TORPILLE ERICSSON
En 1880, le capitaine Ericsson déposa une demande de brevet d'invention pour un système de canon destiné à lancer, sous Teau, une torpille d'un système particulier.
Ce canon était placé au-dessous de la flottaison d un navire, qui constituait, à proprement parler, raffut, et que l'inventeur avait nommé Destroyer ou le Destructeur,
La figure 259 représente une coupe longitudinale d'un torpilleur muni du canon Ericsson.
Le canon A est à âme lisse et est forméde plusieurs tronçons assemblés par des brides a, dont le dernier débouche dans l'étrave B.
La figure 260 est une coupe de l'arrière du canon : dans Tâme
I Extrait de la Revue technique à l'Exposition de Chicago.
LKS BATKAL'X SOUS-MARLNS
se trouve le piston C muni d'une garniture obturatrice /", en D est la gargousse maintenue sur une lige de bois y dont l'une des extrf^mités repose dans une douille h de la gargousse D.
FiG. 259.
Celle-ci est en étain et de forme cylindrique. Kn avant du piston C se trouve le projectile B, qui occupe presque toute la longueur de lYime [fir/. 259).
Le mc^canisme de fermeture de ravant(/îy. 260) comprend le
Fui. 2(10.
volet F qui clôt hermi^tiquement le sabord. Il est actionné par le levier coudé G tournant autour de l'axe / et commandé en H par la tringle /, qui passe dans l'ouverture x ménagée dans l'étrave et qui s'engage dans un tube ?>Kerminé par un prosseétoupes n. Le mouvement est donné à cette tringle, et par suite à la porte, à l'aide du piston logé dans le cylindre H, qui est soumis à l'action de la vapeur ou de l'eau sous pression. \i\\ plus de cette porte F se trouve un disque I muni d'un
anneau obturateur o et percé d'un trou q fermé par une matière plastique /.
Ce disque est maintenu contre la poussée de IVau par des ressorts ou crochets en acier r. Il est enlevé et brisé par le projectile au moment du lancement, et, jusqu'à ce moment, il s'oppose à la rentrée de Teau à l'intérieur du canon.
Le projectile-torpille {fiy. 262) est formé de pièces de bois assemblées /7 et est terminé à Tavant par un cône B portant la charge.
Le cônepostérieurCestmunide quatre ailettes ou nageoires F, La partie cylindrique A est en bois et complètement pleine,
Fio. 2G1.
tandis que le cône (' est percé, dans l'axe d'un trou cylindrique, qui reçoit une tige de fer gg. C(^tte ti{;e, fixée dansune garniture A, sert h maintenir la torpille rigide; de plus, un manchon en fer/* réunit solidement le cône (] et le cylindre A à l'aide de vis /, y, k,
La densité générale du projectile chargé est un peu plus faible que celle de l'eau.
Une sorte de fusée S, vissée en n à l'extrémité du projectile, pénètre dans la chambre B, qui renferme la charge explosible. Le percuteur P, qui fait saillie sur la fusée, est repoussé pîir un fort ressort Q, qui agit sur un épaulement P; le bouchon R renferme deux ou plusieurs amorces fulminantes m, logées dans des canaux qui débouchent dans la chambre d'explosion. Une vis r règle la position du percuteur et s'oppose à tout déplacement de celui-ci, qui porte des saillies ou pointes 0, lesquelles se trouvent en regard d'un nombre correspondant d'amorces (yîg'. 261).
Le ressort Q sert à empocher qu'un choc de faible intensité
ne mette le feu à la torpille. Celte sécurité doit, à notre avis, être considérée comme tout à fait insuffisante.
Le canon et le projectile ont été essayés par une Commission officielle qui s'assura, en même temps, que le§ qualités du bâtiment permettaient de considérer cette nouvelle combinaison comme pouvant donner des résultats sérieux au double point de vue de l'attaque et de la défense.
Les essais ne furent pas aussi concluants qu'on était en droit de l'espérer; mais il faut dire que la Commission s'opposa, pour la raison suivante, à ce qu'une torpille fût lancée : « Le navire, le canon et le projectile appartenant à un simple particulier, on ne pouvait accorder à celui-ci le droit de faire des expériences avec des armes de guerre qui, en cas d'accident, auraient mis en péril la vie humaine. »
Cependant il y a li(»u de retenir la conclusion du rapport, qui était la suivante :
<c Bien que les expériences exécutées devant la Commission aient été très incomplètes, elles ont suffi pour la convaincre que la torpille sous-marine Ericsson est un projectile formidable aux petites distances, et que, dans la limite des portées restreintes, elle est supérieure à toutes les torpilles automobiles.
« L'inventeur ne se découragea pas : il reprit ses expériences, qui durèrent quatre mois, et dont les résultats furent très satisfaisants.
« Il continua néanmoins ses études sur les projectiles sousmarins, et, en 1890, il prit un brevet relatif à des dispositions nouvelles de canons et de projectiles sous-marins.
« Les figures 263 et 204 représentent la torpille qui est formée, comme toutes celles examinées ci-dessus, d'une enveloppe métallique à cinq compartiments.
