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CHAPITRE XI

Bien longtemps avant Tapparition de la torpille automobile Whitehead, l'armement des bateaux sous-marins consistait en caisses de fer, chargées de poudre et arrimées de chaque côté du bord.

Ces caisses, hermétiquement fermées, étaient accouplées par une chaîne assez longue pour que, placées dans un navire à Tancre, dans un port, elles pussent remonter de leur propre poids et s'appliquer aux flancs du navire pour y éclater au moment voulu, par le jeu d'une pile électrique placée dans l'intérieur du bateau sous- marin.

Si le navire à attaquer était, au. contraire, en marche, la manœuvre du sous-marin consistait à se tenir sous l'eau et à lâcher, sur la route que devait suivre l'ennemi, quelques couples de caisses destinées à éclater par le contact de sa quille.

D^autres bateaux sous-marins employèrent les torpilles fixées au bout d'esparres et manœuvrées seulement à quelque distance du navire à attaquer. Ce système ofl'rait également un moyen sûr d'atteindre l'adversaire visé ; mais il avait, on en conviendra, le grave inconvénient de faire courir de grands dangers à l'équipage assaillant.

L'emploi de la torpille automobile a bord des torpilleurs a toujours été très discuté sur ses chances de réussite. En effet, on estime que, par mer calme et en l'absence de tout courant, une torpille Whitehead, lancée de 200 à 400 mètres de son point de départ, arrive certainement à loucher son but, mais

dans les eaux coupées de courant, par le clapotis et la houle, et sur un but mobile, les chances diminuent dans une grande proportion, ou, pour mieux dire, il ne faut pas compter sur le coup porte*. Si nous admettons une distance pratique entre 2W à 400 mètres, on est en droit de constater que le torpilleur se met dans le cas de pouvoir ôtre coulé à son tour par la puissante artillerie d'un cuirassé dont le champ de tir peut prendre un rayon de 2 kilomètres.

Les torpilles automobiles, lancées de Tintérieur des sousmarrns, nous semblent avoir beaucoup plus de chances de réussite, car il faut s'approcher plus près de Tennemi, à une distance beaucoup moindre, et lui lancer à coup sûr sa torpille, dont Teffet destructeur est certain. Néanmoins le lancement sous-marin présente certaines difficultés que Ton peut corriger avantageusement.

Dans le cas des lancements par le travers d'un bateau en marche, la torpille, à. sa sortie du tube, est animée de deux mouvements: le mouvement dû à l'impulsion de la charge de poudre et le mouvement de translation du bateau ; l'avant est donc dévié par la résistance de l'eau ; Tarrière continuant, par suite de la vitesse acquise, la torpille s'écarterait donc de la direction primitive dans laquelle elle a été lancée. De plus, de ce mode de lancement par le travers, il résulte un changement d'assiette transversale au moment où la torpille quitte son chantier.

Les tubes de lancement placés à l'avant et suivant l'axe longitudinal du torpilleur sous-marin sont le dispositif le plus avantageux pour obtenir un tir précis.

Quelques bateaux sous-marins, notamment le Nordenfelt^ dernier modèle, et le Hollande ont leurs tubes de lancement légèrement inclinés par rapport h l'axe longitudinal du bateau, de façon à obtenir une trajectoire oblique, ce qui permet à la torpille d'atteindre plus facilement la profondeur d'immersion pour laquelle elle a été réglée.

En ce qui concerne le lancement par l'avant, il n'y a pas lieu de se préoccuper de la profondeur d'immersion à laquelle

le bateau est immcrg(^ pour compenser la perte de poids rfeiiltant du brusque départ de la torpille ; si l'on a eu soin de manager un dispositif permettant l'introduction de l'eau ambiante an lieu et pluee de la torpille, le poids du volume d'eau admis dans le tube étant sensiblement i^gnl h celui de la torpille. La mt>me observation s'applique également en ce

Fiii, 2*0 et au. -

qui concerne la rupture de l'horizontalité du bateau provenant de la même <:auso.

Dans le cas d'un second lancement, il est de toute nécessité d'obluror le tube vers l'extérieur, afin de vider et conserver l'eau qui s'est introduite dans le tube pour ne pas détruire l'assielte longitudinale du bateau. De plus il faudra prévoir un réservoir compensateur destiné il recevoir l'eau admise dans le tube de lancement.

Ce réservoir compensateur devra être placé sous le magasin des torpilles, et ses dimensions seront calculées proportionnellement en vue de l'armement complet du bateau.

