‹ Les BéatitudesChapitre 53 sur 59 · I. JOAN., VII · texte numérisé non relu

I. JOAN., VII

?. Td., m, 10-21.

monde, par la guerre contre l'Évangile, guerre publique ou privée, guerre ouverte ou hypocrite et cachée, mais toujours la guerre. Que veut la politique de l'Évangile? Elle sort tout entière de cette grande parole du Maître : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » A César le gouvernement des choses de ce monde, la conduite des armées, le soin des intérêts civils; à César l'administration, la paix et la guerre. Jamais de violence, jamais de révolte, jamais de révolution pour le renverser, car « tout pouvoir vient de Dieu : Omnis enim potestas a Deo ^ » A Dieu ce qui est à Dieu, c'est-à-dire le libre domaine des consciences. A l'Église la liberté d'accomplir ici-bas son œuvre tout entière; et, pour cela, elle ne cesse jamais de demander aux puissances de ce monde la liberté de son chef et de ses membres, la liberté de ses associations, la

I. Reddite ergo quae sunt Caesaris Cœsari et quae sunt Dei Deo. — Remarquons que cette grande maxime qui a créé la civilisation moderne est partout dans THlvangile. Mattu., XXII, 21. -^ Marc, xii, 16. — Luc, xx, 25. — S. Paul Rom., xiii, 1-7.

BEATI QUI PERSECUTIONEM PATIUNTUR 247

liberté de son enseignement, la liberté de sa charité. Que son chef, comme un autre Jésus- Christ sur la montagne, puisse librement faire entendre sa voix à toute là terre, enseignant la justice, condamnant les erreurs, montrant aux hommes, qui l'oublient sans cesse, cette vérité « qu'il faut connaître la vérité pour avoir la liberté : Veritas libérabit vos. » Que les institutions de l'Église, ses missionnaires infatigables, son admirable hiérarchie, ses ordres religieux, puissent étendre partout, sans entraves, leur influence salutaire, leurs bienfaits, leurs exemples, leurs leçons ! Que sa charité surtout, cette fille céleste de l'Évangile, cette vertu dans laquelle l'Évangile se résume tout entier, que sa charité soit libre, qu'elle descende de toutes les hauteurs, qu'elle coule sur toutes les pentes, qu'elle atteigne jusqu'aux plus profonds abîmes, comme ces fleuves qui naissent de hautes montagnes et qui vont sans obstacle, après avoir fertilisé vingt régions, s'être divisés en mille ruisseaux, se perdre dans l'Océan !

Voilù, mes Frères, ce que demande, voilù

ce qu'exige, voilà ce que réclamera jusqu'à la fin la politique de l'Évangile : c'est là son droit inébranlable parce que c'est son devoir; car tout cela est compris dans la parole du Maître : « Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Allez et enseignez toutes les nations. ';)

Que dit cependant la politique du monde: Au temps où elle était toute païenne, et représentée par Hérode ou par Néron, elle disait hardiment : Tout est à César et rien à Dieu. César était souverain pontife; bien plus, il était Dieu lui-même; il avait des temples et des autels, et les chrétiens, les premiers d'entre les hommes qui se soient rencontrés pour lui refuser l'encens et les sacrifices, les chrétiens étaient envoyés au supplice; c'était la loi commune et le légitime spectacle de chaque jour. C'est encore l'autorité que s'arroge la politique du monde partout où règne encore l'infidélité, partout où s'est introduit le schisme ou l'hérésie : là, la conscience, séparée de la vérité qui est Jésus-

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