« Le premier renferme la charge.
(( Le compartiment suivant renferme les régulateurs.
H Les compartiments A"^ et A'* constituent le flotteur arrière, et A"' sert de logement à une charge de poudre supplémentaire destinée à augmenter la portée du projectile : il porte de plus les gouvernails B.
AR]IEUE^T 3t3
« Ces derniers sont plucés de chaque côté du projectile sur un axe d, qui reçoit son mouvement du régulateur C par l'intermédiaire d'un câble p. Ces gouvernails ne devant avoird'action que dans le plan horizontal, il importait d'empêcher la tor-
Fin. 262, 263 et 36t.
pille de rouler; une plaque centrale H (fiff. 264), pouvaot se loger dans une cavilé spéciale rf, tourne autour d'un axe et formi* uni* saillie très importante, qui s'oppose à la rotation du projectile, lorsqu'il est sorti du canon.
" Le régulateur C (/ig. 265 et 266), destiné à ramener les
Fio. 26l> e[ 266.
gouvernails dans un plan sensiblement horizontal, consiste principalement en un cylindre hydraulique, clans lequel peuvent se déplacer librement deux pistons étanches c et c', munis chacun de deux crémaillftres hh et h'h', disposées diagonalement et engrenant avec deux pignons g, fous sur l'axe commun.
,t;X SOIS-MABI.VS
« L'espace librccnlrt" les pislons est en communication avec l'eau par l'inlermédiaire d'une partie A de l'enveloppe, découpé^, suivant l'axe longitudinal, de manière à pernietlre au liquide (le pc^nétrerde tous les côti5s dans l'espace annulaire n'. Des orifices tels que h eondiiisent l'eau jusqu'aux pistons.
« La pression exercée sur l'un des pistons s'ajoute à celle que supporte l'autre, et ce dispositif remplace, par conséquent, un piston simple d'une section double.
(i Le piston arrière est muni d'une seconde crémaillère r, qui
Fi.i. 2C7, 2(iK, 269 et «D.
engrène avec un secteur denté K, muni de deux parties dt' poulies / et III. sur lesquelles s'enroulent les câbles destinés à la manu'uvie du gouvernail.
" Cette disposition pourrait être lemplacée par celle qui est représentée sur la figure 205, où les deux pistons c et c' agissent sur un levier articuli! au milieu.
■• En se ra|)porlantaux figures 2ti:i et 2(ii-, on voit que la position horizonlule des gouvernails dépend, d'une pari, de la hauteur d'eau et, d'autre part, de l'action du ressort /; il en résulte que l'on peut 1res facilement régler la profondeur à laquelle devra niaicher la torpille.
" L emploi de deux pistnns se dépla<;anten sens contraire est
destiné à s'opposer au mouvement du régulateur et, par suite, du gouvernail, sous Taction seule du lancement.
« Cette torpille peut ôtre utilisée comme projectile aérien. A cet effet le canon lance-torpilles, au lieu d'être placé dans le fond du navire, est installé sur le pont, elle lancement s'eflectiie exactement de la même façon. On règle le point de chute à 1(X) mètres environ du but à atteindre, et la torpille, après avoir parcouru la majeure partie de sa trajectoire dans Tair, la termine dans l'eau pour aller frapper, aune profondeur déterminée, le navire sur lequel elle a été lancée. »
Nous croyons que cette dernière application donnera corlainement de meilleurs résultats qu'un projectile sous-marin. Du reste, par ce qui précède et par les nouvelles dispositions prises par l'inventeur, qui a transformé complètement son appareil jusqu^à en faire une véritable torpille, nous en concluons que les expériences sont loin d'avoir été satisfaisantes.
Sans vouloir décourager pour cela l'inventeur, lequel a beaucoup do mérite, nous estimons que son nouvel appareil ne donnera pas de meilleurs résultats. Le projectile ne possédant en lui-même aucune source de force motrice; les forces mises en jeu (10 kilogrammes au maximum) dans son régulateur par la pression de l'eau, seront insuflisantespour manœuvrer les gouvernails horizontaux ; ces derniers ayant besoin, pour vaincre la résistance de l'eau, d'un effort moteur d'au moins environ 50 kilogrammes, pour les faire passer au-dessus ou au-dessous du cadre.
Par suiie de l'état de perfectionnement du matériel de guerre et Tusage des canons à longue portée, l'application de ces sortes d'engins ne nous semble pas d'une grande utilité.
TORPILLES JLÉBlZnifES TORPILLES PROJETÉES ; OBUS-TOBPILLES
Pour cette dernière partie d'un chapitre consacré aux torpilles et engins analogues, c'est encore la Marine des Etats- Unis d'Am(irique qui va nous fournir un type nouveau de
l*'ic. 211. ~ Canons du croiseur Veauviaa.
croiseur armé de canous lançant des obus-torpilles chargés de dynamite : c'est le croiseur Vesuiiiis^ et le sons-marin te Hoiian</.
