels l'air peut circuler en assez grande quantité pour assurer la combustion complète, intégrale du carbone et de l'hydrogène contenus dans le combustible ;

Envoyer ensuite la chaleur ainsi produite sur une grande surface métallique recouverte d'eau et léchée d'une façon permanente par les flammes, afin d'éviter qu'elles n'atteignent

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une trop haute température intOrieuro, et que la dissociation si; produise prt^maturémcnt. M. Seigle a constitué son foyer par une série do tubes de diamètres diiïérenls , formant une gaine télescopique entourt'-e du liquide kchauiïer. Cette gaine va on s'agrantlissant. Sa longueur est k peu prés égale k la longueur de la Hamme, et ios gaz chauds provenant de la combustion sontutilisésdansleschaudièros à grande réserve d'eau en passant par un faisceau tubulaire de retour de tlammes {/ig. 142); dans les chaudières tubuleuscs, les gaz chauds sont utilisés on léchant .

extérieurement les tubes d'eau, on conduit ces gaz au moyen de chicanes {/igi. 21 i].

La ligure 142 est une chaudière horizontale à retour de flammes de la Société de construction de Pantin, dans laquelle on a retiré le foyer, qui a été remplacé paruao gaine télescopique, F, formant le nouveau

foyer ; dans cette gaine légèrement conique, dont le petit diamètre est placé du côté des brûleurs, l'inventeur a disposé, à des intervalles réguliers, trois chambres circulaires. A, A', A", alimentées d'air, par des orifices placés sur IW du foyer. Le jet de ilamme est lancé dans la gaine F; il appelle ainsi automatiquement, par les trois chambres circulaires, Tair nécessaire à la combustion; la longueur de la flamme est è. peu près égale à la longueur de la gaine F; le retour des gaz chauds se tait à travers un faisceau tubulaire TT ; D est le

tt

xr

Flu. 146 et 147.

dôme de vapeur ; E est la boîte à fumée et la cheminée. Cette figure indique le principe de la chaudière Seigle; mais la disposition de cet appareil évaporatoire ne pouvait convenir a la navigation sous-marine en raison de son poids et de ses dimensions; aussi est-ce une chaudière toute différente, qui a été étudiée en vue de cette application toute particulière. La figure 144 montre l'adaptation d'un bouilleur télescopique à une chaudière de torpilleur.

Ce bouilleur intensif, dit « à foyer intérieur télescopique et amovible », est logé dans le corps cylindrique B, qui constitue le réservoir d'eau et qui porte le dôme de vapeur I. Comme dans la chaudière décrite ci-dessus, la gaine est formi^e de trois cylindres A^ A'', A"^ de diamètres croissants. Le jet de gaz enflammé, projeté par le pulvérisateur H, produit un appel naturel d'air, par les boites F et les tuyaux D, amenant Tair de Textérieur ; on règle les ouvertures D, ainsi que le pulvérisateur H, de façon que la combustion soit achevée à la sortie de la gaine; les chicanes N, conduisent les gaz chauds qui traversent, en zigzag, le faisceau tubulaire.

i& LES BATEAtX SOLS-HàRlNS

L'aHmentation de la chaudière se fait par F dans !e collec- Vue de face. Coupe en élévation

Fin. US & ISO. - Brûleur r à narome plate.

teur 0, qui est relié au corps principal B, par la conduite K. Ce bouilleur, muni de son foyi'r intérieur, peut constituer un gêné-

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ralear complet (fig. 146) ; dans ce cas, il suffit de lui adaptor un tuyau d'alimentation et une prise de vapeur.

Divers brilleurs ont été essayés à ce mode de chaufTage, les brûleurs russes à flamme plate(^j. 148). |

La Sociéti? Seigle emploie de préférence le brûleur (^j. 151), qui produit une flamme tournante de section circulaire. La vapeur arrive par la tubulure de gauchi! ; elle est dislribu<<e au bout du brûleur par un orifice annuUire; l'huile est conduite au centre du brûleur; son débit est réglé par un cOne qui ouvre plus ou moins l'orifice centra! ; l'huile passe iï travers deux aitcs d'hélice avant d'arriver à l'orifice ; elle se trouve ainsi projetée h l'extérieur par un mouvement tournant autour de l'axe du brûleur.