L'obturateur extérieur du tube peut être à deux volets, ou bien un tampon à cmboitement et à pivot. Cet obturateur doit se manœuvrer facilement de Tintr^rieur ; il doit être muni, en outre, de crans de sûreté, pour assurer Touverturedu tube au moment du lancement de la torpille. Le tube lance-torpilles fonctionne donc comme une écluse; les deux obturateurs servent de portes que Ton ouvre simultanément après chaque lancement, pour permettre à Téclusée d'eau de venir, dans le réservoir compensateur, remplacer le poids de la torpille.

Indépendamment des appareils de stabilité d'immersion, les bateaux sous-marins doivent également posséder certains dispositifs permettant de compenser les pertes de charges intérieures, dues en partie i\ la consommation du combustible nécessaire à la propulsion du bateau ou aux lancements des torpilles automobiles.

L appareil imaginé par M. IloUand a pour but d'admettre automatiquement de Teau dans les espaces rendus vides, par suite de ces diverses pertes de charges {fig. 240).

Au centre du bateau est disposé un cylindre P.

Ce cylindre est pourvu d'un couvercle i' donnant accès à Teau ambiante et d'un second semblable i, s'ouvrantvers l'intérieur.

Autour de ce cylindre sont disposés deux réservoirs concentriques let r. Le premier, 1, contient de l'eau, et le second, !', de l'huile ou tout autre combustible liquide.

L représente l'ensemble d'une pompe k vapeur actionnée par un moteur V.

Les deux pompes /' et / servent : Tune /' k aspirer l'huile du réservoir F pour la refouler ensuite dans le foyer de la chaudière, tandis que la pompe / aspire l'eau de l'extérieur et la refoule ensuite dans le récipient 1.

Comme les pistons des deux corps de pompe / et /' sont actionnés simultanément, et que. les dimensions sont prises convenablement pour déplacer des poidè égaux des. deux liquides, il s'ensuit que l'huile consommée sera compensée par l'eau admise dans le bateau, et cela d'une façon régulière et automatique.

Cas ol" la substanck consommée beprésente un corps soude,

une torpille, par exemple

A cet effet, Tintérieur de la coque possède un ou plusieurs tubes R destinés à loger chucun une torpille ou projectile H. A la partie A^ ces tubes sont hermétiquement fermés; il en est de môme de la partie -îV, qui se ferme à Taide d'un couvercle J [fi(j. 242).

Dans l'intérieur de ces tubes sont logés uii piston N, qui les sépare en deux parties : VM servant de chambre à eau, et T.^

Fio. 242 et 243.

au logement de la torpille. Une conduite A relie la chambre à eau avec lexlérieur du bateau, en passant à travers la coque. Cette conduite est, en outre, pourvue d'un robinet/?.

La chambre au projectile est reliée au réservoir usuel d'air comprimé U, par l'intermédiaire d'une conduite A' ; un robinet p établit ou ferme la communication.

Pour retirer la torpille -de sa cellule, on soulève le couvercle J, et on ouvre ensuite le robinet p du tuyau d'entrée d'eau. L eau sous pression, qui est en rapport avec le degré de submersion du bateau, pousse le piston N vers l'intérieur et chasse la torpille.

Le mouvement du piston est limité dans sa course par plusieurs arrêts /, disposés de facjon qu'ils arrêtent le piston en

Us L£S BATEAtX SOUS-MAtiliSS

laissant passer la torpille. L'eau introduite est égale à celui de la torpille.

Pour pouvoir cliasser Teau de la torpille et ramener le piston à sa position initiale, on ouvre le robinet à air : le piston expulsera Teau.

La conduite A peut ôtre disposée également, ainsi que {^indique la figure 2i2, suivant les dimensions du bateau.

La figure 243 montre un dispositif permettant de charger automatiquement le foyer de la chaudière, à Taide d'un combustible solide.

Dans ce cas, le combustible est emmagasiné dans des réservoirs K, K, K, placés le long des parties latérales du bateau ; ils ne sont remplis de combustible que de deux en deux, de fac^on qu'il existe un réservoir vide entre deux réservoirs pleins.

Le combustible est conduit au foyer au moyen d'iine hélice transporteuse /• actionnée par un moteur e. Cette hélice est placée dans toute la longueur et à la partie inférieure des réservoirs K.

Pendant que fonctionne Thélice transporteuse, une pompe « reliée au moteur e fait rentrer Teau dans les réservoirs vides au moyen d'une conduite s.

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