' Le Vesnvius est armé de trois canons k dynamite placés à Tavant. parallèlement à l'axe du navire. On a adopté cette disposition pour annuler l'inOuence du roulis (/tj. STl).
ARME^JENT 347
Les projectiles lancés par les caaoas paeumatiques de ces bateaux sont des obus-torpilles, chargés à la dynamite, dont l'invention est due à M. Zalinsky, capitaine au 5" régiment d'artillerie.
11 y fut conduit en 1884, lorsqu'il étudiait une invention de M. Nefford pour le lancement des obus à l'air comprimé. 11 perfectionna si bien le système de M. Nefford qu'il en fit uae invention originale.
Le Hollande ainsi que nous le verrons dans le cours de cet ouvrage, indépendamment de ses torpilles automobiles, qui n'ont qu'une faible vitesse initiale relativementà des projectiles, lance en l'air à grande vitesse des obus-torpilles, lesquels sont susceptibles d'atteindre une portée bien supérieure à celle des torpilles.
Obus-torpil,les Zalinski^
L obus-torpille Zalinsky est très' léger. 11 est en bronze ou acier doux avec une tète pleine, qui place près de l'avant le centre de gravité. 11 pèse, tout chargé, 680 kilogrammes; il a une longueur de 2", 13, sur un diamètre maximum de 374 millimètres.
11 contient une charge de 270 kilogrammes de galette explosible, qui correspond à 385 kilogrammes de dynamite ordinaire, ou à 405 kilogrammes de coton-poudre.
On peut, comme dans le cas d'une torpille immobile, y distinguer trois parties : la tête originale, le corps cylindrique, la queue, qui sont solidement liés entre elles.
Dans la tôte originale se trouvent les appareils de mise de feu, qui sont de deux sortes. Le premier est un percuteur provoquant l'explosion au choc du projectile sur le but; le deuxième doit produire l'explosion de l'obus-torpille à une profondeur de 6 à 7 mètres au-dessous de l'eau, quand il ne rencontre pas le but.
> La portée du canon dynamite du Vesuvins est d'environ 3.500 mètres, et sa précision est satisfaisante.
Ces deux détonateurs sont électriques et absolument distincts lun de l'autre [fig. 272).
Les piles sont au chlorure d argent, disposées en petites batteries et sur des circuits séparés.
Les piles du détonateur sont toujours humides, et le percuteur, au moment du choc, ferme immédiatement le circuit, ce qui provoque Tinllammation de la torpille.
Les piles d'explosion sous Teau sont sèches et, par conséquente non amorcées; mais le circuit est fermé. Si donc le pro-
FiG. 272. — Détails de l'obus-torpille Zalinski.
joctile tombe k la mer sans rencontrer d'obstacle solide, les piles du second circuit se mouillent d'eau de mer, qui s'infiltre à travers son lainage, et l'obus éclate sous Tinfluence du courant produit.
I^es effets destructeurs du projectile, éclatant sous Teau à proximité du but, sont presque aussi dangereux que ceux provenant du choc direct. La gerbe d'eau soulevée, dans ce cas, déplace 10 mètres en longueur et en largeur.
On sait que l'on appelle potentiel d'une substance explosive le travail fourni par 1 kilogramme de ce corps; en supposant que, par suite d'une détente infinie, la température dos gaz produits s'abaisse au maximum à 0**, sans qu'il y ait de calorique perdu par .ayonnement ou par elTet mécanique extérieur, M. Sarrau a donné, pour potentiel du coton poudre, 489 tonneaux-mètres : nous avons pour potentiel d'un obus Zalinski :
489 X4()5-- 198.010 louncaux-mètres.
L'obus-iorpille se termine par une queue hélicoïdale, qui assure la direction et là rotation de Tobus.
Toutes les manœuvres de pointage et de lancement se font au moyen de Tair comprimé à la pression de 76 kilogrammes par centimètre carré, dans des réservoirs au-dessous du tube de lancement.
L'admission de Tair comprimé a lieu par l'intermédiaire d'une valve qui en règle la pression et qui se ferme automatiquement, lorsque le culot du projectile a franchi la tranche de la bouche.
Voici, d'après un rapport officiel, les résultats d'expériences faites pendant la récente guerre hispano-américaine, en vue de Santiago-de-Cuba :
« Depuis longtemps le lieutenant Pilsburg, qui commande ce singulier navire, était désireux d'essayer Teffet de ses canons sur les fortifications de Santiago. Il choisit, pour cette expérience, un fort isolé placé sur une colline à l'ouest de l'entrée du port et dont les canons de la flotte n'avaient pu éteindre le feu.
« A la faveur du crépuscule, il s'avança à une distance d'un demi-mille, pendant que les projecteurs électriques de VOregon inondaient le but de lumière. Trois obus, un par chaque pièce, furent lancés successivement. Chacun contenait 200 livres de dynamite. Les engins pneumatiques du petit croiseur accomplirent leur œuvre silencieusement : pas de lueur, pas de bruit, pas de fumée.
« Le premier projeclile éclata sur le flanc de la colline audessous de la batterie, le second, à côté des positions espagnoles, et le troisième, sur le sommet même de la colline. Le Vesiivins se retira ensuite, poursuivi par quelques obus que lui lancèrent les Espagnols.
