‹ Les BéatitudesChapitre 39 sur 59 · BEATI MUNDO CORDE · texte numérisé non relu

BEATI MUNDO CORDE

Hienhcureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu.

Beati miindo corde, quoniam videbunt. (Matth., v., 8.)

NE glace parfaitement nette, un or parfaitement affiné, un diamant sans aucune tache, une fontaine parfaitement claire n'égalent pas la beauté

et la netteté d'un cœur pur

« Qu'elle est belle, qu'elle est ravissante cette fontaine incorruptible d'un cœur pur! Dieu se plaît à s'y voir lui-même comme dans un beau miroir; il s'y imprime luimême dans toute sa beauté. Ce beau miroir devient un soleil par les rayons qui le pénètrent; il est tout resplendissant. La pureté de Dieu se joint à la nôtre qu'il a lui-même opérée en nous, et nos regards épurés le

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verront briller en nous-mêmes et y luire d'une éternelle lumière. Bienheureux donc ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu ! ' »

Tel est, mes Frères, le chant lyrique, si j'ose ainsi parler, par lequel Bossuet s'efforce de rendre l'impression de saint enthousiasme, produite sur sa grande âme, par cette béatitude évangélique : Beati miindo corde. Cette impression, toute âme chrétienne l'éprouve, pour peu que, touchée du rayon de la grâce, elle ait entrevu et détesté en elle le grand obstacle à l'union divine, je veux dire tout ce qui détruit, tout ce qui ternit seulement en elle cette vertu délicate et fragile, la pureté. En effet, si Dieu, ce pur esprit, la sainteté infinie, l'océan de toutes les perfections, dont, nous ne savons rien de plus assuré, si ce n'est qu'il est, par son essence, éternellement ennemi de tout ce qui est vice, péché, corruption ; si Dieu doit se laisser voir à un œil humain, s'il doit habiter un cœur créé, nous savons, avec toute certitude

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