Afin d'éviter des projections d'huile f,o. ist. — Brûleur Seigle,

dans le foyer, au cas

OH le brûleur viendrait fortuitement à s'éteindre, l'on a prévu un appareil pour le rallumage automatique. Cet appareil est placé entre le foyer et le pulvérisateur; il est formé {fig. 152)

: SnllS-MARINS

d'une sorlo do luyère qui est cliauiri'-c par le passage «lu jet d'huilft enflamnK^o, et qui Rntreticnt lu partie intérieure de cette pièce à une ti^mpi^rature supérieure à celle qui correspond au point d' in fi am motion de cette huile. En cas d'extinction,

F[r.. 152 el 15S.

cette partie de la tuyère conserve et mainliontpendantquelques instants une température sufHsante au rallumage du combustible.

La Société des procédés Seigle a cnmplélé ses appareils de chaulTage des chaudières anpélrole, en élablissantdes appareils

de mise en train ; elle emploie, pour l'allumage des foyers, de dispositifs ingénieux que nous décrirons sommairement. Pour pulvériser le liquide combustible, pétrole ou huile

lourde, on emploie Tair comprimé ou la vapeur. Les appareils diffèrent selon que Ton emploie des hydrocarbures lourds ou légers.

La figure 154 donne la disposition employée avec les produits lourds pour rallumagc et pour le chauffage. Cette cornue verticale est formée de quatre tronçons cylindriques h double enveloppe, boulonnés bout à bout, dont les diamètres vont en croissant. Le cylindre intérieur G constitue le foyer, et l'espace annulaire G, la cornue qui reçoit sous pression, par Torifice H, l'hydrocarbure lourd dont la gazéification sert à la fois à l'allumage et au chauffage.

Le tronçon inférieur porte une boîte I contenant une matière tamisante qui arrête les impuretés des vapeurs d'hydrocarbures. A la partie inférieure et à la sortie se trouvent deux branchements D et E; le premier aboutit à un brûleur F, émergeant d'une coupe A placée à la partie inférieure de la cornue et formant lanternes pourvues d'orifices et d'un ajutage pour l'admission et la distribution de l'air.

Le branchement E conduit, par le robinet 0, les vapeurs de pétrole au pulvérisateur I, qui reçoit en même temps, par le conduit L, de la vapeur d'eau ou de l'air sous pression ; la flamme du jet passe à travers de l'allumeur permanent, P.

Pour la mise en train, on verse un hydrocarbure léger en quantité suffisante dans la coupe A; en brûlant, il porte le foyer B et l'hydrocarbure que contient la cornue à la température de vaporisation. Les vapeurs ainsi produites se partagent entre le brûleur F et le pulvérisateur I, de façon à servir à la fois au chauffage du foyer B et au chauffage de la chaudière.

Pour l'emploi d'hydrocarbures légers, les dispositions sont simplifiées ; on substitue un simple ajutage J au pulvérisateur ; la boîte filtrante est supprimée, et la cornue est remplacée par un serpentin métallique formant le foyer. La mise en train s'effectue comme avec l'appareil précédent.

Pour les cas oîi on ne dispose ni d'air comprimé ni de vapeur sous pression, la Société Seigle a construit un appareil de chauf-

LKS BATKAVX Rnl:S-MARr^S

fage représenté figure 156; il consiste en un réservoir A, porlaDtîi la partie supérieure un liouchon de remplissage, un manomètre et une pompe B, qui sert h comprimer l'air dans le rt^servoir A, qui contient de l'eau jusqu'à une certaine hauteur; deux conduits F et 0, amènent respectivement au serpentin E de l'eau ou dei'air; l'appareilse complète par un pulvérisateur L et un réservoir d'hydrocarbures I.

Lorsque la vapeur fait défaut, on ouvre les robinets des conduits N et 0; le mélange d'hydrocarbure et d'air sort, en

poussière fine, de l'ajutage du pulvérisateur. Ce Jet enflammé chauffe le serpentin E; et lorsque celui-ci est porté à la température voulue, on ouvre le robinet S; l'eau arrive au serpentin, dans lequel elle se vaporise^

La vapeur ainsi produite se rend au réservoir H et de \k au pulvérisateur, ofi elle remplace l'air de la conduite 0, dont on a fermé le robinet,

Le jet enllammé qui passe à l'intérieur du serpentin maintient une température conslante etsufiisante pour vaporiser la quantité d'eau nécessaire à la pulvérisation.

La figure 1 i5 représente une chaudière de torpilleur avec un seul collecteur à la partie inférieure. Pour /e Narval, la Société Seigle a adopté une disposition différente (/!§. 157); le faisceau

en

cr •a

tabulaire est ouvert et forme lui-môme le foyer dans lequel sont projetées les flammes de cinq brûleurs.

On éprouve, paraît-il, une grande difficulté à obtenir un bon réglage de la pulvérisation et à éviter le dégagement de fumée très noire qui décèle la présence du torpilleur!

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