«Quelques secondes après que le premier canon du Vesuvivs eut envoyé son projectile, une explosion formidable se faisait entendre sur lepointoù les défenses espagnoles avaient jusquelà résisté aux projectiles ordinaires. Des tonnes de roc et de terre étaient lancées dans les airs ; la mer semblait trembler
SOUS cet eirroyablc ébranlement, et un immense nuage de poussière cachait cette scène de destruction.
« Un silence, puis une nouvelle et terrible explosion, suivie d'une troisième, avec une telle rapidité que les deux détonations semblaient se confondre. On ne sait pas exactement quels dommages ont été causés aux défenses espagnoles ; mais les effels destructeurs des canons à dynamite ont été complètement établis par cette expérience, qui a vivement impressionné tous les officiers de la Hotte. »
On comprend aisément, par ce rapide aperçu, que le Gouvernement américain, qui savait que tôt ou tard le port de Santiago tomberait en son pouvoir, avait intérêt à ne pas réduire cette ville en poussière par un bombardement général au moyen de ce nouvel engin.
Canon p^neimatique allemand
Nous signalerons également le canon construit et étudié récemment en Allemagne, sur les données d'un capitaine de corvette, détachée Tétat-major général, section balistique.
C'est un canon de O",'^!) de calibre, long de 22" ,50. Le tir, effectué sur un vieux bâtiment mouillé à 1.900 mètres, fut réglé avec trois obus non chargés. Le projectile chargé s'immergea assez près du but et éclata après une immersion de deux secondes environ. Une énorme gerbe d'eau fut soulevée, et le navire visé fut fort endommagé ; un deuxième coup le mit absolument en pièces.
Le Gouvernement allemand, devant ces résultats, vient de commander an chantier de Stettin un navire-canon, armé d'un canon pneumatique de 0",30, qui tirera un obus chargé de 180 kilogrammes de gélatine explosive et de deux canons de 0"',27, dont les obus contiendront 90'*^,5 de nitro-gélatine. Chaque canon sera servi par un seul homme, l'adduction du projectile étant automatique.
On compte trouver là un engin utile pour l'attaque des ports, en ce sens que ces projectiles pourront aller éclater assez pro-
fondement SOUS l'eau pour détruire le torpillage fixe d'un port ou d'une passe.
De i/accol'plement des ballons avec les navires d*ln blocus POUR permettre de voir l'approche d'un sous-marln
Il a été beaucoup question, ces temps derniers, de Taccouplement des ballons avec un des navires d'une escadre de blocus, de façon à distinguer au sein de l'eau le torpilleur sousmarin qui manœuvre pour attaquer un des navires.
Des expériences ayant été faites à ce sujet, nous citerons les observations que lit un officier qui a pris part aux manœuvres de Toulon, d'Hyères et de Marseille. Voici quelle a été la réponse :
« Ce point a été, comme tous les autres, élucidé. Justement l'escadre de la Méditerranée possède un ballon captif, et nous nous en sommes servis pour nous rendre compte de l'utilité qu'un pareil moyen d'investigation pourrait présenter. Les résultats des expériences faites ont donné des renseignements formels et précis, qui peuvent se résumer de la manière suivante :
« On pouvait en elfet, de la nacelle du ballon, apercevoir Ip Gi(siave-Zéde\ à la condition toutefois que celui-ci ne fût pas à une profondeur de plus de 6 mètres, et que le cône de vision dont l'observation occupait le sommet n'eût pas une ouverture de plus de 10".
« Encore faut-il faire remarquer que le petit navire était alors peint en blanc et transparaissait aisémenl, sous cette teinte à travers la couche liquide. Nous avons fait alors des essais de peinture. Nous avons transformé sa robe; nous l'avons habillé en bleu gris, et, dès ce moment, on ne l'a plus distingué sous les vagues que lorsqu'il était à 2 mètres de la surface.
(' Quant à atteindre le sous-marin au moyen de l'artillerie, c'est chose impossible ; pour deux motifs : d'abord une cuirasse d'eau de 2 mètres d'épaisseur est suffisante pour amortir les
352 LKS BATEAUX SOUS-MaHINS
coups les plus violents que Ton puisse imaginer et pour faire dévier les obus des plus grosses pièces ; et puis je vous ferai remarquer que le sous-marin, quand il pénétrera dans le cône de vision dont je vous parlais tout à l'heure, aura pu, depuis longtemps déjà, torpiller le cuirasse que le ballon sera censé protéger.
