‹ Les BéatitudesChapitre 40 sur 59 · I. Bossu ET j Médit · texte numérisé non relu

I. Bossu ET j Médit

BKATI MUNDO CORDE I 6()

et sans aucun doute possible, que ce sera l'œil limpide de la pureté parfaite dont il cherchera le regard, que ce sera le cœur pur dont il fera son séjour : Beati jniindo corde. Etait-il nécessaire que le Seigneur luimême vînt nous l'apprendre : notre raison, notre conscience ne nous l'avait-elle pas déjà dit ? Voir Dieu, c'est le comble et le résumé de toutes les félicités : être pur, avoir un cœur pur, ce doit donc être le comble et le résumé de tous nos désirs. Entrons avec un religieux respect, avec un saint empressement et avec un ardent désir d'être éclairés, dans la méditation de cette grande parole : Beati mmido corde. Demandonsnous d'abord en quoi consiste cette pureté qui est demandée aux chrétiens, et comment la vision divine est proportionnée, même ici-bas, au degré de pureté que Dieu trouve dans nos àmcs.

Dieu, mes Frères, dcwit la vue face à face nous est promise dans l'éternité bienheureuse, Dieu ne peut être vu par les yeux du corps; et, dans le ciel même, quand nos corps ressuscites et glorieux participeront aux prérogatives de l'esprit, ce ne sont pas nos yeux de chair qui verront l'essence divine. Mais si la chair, même glorifiée, ne verra Dieu que par l'intermédiaire de l'esprit, selon la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas, rien ne forme un obstacle plus réel, plus infranchissable à la vision divine que les passions, suite du péché, qui naissent dans le corps et, par une coupable révolte, lui assujettissent l'esprit : esclaves rebelles qui veulent détrôner leur maître.

Qui ne connaît, par une triste expérience, les combats de la chair contre l'esprit : « La chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit.

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