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Les Battuécas

Une amitié de douze ans est la plus vieille qu'on puisse avoir à votre âge ; et, dans le temps où nous sommes, elle Test même au mien , quand elle n'a point éprouvé de refroidissement.

Ainsi nouspouvons nous féliciter l'un et l'autre de notre fidélité mutuelle.

Les vrais amis des lettres et des arts ne seront jamais désunis par ce mal-entendu ridicule, et ces disputes pédantesques qu'on appelle aujourd'hui , dans la société , des opinions politiques. Je m'applaudis , mon cher Anatole, d'avoir contribué à développer en vous le goût si pur de ces

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occupations utiles et délicieuses y qui, dans toutes les situations, font le charme de la vie, et qui consolent de toutes les injustices.

Au sein d'une famille si touchante par son union , si respectable par ses vertus, continuez toujours, avec la même ardeur, des études heureuses dont vous recueillez les nobles fruits.

Je ne veux point trahir vos secrets; mais il m'est permis de dire que , sans la modestie qui joint à vos talens un mérite si rare, l'amitié jouiroit déjà de vos succès dans plus d'un genre»

Recevez , mon cher Anatole , ce gage d'une tendre affection : c'est un tribut du cœur, puisque je ne l'ai jamais offert qu'à l'amitié : il m'est doux de vous donner une nouvelle preuve dessentimens qui m'attachent à vous, et que je conserverai jusqu'au tombeau.

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