Lance-Torpilles sods-marins de M. Drzéwiécki
A bord des torpilleurs et des autres bateaux de guerre, pour le lancement des torpilles automobiles, on se sert de tubes lance-torpilles, véritables canons qui, au moyen de Tair comprimé ou d'une petite charge de poudre, lancent la torpille dans Teau, où elle continue sa trajectoire dans la direction déterminée, mue par ses propres hélices. Les tubes peuvent être fixes ou orientables : dans le premier cas, ils se trouvent placés dans le plan diamétral du bateau en avant ou en arrière, et alors c'est avec le bateau que Ton vise ; dans le second cas, ils se trouvent soit sur le pont du torpilleur, soit dans la batterie des grands bateaux ; au moment du tir, on oriente le tube dans la direction donnée et on vise comme avec un canon. La marche du bateau, qui n'a aucune influence sur les appareils placés dans le plan diamétral, influe au contraire beaucoup sur les appareils tirant par le travers, car la torpille participe au mouvement du bateau, et si, en tombant,elle touche l'eau par la pointe ou par la queue, elle est immédiatement déviée vers Tavant ou l'arrière ; aussi n'est-on jamais assuré de la justesse du tir avec un appareil de ce genre, surtout si la mer est agitée. En outre tous ces appareils placés au-dessus de Teau ont l'inconvénient très grave d'exposer la torpille au feu de l'ennemi, et le moindre projectile qui viendrait frapper le réservoir d'air comprimé de la torpille suffirait pour la faire éclater. Pour obvier à ces inconvénients, on a cherché à abriter la torpille en la mettant au-dessous de la flottaison, et en la faisant partir au moyen de tubes sous-marins. Les tubes sousmarins, placés dans l'axe du bateau, donnent des résultats
assez saiisfaisants ; mais ils ont l'inconvénient de compliquer la manœuvre; car, pour tirer, il faut orienter le bateau luimême dans la direction de Tennemi et virer de bord une fois la torpille lancée. Les tubes latéraux donnent la possibilité de lancer la torpille sans mettre le cap sur Tennemi ; mais, en revanche, ils ont le défaut d'exiger une certaine solidité et d'être très encombrants ; on comprend, en effet, que la torpille, surtout transversalement de la coque d'un bateau dans l'eau, éprouvera de la part de cette eau une très grande poussée latérale qui serait capable de casser la torpille ; pour protéger cette dernière, on fait sortir du tube un écran qui masque la torpille du côté de la poussée et qui rentre dans le tube dès que la torpille s'est séparée du ba'.eau ; il est évident que cet écran devra être excessivement puissant pour résister à la pression de l'eau, surtout lorsque la vitesse du bateau est un peu considérable. Aussi l'emploi de ces tubes sous-marins n'est pas possible à bord des torpilleurs et des bateaux sousmarins.
Pour permettre le lancement des torpilles latéralement sur les petits bateaux, M. Drzéwiécki a imaginé un appareil très simple, qui, aux essais, a donné des résultats tellement satisfaisants qu'il a été adopté par le Ministère de la Marine pour l'armement des sous-marins.
Dans sa forme première, l'appareil de M. Drzéwiécki consistait en une légère poutrelle oscillant dans un plan horizontal autour d'un pivot fixé à la partie arrière et assujettie au bordé du bateau au-dessous de la flottaison. La poutrelle collée contre le flanc du bateau pouvait, à un moment donné, osciller autour de son pivot et opérer une gyration de 180*, jusqu'à venir s'appliquer contre le bord, derrière le point d'oscillation. La torpille était solidarisée avec la poutrelle, au moyen de deux griffes qui la saisissaient vers les deux bouts du réservoir d'air, de sorte que la torpille à son poste était accolée contre la poutrelle, et était forcée de participer à son mouvement. La poutrelle avec sa torpille était logée dans une niche intérieure pratiquée dans le bordé du bateau, au-dessous de la
iES HiTEACit SOCS-^ARINâ
flottaisoQ. Au moment du tir, on repoussait la poutrelle hors de sa niche au moyen d'un levier de chasse, manœuvré à l'intérieur ; dès que la partie avant de la poutrelle avec sa torpille sVcartait du bateau, la résistance de tVau, duc ù la
il», 211 el 313.
marche du bateau, tendait à rabattre la poutrelle vers l'arrière, en la faisant osciller autour de son pivot arrière; la poutrelle opérait sa gyration jusqu'au moment où elle était accotée par une aussièrc de longueur déterminée, dont l'une des extrémités était hxée à ta coque du bateau et l'autre à un anneau porté par lu poutrelle ; la teasion de l'aussièrc sur l'anneau avait
pour eifet d'ouvrir brusquement les deux grilTes, qui maintenaient la torpille prisonnière contre lu poutrelle, et en même temps de rabattre le levier de prise d'air de la torpille. De sorte qu'au moment di> l'arrêt de la poutrelle, dans une position déterminée par la longueur de l'aussière. la torpille s'aiïranchissait en se mettant en mouvement dans la direction donnée, et la résistance latérale de l'eau ne s'exerçait jamais sur la torpille, mais uniquement sur la poutrelle seule. L'extrémité de l'aussière fixée au bateau s'enroulait sur un tambour de hxHiil manœuvre de l'inléricur, ce qui permettait
de ramener la poutrelle dans sa niche après le tir. La niche extérieure communiquait avec l'intérieur du bateau par une vanne étancbe placée dans la paroi d'une des extrémités de la niche; cette vanne donnait accès à un sas intérieur muni d'une porte étancbe. La porte étancbe fermée, on ouvrait la vanne et on faisait rentrer la poutrelle dans le sas intérieur, puis on refermait la vanne, on vidait l'eau du sas et on poussait la porte étancbe pour pouvoir remettre une nouvelle torpille dans l'appareil. Les figures 273, 274, 275 et 27G représentent schématiquement l'appareil en question.
