Java (Océanie
L'Europe^ comme on a pu le remarquer^ fait presque à elle seule les frais de l'exposition des arts. L'Asie «t l'Afrique n*y figurent pas même de nom. Quant à l'Amérique du Nord, si elle occupe un rang distingué dans le Palais de l'Industrie, il ne parait pas qu'elle ait encore appliqué aux beaux-arts cette aptitude merveilleuse qu'elle apporte au commerce et aux affaires. C'est que l'art, en effet, est encore un progrès sur la ci^ vilisation.
Mais, sans sortir de l'Europe et en poussant plus avant notre enquête, ne pouvons-nous pas, à l'aide de simples chif&es, constater le progrès incessant des peuples de race anglosaxonne sur les nations gréco-latines, qui semblaient cependant prédestinées au culte des arts? Ainsi, tandis que l'Angleterre, l'Allemagne et les Pays-Bas rivalisent avec l'école française pour le nombre et le mérite des œuvres, l'école espagnole, autrefois si florissante, s'efface au second rang; l'Italie moderne est reléguée au-dessous de la Suisse; la patrie de Raphaël et celle de Michel-Ange envoient à peine quelques tableaux; la Grèce contemporaine, Athènes, qui se dit régénérée, ne produit pas une seule œuvre d'art. Cette stérilité est d'un triste augure, et la critique aura sans doute à justifier bientôt les inductions de la statistique.
La méthode ethnographique adoptée par le catalogue de l'exposition des Beaux-Arts pour le classement des œuvres étrangères, nous semble défectueuse en ce sens qu'elle prend pour cadre des divisions purement politiques, au lieu d'établir, comme nous l'avons fait, des groupes d'Etats qui répondent mieux aux zones artistiques. L'école allemande de Dussel*
dorf^ par exemple^ n6 domine-^ elle pas les petites divisions de Bade, Nassau, Hesse, etc., mentionnées séparément au catalogue étranger ? Un autre inconvénient de ce système est d'attribuer à l'Allemagne les œuvres des sculpteurs de Milan et de Venise, qui procèdent évidemment de l'école italienne. L'Italie n'a déjà pas trop de ce qui lui reste. 11 est prouvé d'ailleurs que l'art et la littérature conservent au milieu des vicissitudes politiques, une sorte de nationalité.