I. Aur,. Eu. in Jnan., xxxv, o- — T. I\', p. i^Cyi
soit dans les autres, soit dans les individus, soit dans les peuples; et vous allez, je pense, comprendre, d'une manière toute nouvelle, cette grande parole : Beati miindo corde.
Voici un petit enfant : c'est cet enfant de l'Évangile que Notre-Seigneur caresse, qu'il met sur ses genoux, au regard naïf et brillant, au front pur; celui dont il dit : « Le royaume des cieux est pour ceux qui lui ressemblent, >> et encore : « Son ange voit sans cesse la face du Père qui est aux cieux. » Mais, mes Frères, à un moment donné de notre vie, cela est certain, indubitablement certain, cet enfant, c'était nous-même! Alors, dans notre œil pur, dans notre cœur candide, toutes les lumières de la foi se reflétaient, comme dans un miroir limpide et sans aucune tache. Et qu'avait-il fallu pour que cette lumière sans nuage entrât dans notre âme et y prît toute la consistance d'une vérité infaillible, incontestable, aussi resplendissante que le diamant et d'une solidité à toute épreuve, comme lui?
Il n'avait fallu qu'une chose, après la grâce du baptême; il avait fallu, et c'était assez, la
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leçon d'une mère : « Mon fils, Dieu a parlé : il nous a envoyé son Fils Jésus-Christ, il nous a donné pour mère la très sainte Vierge, et un de ses anges pour nous garder; il voit le bien que nous faisons et le récompense; il voit le mal et il le punit. )> Voilà tout.
Heureux celui en qui ces vérités sont restées comme un germe inébranlable, jamais déraciné, qui a toujours été se développant, produisant toujours des fleurs nouvelles, des fruits nouveaux, des fleurs de vérité, des fruits de vertu !
Mais pour combien n'en a-t-il pas été ainsi? Cette foi si vive, cette vue si claire des choses de Dieu, elle s'est obscurcie : elle a vacillé comme une flamme qu'atteint un souffle ennemi, elle s'est éteinte peut-être... Comment, pourquoi, à quelle date? Ah!
vous le savez, c'est au moment où vous avez lâché la bride aux désirs de votre cœur, à ces désirs qui vous font rougir; c'est au moment où votre amour-propre est devenu le grand, le premier, l'unique mobile de vos actions, où votre orgueil a chassé l'humble docilité de
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l'enfance. En un mot, la vue de Dieu, la vue de la foi s'est affaiblie avec la pureté de votre cœur. Elle ne renaîtra, elle ne grandira qu'avec la pureté recouvrée. C'est là une règle sans exception : Beati mundo corde.
Il y a des époques, il y a des pays où la pensée de Dieu, oia la vie religieuse s'affaisse, perd son empire et semble disparaître. Alors les temples de Dieu se vident, alors les autels sont délaissés, les mystères sont bafoués, l'Évangile est traité de mythe, de chimère. Jésus-Christ n'est plus qu'un imposteur habile, en même temps qu'un penseur fin et délicat. Alors la voix de la prière cesse de se faire entendre, et ce monde devient un chaos discordant de passions, d'intérêts, d'affaires, de douleurs sans consolation, de plaisirs sans rassasiement.
Quelles sont ces époques d'obscurcissement religieux ? Qu'est-ce qui les rend possibles? Je puis me dispenser de répondre et laisser les faits répondre pour moi. Eh bien ! les faits nous répondent invariablement que les époques et les pays qui ignorent le plus, qui blasphèment le plus, pour qui les vérités