3S6 LES BATEAUX SOUS-MÂRlNS
Un appareil de ce système a été essayé avec succès à bord du croiseur le Surcouf. Depuis, M. Drzéwiécki a perfectionné son idée première en simplifiant considérablement ses lance-torpilles, ce qui lui a donné la possibilité de les appliquer avec succès sur les petits bateaux, tels que torpilleurs, submersibles et sous-marins.
Dans le nouvel appareil de M. Drzéwiécki, la poutrelle a été supprimée; la torpille elle-même sert de poutrelle de rabattement; elle est maintenue par un bras mobile, dont l'extrémité arrière oscille autour d'un axe vertical et l'extrémité avant se termine par un pal qui pénètre dans la queue de la torpille, maintenue par une pince qui emprisonne l'aileron vertical de la queue, de sorte que la torpille constitue, pour ainsi dire, un prolongement rigide du bras mobile et se trouve dans l'obligation d'opérer la gyration autour de Taxe vertical du bras mobile. La torpille, accolée contre le flanc du bateau, se trouve, au moment du tir, repoussée latéralement par un ou plusieurs leviers de cbasse actionnés par Tair comprimé; elle pivote alors vers l'arrière, autour de Taxe vertical du bras mobile, grâce à la résistance de l'eau, et au moment où elle passe dans le plan de visée de l'appareil que l'on dirige vers le but à atteindre, un déclenchement automatique affranchit la torpille et rabat en même temps son levier de prise d'air; alors la torpille part dans la direction dans laquelle elle se trouvait au moment du déclenchement, c'est-à-dire dans la direction de visée.
En raison de la nouveauté et de l'importance de cet appareil, nous en donnons une description complète.
Le lance-torpilles proprement dit se compose essentiellement : d'un cadre métallique, dans lequel se trouve arrimée longitudinalcment la torpille d'un bras mobile dont l'extrémité avant pénètre dans la queue de la torpille, tandis que l'extrémité arrière pivote autour d'un axe vertical disposé à l'arrière du cadre, et d'un système de leviers de chasse actionnés par l'air comprimé. Cet ensemble, qui constitue le lance-torpilles, est descendu du bateau sous l'eau au moyen d'un des dispositifs
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358 LES BATEAUX SOUS-MARINâ
de mouillage décrits ci-dessous et est maintenu parallèlement au plan diamétral du navire, la pointe dirigée vers lavant. Au moment du tir, par Tintroduction de Tair comprimé, les leviers de chasse repoussent latéralement, vers Textérieur, la torpille empalée sur le bras mobile ;. cette torpille, sous Taction de la résistance de Teau rencontrée pendant la marche du navire, est rabattue vers Tarrière en pivotant autour de Taxe de rotation du bras mobile, jusqu'au moment où, parvenue dans la ligne de visée, elle se trouve affranchie du bras mobile par un mécanisme automatique qui, simultanément, rabat le levier de prise d'air de la torpille, ce qui fait partir cette dernière, sous l'action de ses propres hélices, dans la direction voulue. Le choix de Tappareil de mouillage dépend du type de bateau sur lequel on installe le lance-torpilles; cet appareil peut être extérieur ou intérieur, dans ce dernier cas, il consiste en un tube sous navire spécial.
Les figures 277 et 278 sont respectivement l'élévation latérale et la coupe transversale d'un fragment de torpilleur pourvu d'un lance-torpilles et du mode de mouillage auquel M. Drzéwiécki donne la préférence.
Les figures 281 et 283 sont l'élévation latérale et le plan du lance-torpilles proprement dit.
Les figures 283 et 284 sont des coupes transversales faites suivant les lignes 6-6 et 7-7 de la figure 285.
La figure 285 est un plan analogue à celui de la figure 284, mais dans lequel une torpille est représentée au moment où elle va quitter le lance-torpilles.
Les figures 286, 287 et 288 représentent, respectivement en élévation latérale, plan et coupe transversale, une variante du mode de mouillage représenté dans les figures 277 et 278.
Les figures 279 et 280 représentent Télévation et la vue de côté d'une autre variante du mode de mouillage.
La figure 289 est Télévation longitudinale du dispositif d'ensemble d'un tube de lancement situé au-dessous de la ligne de flottaison et agencé de façon à recevoir le lance-torpilles et à le mouiller pour le lancement de la torpille.
360 LRS RATEAUX SOUS-MARINS
Les figures 290 et 291 montrent, en élévation latérale et en plan et à plus grande échelle, le tube de lancement proprement dit.
Les figures 292, 293 et 294 sont des coupes transversales respectivement faites suivant les lignes 16-16, 17-17 et 18-18 de la figure 291 .
