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LES BAUMES ET LES ONGUENTS DANS L'ANTIQUITÉ GRECQUE ET ROMAINE

Si l’on s’en rapporte aux anciens médecins français qui faisaient le plus clair de leurs études en compulsant les ouvrages des médecins grecs et romains, les baumes et les onguents employés par ces derniers avaient upe composition relativement simple. Le bon Samaritain, en pansant, avec de l'huile et du vin, les plaies du blessé rencontré sur sa route, fit à peu près ce qu’eut fait à sa place un médecin expérimenté de l’époque. Au dire de Daniel Leclerc (1702), Hérodius de Selymbre, ville de Thrace, « est le premier qui aurait donné les règles sur la façon de s’oindre et c’est lui qui le premier inventa la médecine onguentaire ». Hippocrate était son disciple. Il se servait d’huiles et d’onguents peu composés et employait surtout des roses et des feuilles de myrte. Il parle encore d’une huile ou d’un onguent « appelé- Susimum, dans lequel il entrait des fleurs de lis avec quelques aromates » ; d’un onguent « narcissinum qui se faisoit aussi avec des fleurs de narcisse et des aromates infusez dans de l'huile d'olives. Il se servoit aussi d'une autre sorte d'onguent qu'il appelle un Cérot et qui étoit composé principalement d'huile et de cire... Voici la

composition d'un cérot que notre auteur recommande pour ramollir une tumeur et pour nettoyer une playe : « Prenez, dit-il, de la moëlle ou de la graisse d’oye, gros « comme une noix ; de la résine de lentisque ou de la « térébenthine gros comme une fève et autant de cire. « Faites fondre cela à feu lent avec de l'huile de roses « pour en faire un cérot. »

Freind (1727) insiste lui aussi sur la simplicité des remèdes externes employés par Hippocrate dans le traitement des plaies et ulcères : « IL est hors de dispute qu'Hipocrate entendoit très bien la chirurgie, et cependant nous ne voyons point qu'il parle d’aucun emplàtre. Il ne se sert, à ce qu'on voit que de quelques cérots, et encore très rare ment. Les Huiles et les Baumes dont il fait mention, n’étoient rien moins que ce que nous apelons aujourd’hui de ces Noms. Ce n'étoient que des Huiles simples ; ou tout au plus une infusion de quelques herbes dans de l'huile.

« Du tems de Celse, les compositions furent beaucoup plus employées mais nous y trouvons une bien moins grande quantité d’huile de graisse, ou de cire à proportion que dans nos onguents ou baumes modernes.

« L'art de composer les remèdes reçut encor beaucoup d’augmentations du tems d’Andromachus: il a été beaucoup perfectionné dans celui de Galien... »

À ce moment encore, nous sommes bien loin des formules complexes des médecins du xvr au xix° siècle, comme en témoigne la composition de l’emplâtre de Néchepso, dont parle Aetius : « on se contente d’écraser les feuilles des ciprès et de les faire infuser dans de la

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seconde égouture de vin nouveau. Voilà quel est tout cet emplâtre, qu’Aetius recomande néanmoins, comme un résolutif si admirable, et d’un efet si prompt dans les tumeurs accompagnées de duretez qu'il ne fait aucune difficulté d'assurer qu'il est capable de guérir parfaitement l’enflure en sept jours de téms. »

Il semble bien qu’à cette époque on a multiplié plutôt les termes sous lesquels on désignait les onguents, suivani leur circonstance et l’usage auquel on les destinait. Cette terminologie compliquée, s'appliquait à des, produits en réalité peu différents les uns des autres. Il y avait, «les Acopa c’est-à-dire onguents qui ôtent les douleurs ou la lassidude, les Myracopa, nom qui se donnoit aux mêmes produits, lorsqu'il y entroit des aromates. » Le Cérot, composition plus épaisse : «outre la cire qui y entrait en plus grande quantité à proportion de l'huile, on y mettoit encore plus de poudre .… » /

Les emplätres étaient encore plus consistants parce qu’il y entrait plus de cire. De plus, on y incorporait «des poudres métalliques et des terres comme la litharge, la céruse, la craie, le bol et autres semblables qui leur donnoient du corps. »

Ces emplâtres étaient suffisamment durs, pour leur donner une forme: on en faisait des sortes de crayons de la longueur et de la grosseur du doigt et on les appelait Magdalideæ et rotundæ. |

Le Malagma, au dire de Celse, Aetius, Galien, était une composition faite principalement avec des gommes et des aromates, et autres choses piquantes

comme des sels, et c’est pour cette raison que ce

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