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à votre générosité pour les pauvres et pour les œuvres. "
Le cœur humain est ainsi fait. qu’il n’apaise jamais facilement l’ardeur de ses désirs; à mesure qu’affluent les richesses, il en veut davantage ; nombre d’exigences, auxquels on ne songeait pas, surgissent de la situation qui grandit, exigences parfois sérieuses, exigences encore plus souvent imaginaires ou exagérées ; il fant une toilette plus variée, un ameublement plus confortable, des moyens plus rapides de locomotion, une maison plus spacieuse, une dot plus importante pour les enfants, des revenus plus conSdérables pour assurer leur avenir; en fin de comptes, si la fortune a augmenté, la générosité diminue parce qu’on ne veut plus rien se refuser; pour la même raison telle personne riche sera moins généreuse qu’une autre dont les moyens sont réduits; celle-ci sait s’imposer des sacrifices; celle-là n’en fait jamais!
L'âme : détachée ne connaît pas la parcimonie dans l’usage de ses biens: elle est bonne et généreuse envers tous; elle le sera d’abord envers les siens ; elle soulagera discrètement les personnes de sa famille, frappées par l’infortune ; elle sera ‘encore particulièrement bonne envers ses serviteurs, veillant à leur assurer un peu de bienêtre dans leurs vieux jours ; elle prend bien garde Surtout de n’oublier aucune détresse parmi toutes celles qu’elle peut soulager; elle assiste 16 pauvre, elle le secourt: si élle le peut, elle le sert et ie soigne elle-même, simplment, joyeusement, surnatu-
rellement, en le considérant comme son Sauveur, -
étendu sur la Croix ; elle est généreuse ‘aussi quand le prêtre lui tend la main pour une église, une école, un orphelinat, un hôpital; il Ini semble voir encore et entendre, son Dieu lui répétant “c’est pour moi”. Qui pourra dire les merveilles qu’elle accomplit alors ? depuis dix-neuf siècles, le monde se couvre de ses œuvres ; oui, heureuse l’âme détachée de sa fortune et qui ne s’en occupe qu’afin de glorifier Dieu et de répandre un peu-de bonheur parmi ses frères d’exil! à elle déjà la reconnaissance de la terre, à elle bientôt le bonheur du ciel où Dieu l’attend pour la traiter comme elle aura traité les autres! “ Bienheureux les pauvres en esprit; car le royaume des cieux leur appartient!” Ê
Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit encore: “Heureux les Cœurs purs, car ils verront Dieu !” —
Quelle est cette seconde condition du bonheur ? En quoi diffère-t-elle de la première ?
Le détachement de l’esprit est le côté négatif
| de la perfection; les entraves sont brisées; l’âme
est libre, elle peut prendre son essor. — La pureté du cœur constitue le côté positif de la perfection ;
Vâme s'attache de nouveau ; elle aime et qui ? . Dieu d’abord, -de toutes ses forces: ensuite, après
Dieu, tous ceux qu’Il veut qu’elle aime, parce qu’Ii
‘veut qu’elle les aime, et dans la mesure où Il le
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La pureté du cœur, c’est l’ordre dans les affections; tout y vibre, tout y est délicatesse exquise, mais en même temps tout s’y règle, tout sy harmonise, suivant la très sainte volonté de Dieu; tel un ciel étoilé où chaque astre a la place, le mouvement, la direction, l'éclat que Dieu lui a donnés ; l'âme pure est plus ravissante encore ; la beauté divine s’y reflète comme la lumière d’un jour pur dans un lac transparent.
Vous la cherchez: n’est-elle pas légion autour de vous ?
La voici à l’ombre de votre foyer, grandissant sous la protection des anges'et des saints qui le gardent! c’est cette petite âme d’enfant, . 1core toute resplendissante de la grâcé' baptism.', et dont vous éloignez, avec tant de vigilance, jusqu’à - Pombre du mal. Ah! courage! soyez de plus en - Plus ferme ‘pour la préserver de toutes les laideurs
de l’égoïsme et de l’amour propre ; qu’elle vous aime, qu’elle aime son père, ses frères, ses sœurs! qu’elle aime son Dieu par dessus tout! ah! déjà, elle le reçoit, dans la sainte communion, avec une angélique piété : Jésus rayonne dans le cœur de votre enfant, comme du haut de Pautel, dans l’ostensoir d’or. =. |
Le cœur pur, le voici encore près de vous! c’est ce jeune homme que vous avez su élever dans la foi, dans le culte de tout ce qui est grand et beau ; il a vingt ans; l'avenir lui sourit; il vous aime, vous, son père, toute sa famille, plus qu’il ne saurait le dire; il s’efforce d’être chaque jocr plus ligne de la fiancée que vous lui avez choisie; sou-
dain, il lui semble entendre la voix de Dieu; elle
l'invite à défendre là-bas la cause du Droit, de la ,
liberté de la vieille patrie française ; il part! Cœur ardent et cœur pur! Tout y est grand, tout y est à sa place! il aime son père, sa mère, sa fiancée; il aime encore plus son Dieu et son pays ; que c’est beau !