La figure 295 est un plan analogue à celui de la figure 291, mais dans lequel une torpille est représentée au moment où elle va quitter le lance-torpilles.
La torpille à lancer, T, est installée ou arrimée {fig. 277, 278, 281 et 282) dans un cadre métallique A, dont lune des extrémités, celle avant, se termine en pointe a, tandis que l'extrémité opposée, celle arrière, est formée d'une partie droite b.
La torpille T est maintenue dans ce cadre A, qui lui sert de logement, au moyen de deux demi-colliers fixes B et C, reliant d'un mt^me côté les deux membrures horizontales dudit cadre, et d'un demi-collier mobile D, reliant, du côté opposé, lesdites membrures entre les demi-colliers fixes, B et C situés, à peu près en regard des extrémités du réservoir dans ladite torpille T.
Les demi-colliers fixes B et C sont rigides, et, ainsi que rindique leur nom, sont assujettis au cadre A à poste fixe ; ils sont situés, lorsque le lance-torpilles est en place pour le lancement, du côté du bateau qui porte ledit appareil. Le demi-collier mobile D, situé du côté opposé, c'est-à-dire vers Textérieur, est, au contraire, formé d'une lame d'acier mince et flexible dont l'extrémité inférieure est fixée à la membrure inférieure du cadre A, tandis que son extrémité supérieure, munie d'un œillet rf, s'engage entre deux œillets semblables rf*, flP, fixés à ladite membrure supérieure. Un goujon ou verrou v traverse ces trois œillets rf, rf^ rf"^, de façon à maintenir en place le demi-collier D et, par suite, à immobiliser la torpille T, qui se trouve ainsi solidement maintenue dans le cadre A par les trois demi-colliers B, C et D, en même temps que, d'autre part, sa queue / ou bout d'arbre creux qui la
termine à l'arrière, est engagée sur l'extrémité d'un bras mobile E dont il est parlé plus loin.
Le verrou ou goujon v fait corps avec un piston c jouant dans un petit cylindre c^ auquel vient aboutir un tube flexible F, par lequel on peut y amener de Tair comprimé provenant d'une source quelconque d'air comprimé.
A Tétat normal de verrouillage, Tair comprimé n'est pas admis dans le petit cylindre c' ; celui-ci communique, par im conduit c^, avec l'intérieur d'un plus grand cylindre G, qui lui est parallèle et qui est fixé, par son fond, à une tige G^ articulée sur le petit bras d'un levier d'équerre H monté sur un pivot h appartenant au demi-collier fixe C.
Dans ce grand cylindre G se trouve un piston g dont la tige g^ est articulée sur le petit bras d'un autre levier d'équerre I monté sur un pivot f appartenant au demi-collier fixe B. Les deux leviers d'équerre H et I sont disposés symétriquement, et leurs grands bras, qui sont en prolongement l'un de l'autre, s'appuient, par leurs extrémités respectives A* et i* sur le réservoir d'air de la torpille T. Ces leviers H et I ont pour mission, ainsi qu'on le verra plus loin, de chasser la torpille T hors du cadre A, dès que le verrouillage du demicollier mobile D est rompu, ladite torpille oscillant alors autour d'un axe vertical J, qui n'est autre chose que celui du bras précité E.
L'arbre vertical J tourillonne dans les membrures horizontales du cadre A, à proximité de la partie arrière h dudit cadre ; sur cet arbre est librement enfilée une douille y" pourvue d'une fourche sur les branches, j^ et/-, de laquelle sont articulées les branches correspondantes e et e^ d'une autre fourche appartenant au bras mobile E. Ce bras est formé d'un tube à l'extrémité opposée duquel est fixée une tige e-^ dont la partie saillante s'engage dans le bout de l'arbre creux / de la torpille T. Sur l'arbre J, au niveau du bras mobile E, est calée une came a* servant d'appui à la tète d'une tige 6* librement enfilée à l'intérieur du bras tubulaire E et dont l'extrémité opposée possède une languette b- venant faire saillie à Texte-
ARME»Ei\T
rieur en passant par une rainure longitudinale e^ pratiquée dans le bras mobile E. Un ressort à boudin r, interposé entre la tige fixe é^ et la tige libre 6*, presse sur cette dernière et l'oblige à faire constamment contact avec la came a*. Sur les extrémités de la languette saillante 6^ s'appuient les deux pattes X:*, k"^ d'un levier à bascule K susceptible d'osciller sur Taxe k et sollicité constamment, vers l'arrière, par un ressort à boudin r* relié k un support s fixé sur le bras mobile E et dont la tension peut être réglée d'une fac;on convenable.
Le levier à bascule K possède deux talons latéraux t^ et fi qui maintiennent en temps normal, à Fétat de fermeture, les deux branches p^ et/>2 d'une pince P dont les mordaches antérieures p^ et p^ emprisonnent entre elles la partie supérieure de l'aileron vertical T* de la queue de la torpille T. Ces mordaches /)3 et p^ sont terminées par des becs croisés de telle sorte que la pince fermée emprisonne complètement l'aileron T* et que la torpille T ne puisse pas se séparer du bras mobile E. Le levier à bascule K possède, en outre, un doigt Ifi engagé entre les branches p^ et p^ de la pince P montée sur une tige verticale p, et un prolongement P^ à l'extrémité duquel est fixée une longue tige flexible L, à l'extrémité antérieure de laquelle on trouve un étrier / pourvu d'une languette /* engagée sous le levier m de la prise d'air de la torpille T.
