Les beaux-arts au Palais de Monaco avant la révolution
Au moment où pa^^ait ce premier fragment d'une étude sur Vhistoire artistique dio Palais de Monaco^ on me pardonnera si je ne puis contenir l'expression d'tone douloureuse émotion.
Ce travail avait été inspiré et tout particulièrement encouragé par M. le baron de Boyer de Sainte-Suzanne. En V entreprenant^ j'avais déféré à un désir fréquem^nent exprimé par l'auteur des Notes d'un Curieux.
D'autres diront les ém.i7ientes qualités de M. de Sainte-Suzanne comme ad^ninistra-
teur; je veux ici payer un tribut de regrets à Vérudit ingénieux et sagace^ au chercheur fin et pénétrant, qui laisse sur l'histoire des arts des travaux justement recherchés.
M. de Sainte- Suzanne avait pour les études d' archéologie et d'histoire un goût déterminé. Dans toutes les résidences où sa carrière administrative l'avait conduit^ il s'était préoccupé des dépôts historiques qui s'y trouvaient conservés.
Les richesses contenues dans les masses confuses qui constituaient presqu'en totalité les archives du Palais de Monaco^ depuis les bouleversements révolutionnaires ^ devaient grandement exciter sa curiosité. Il avait tenté d'en débrouiller lui-même quelques parties^ et cette tentative avait suffi pour lui faire mesurer l'étendue des découvertes réservées à V exploration 'inéthodique de ce précieux dépôt.
Aîissï, lorsque la haute confiance du Prince eut appelé celui qui écrit ces lignes à V organisation et à la conservation des Archives du Palais^ jjersonne n apporta un intérêt plus vif que M. de Sainte- Suzanne aux révélations de tout genre que chaque jour apportait.
Parmi ces trouvailles , M. de Sainte- Suzanne avait naturellement accueilli avec une faveur particulière celle des inventaires des objets d'art réunis au Palais depuis le XVP siècle.
Tétais do7ic heureux^ en soumettant au public V histoire et la description de ces richesses artistiques tnaintenant dispersées^ de me rencontrer si co'inplètement dans Vordre des études de prédilection de M. de Sainte- Suzanne^ de même que je me flattais de trouver dans sa grande bienveillance et dans son érudition si sûre en cette matière, de
puissants encouragements et de précieux conseils.
A ce titre^ le lecteur comprendra combien je tiens à inscrire en tête de cette étude le nom de M. le baron de Boyer de Sainte- Suzanne.
G. Saige.
15 Mars 1884,