Et le cœur de cette jeune fille ? elle a prié, interrogé ses bons parents, consulté l’homme de Dieu ; elle sait maintenant sa vocation ; à ses goûts,
à ses aptitudes pour le gouvernement d’une mai:
son, à une rencontre providentielle peut-être, elle
a reconnu la volonté de Dieu sur elle: c’est le mariage! Son cœur se déchire; elle aimait tant sa mère, toute cette chère famille qui l’er toure depuis sa petite enfance de dévouement et d'affection, sa petite chambre, blanche et bleue, où elle aimait chaque soir à se retrouver seule avec Jésus ! Qu'importe ! il a parlé! elle quitte sans hésiter tout ce qu’elle chérissait; elle entre résolument dans Vinconnu d’une nouvelle vie; elle en accepte, le sourire aux lèvres, toutes les graves responsabilités; elle aussi, par amour pour Dieu, elle veut, … élle saura élever, coûte que coûte, une famille nombreuse et chrétienne: c’est un cœur pur!
Le voici encore! Sa jeune sœur a entendu un autre appel ; Jésus lui demande de se consacrer au service du pauvre, du malade, du vieillard, de l’orphelin, ou de se consumer, derrière les grilles d’un cloître, dans une vie de prières et de pénitences, comme le cierge de l’autel. La nature s’insurge; le cœur bondit ; l'imagination s’épouvante ; toutes
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les voix du monde et de l’enfer rugissent: “ Non! tu ne peux pas t’ensevelir toute vivante à vingt Ans!” Mais elle aime son Dieu par dessus tout ; il dit tout bas: « Oui, sois religieuse; ce n’est pas la mori, c’est la vraie vie, la mienne ! ” C’est fait! elle se donne à son Dieu dans un élan d’héroïsme qui durera toute sa vie. — N'est-ce Pas d’une beauté sublime ?
Les cœurs Purs Dieu les voit dans cette assigtance! Cœurs de mères intrépides qui acceptent
veuves chrétiennes, debout, comme la T. S. Vierge, st: le Calvaire, et sachant s’y créer comme elle
gues, et, d’avance, toutes les déceptions ; CŒurs ma- £nanimes, cœurs bénis, encourageant des êtres bien aimés à tous les sacrifices Pour sauver, au péril de leur vie, la cause de la civilisation, du
Les cœurs Purs, ah! Dieu les voit dans le monde entier ! il les compte pur millions ; saluons-les avec un profond respect; ce sont leg élus de demain! Jésus-Christ Pannonce: « Bienheureux les cœurs Purs! Car ils verront Dieu ! ” É
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Cette parole de l’Eternelle Vérité n’a-t-elle pas aussi un autre sens ?
Si vous gardez vos cœurs purs jusqu’à la mort, oui, vous verrez Dieu au ciel, dans un éternel face à fee; mais aussi, vous le verrez déjà sur terre, comme à travers un voile, chaque jour plus diaphane.
Vous le verrez dans ses œuvres, jusque dans les moindres: dans la fleur dont vous respirerez le . Parfum, dans le fruit dont vous goûterez la saveur, dans le souffle d’air pur que vous respirerez, dans le rayon de soleil qui baignera vos yeux de sa douce lumire; vous direz: “ tout cela, mon Dieu, vous l’avez préparé pour moi, de toute éternité.” Vous le verrez dans les événements de votre vie, dans ceux du monde entier, puisque rien n’arrive, sans son ordre Ou sans sa permission.
- Vous verrez Dieu dans vos épreuves; elles ne seront plus pour vous les décrets d’un destin aveu- gle et inexorable, mais les inspirations d’un amour très tendre et très éclairé dont vous le bénirez éternellement.