Enfin, la torpille T a son hélice buttée sur deux barres w, n, solidaires du cadre A, lesquelles s'opposent à la rotation de cette hélice, tant que ladite torpille est maintenue dans son cadre.
Avant de décrire les divers dispositifs de mouillage dont il peut être fait usage, nous allons indiquer le fonctionnement du lance-torpilles proprement dit dont le détail vient d'être donné.
Supposons donc une torpille T placée et fixée dans le cadre A, comme il a été dit plus haut et ledit cadre immergé ou mouillé comme l'indiquent, par exemple, les figures 277 et 278, c'est-à-dire de telle sorte que la torpille T soit complètement noyée.
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Pour lancer la torpille, il faut d'abord la dégager de soû cadre A pour qu'elle puisse osciller autour de Tarbre verticalJ, puis la détacher du bras mobile E dont elle forme le prolongement.
La première opération à effectuer consiste à envoyer dans le petit cylindre c^ de Tair comprimé sous Tintluence duquel le piston c est refoulé et entraîne avec lui le verrou v qui libère le demi-collier mobile D. En arrivant à Textrémilé de sa course, le piston c découvre Tentrée du conduit ^ par lequel l'air comprimé est alors admis au grand cylindre G où il exerce son action à la fois sur le fond dudit cylindre et sur le piston ^, qui se trouvent refoulés en sens opposé. Cette action a pour but de faire basculer les leviers H et 1, et de faire agir simultanément leurs extrémités h^ et i^ sur la torpille T pour la chasser hors de son cadre Â. La torpille ainsi chassée oscille autour de larbre vertical J {/ig. 285), qui lui sert de pivot, par l'intermédiaire du bras mobile E auquel elle est liée. On remarquera que la chasse produite par les leviers H et I ne fait que préparer l'évolution angulaire de la torpille T et que cette évolution se poursuit grâce à la résistance qu'offre l'eau h la torpille T.
La seconde partie de l'opération consiste à orienter la came a^ dans une position propre au tir. Cette orientation peut être réglée à l'aide du viseur ou alidade V solidaire, de l'arbre vertical J ou de tout autre dispositif convenable agencé en un point quelconque du bateau ou du torpilleur et auquel ladite came serait reliée de toute façon convenable. Quoi qu'il en soit, ladite came une fois réglée sert d'appui à la tige A* du bras mobile E jusqu'au moment où cette tige arrive à l'extrémité de la partie courbe de la came a* {fig. 285). A ce moment la tige A*, sollicitée par le ressort r, se déplace dans le bras mobile E dans le sens de la flèche x et déclenche le levier à bascule K qui, sous l'influence du ressort r*, bascule dans le sens de la flèche x^ {fig. 281) en oscillant autourdu point k. Ce basculcmeut a pour effet de dégager les talons t^ et /*' des branches />*, jï- de la pince, et d'engager entre lesdites branches
ÀkilÈMËNt i^l
le doigt fc\ qui les oblige à s'ouvrir, au cas où une résistance quelconque s'opposerait à cette ouverture ; il a encore pour effet de tirer sur la longue tringle L qui, par son étrier / à languette /', bascule le levier m de la prise d'air de la torpille, de telle sorte que le mécanisme moteur ordinaire et connu de celle-ci entre en fonction.
Lorsqu'il en est ainsi, la torpille T se trouve libérée {fig. 265) de toute attache et s'élance d'elle-même dans la direction qui lui est assignée par la came a^
Ceci dit, nous allons maintenant parler du mode de mouillage de la torpille.
Le lance-torpilles proprement dit est suspendu de manière à pouvoir être mobilisé verticalement, soit pour permettre l'immersion ou le mouillage de la torpille à lancer qu'il comporte, soit pour ramener sur le pont la torpille non lancée, ou bien, lorsque celle-ci a été lancée, le cadre A, à l'effet de procéder à la mise en place d'une nouvelle torpille.
Les figures 277 et 278 représentent le dispositif de mouillage auquel M. Drzéwiécki donne la préférence. Ce dispositif consiste à monter le cadre  sur un châssis articulé en o, o sur le pont du bateau et en o*, o* sur ledit cadre. Un câble Q, attaché en g sur le châssis et passant sur la poulie q^ d'un portemanteau Q*, permet de faire passer le châssis de la position indiquée en ponctué {fig. 277 et 278) à celle représentée en traits pleins sur lesdites figures et qui n'est autre chose que la position de mouillage. Deux câbles ou remorques R et IV maintiennent le cadre A pendant la phase du mouillage et assurent cette dernière position.
Des appareils de ce genre fonctionnent avec succès sur le Narval et vont probablement être installés à bord des torpilleurs.