‹ Les Baumes et Onguents en DermatologieChapitre 4 sur 20 · RO: 23 PE · texte numérisé non relu

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de préciser ce que nous entendons par baumes et onguents. Ayant surtout en vue un emploi thérapeutique immédiat, nous ne nous arrêterons pas aux baumes naturels qu'on peut définir : « des mélanges de résine et d'huile volatile unis soit avec de l'acide benzoïque, soit avec de l'acide cinnamique, soit avec les deux à la fois. »

Les substances dont nous entendons parler sont des produits composés. Ce sont des médicaments externes, formés surtout de résines et de différents corps gras, auxquels on adjoint parfois des sels, des gommes-résines, des huiles essentielles. Les baumes et les onguents ainsi compris ne diffèrent les uns des autres que par leur consistance : certains emplâtres qui contiennent également des résines et des huiles essentielles ne sont, il semble, que des baumes ou des onguents de consistance plus ferme. Les uns et les autres diffèrent des pommades et des pâtes par leur excipient résineux.

Ces médicaments à base de résines, et contenant, soit des macérations ou des décoctions de plantes, soit les essences que les progrès de la chimie ont permis de retirer des mêmes végétaux, ces médicaments ont été fort en honneur déjà dans l’antiquité grecque et romaine et plus récemment en France jusqu’au xrxe siècle. — De nos jours ils ont été considérablement délaissés ; les termes mêmes qui les désignent ont vieilli et évoquent les temps où la médecine se résumait en la saignée, le clystère et l'application d’un onguent à nom bizarre.

IL nous semble pourtant que dans la' thérapeutique

dermatologique au moins, on peut encore faire avanta-

UE geusement usage de ces préparations. Les heureux eftets des baumes de Baïissade, du baume de Duret sont actuellement bien établis. Récemment M. Gastou publiait des observations probantes de belles guérisons de brûlures par des produits du même genre. C’est lui-même qui nous a donné l’idée de traiter ce sujet dans notre thèse inaugurale. Nous le remercions bien vivement des conseils que sa bienveillante expérience nous a prodigués.

Voici comment nous diviserons notre travail : Après avoir fait l'historique de l’emploi des baumes et des onguents dans l'antiquité et en France jusqu’à l'apparition de la méthode antiseptique, nous nous efforcerons de montrer quels progrès les découvertes de la chimie moderne ont fait faire à la préparation des baumes et des onguents, nous indiquerons ce que nous avons conservé dans les formules compliquées de nos ancêtres ; et nous dirons quelles nous semblent être les indications

actuelles de l’application des baumes et des onguents.

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