Vous verrez Dieu, vous verrez le rayonnement de sa bonté dans toutes les affections de la famille, dans la douceur de l'amitié, dans tous les saints dévouements.
Vous verrez Jésus et ses souffrances dans le Pauvre; vous verrez Dieu et son autorité dans vos supérieurs, dans son Eglise, dans tous ses représentants près de vous. |
Vous verrez Dieu, dans son Eucharistie, à travers la splendeur de sa Parole, encore mieux que dans la lumière de son soleil.
Vous verrez Dieu plus que jamais à travers les ombres de l’agonie; déjà, se soulèvent les coins du
Et parce que dès ici-bas Vous verrez Dieu à proportion de la pureté de Vos Cœurs, dans cette même mesure votre vie aura un charme et des consolations inexprimables ; Parce que vous verrez Dieu dans ses innombrables bienfaits, Chaque jour votre Cœur s’emplira pour lui d’une plus douce recon-, naissance ; parce que vous le verrez dans vos épreuves, vous serez résignées ; parce qué' vous le verrez dans les souffrants de ce monde, vous serez miséricordieuses ; parce que Eglise et dans toute aut
humbles et dociles ; parce que vous le verrez d’une
foi plus vive dans son Eucharistie, vous le récevrez dans vos cœurs a
à lui avec toute la sérénité d’
une confiance sans bornes et d’une joie sans mélange, Ah! cœurs Purs, vous aurez vu D:
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En vous le disant, je comprends mieux que jamais votre magnifique mission, à vous, femmes chrétiennes, dans une grande ville comme celle-ci.
Les grandes villes, mêmes les meilleures, surtout quand elles se développent rapidement, comme la vôtre, courent deux périls très redoutables.
Le premier c’est l’importance, chaque jour plus considérable qu’y prennent les affaires ; c’est l’augmentation incessante de la richesse; c’est la formation rapide, j'allais dire “la génération spontanée” de fortunes prestigieuses ; alors dans cet
afflux de ressources matérielles et dans la fièvre :
qui lPaccompagne, il n’y a bientôt plus qu’une idée ; elle domine, elle s’impose, elle fascine, elle hypnotise : c’est de s’enrichir au plus tôt Pour jouir à son tour d’une vie facile et brillante. Le second danger est encore plus grave: c’est le Cosmopolitisme ; c’est l'invasion des étrangers ; ils ont appris la prospérité grandissante de la ville privilégiée; ils entrevoient son magnifique avenir; et ils accourent, ils se multiplient, ils: apportent leurs idées, leurs mœurs, leurs traditions, leur langue, leurs plaiairs, -leurs fêtes, leur besoin de s'étendre, de s’élever, de dominer, et alors, tout s’altère autour d'eux: là foi, les esprits, les cœurs.
Voilà les deux périls des villes prospères : le premier, c’est l’obsession de la richesse; le second, c’est la corruption qui s’insinue, lentement d’abord et sournoisement, puis à ciel ouvert et vite, par le journal, par le livre, par les modes, par les spectacles, par les réceptions mondaines, par les conversations et les rapprochements de chaque jour.
mie 18.
Votre admirable Montréal n’échappera pas à cètte loi de l’histoire ; tôt ou tard, et, à raison même de sa vitalité, les deux splendides apanages de l’âme catholique y serort menacés: le royal désintéressement et la divine pureté du cœur.
A vous, Mesdames, de les défendre! à vous de les garder jalousement pour les transmettre intacts à vos fils, et à vos filles, à cette cité tout entière qui fut, qui est, qui sera toujours la ville de Marie! .
Non! sous aucun prétexte, pas de compromission avec lea idées, avec les mœurs, avec les cultes opposés aux vôtres! Veillez sur votre chère cité de Montréal, priez pour elle, comme Ste-Geneviève, comme Ste-Clotilde veillaient: sur Lutèce au moment où elle allait devenir Paris; quand tout le reste serait submergé par le flot envahisseur que vos âmes catholiques n’en fassent qu’une, dans la même indomptable résolution d’être l’arche sainte - où votre patrie, où notre race trouvent toujours, dominant tous les naufrages, le désintéressement chrétien et la pureté du cœur, sauvegardes néces- sSaires de votre dignité, de votre grandeur morale, de votre influence bénie et de votre salut, anges tutélaires de vos foyers, de votre patrie, de la 80ciété tout entière ! Améën ! Fe: