MONUMENTS D'EUROPE ET D'AFRIQUE IBS
Ëg^te. — Tunisie. Algérie. SafetoU. Leptis. — En Egypte, la Title d'Antinoeua ou d'Aotinoopolia, de style grec, avec des portiques et des colonnes corinthiennes, fut élevée par Hadrien près de l'endroit où son favori Antinoiis s'était noyé dans le Nil. Dana la Tripolitaine, le village de Lebda semble perdu au milieu des ruines de Leptis-la-Grande, qui compta 100,000 habitants et dont les magnifiques monuments sont k moitié enfouit
fie- tOJ. — Lo Temple de Vesta (Roina).
dans les sables'. Leptis fut surtout embellie par Septime* Sévère, qui en était originaire. Mais les troupes françaises ont rencontré en Algérie, jusque sur la frontière du désert, des ruines sans rapport, par leur importance et leur beauté, avec l'état actuel du pays, à Guelma, à Lambessa, àTheveate, à Djimilah'. En Tunisie il y a mieux encore-
]. Quelques- unes dds pluabc
.C8 do Lopli. ,
mt ^të
tran
sporWw
lagnidogal
!erie di
iLoL
ivre, qol
ia dc9 Pr«9.
B bouri
;^ic,
, les ml-
■un"emplo."L
woffil
Cran^i,
-«ompsgn;.
icDt le*
il suffit de citer Tamphithéâtre de Thysdrus, le temple de Dougga, Taqueduc de Tunis et surtout les restes imposants de Sufetula (aujourd'hui Sbeitla, 200 kil. de Tunis). Cette ville, située dans Tintérieur des terres, au milieu d'une région autrefois très peuplée, nous montre des temples, des colonnades, des arcs, des tours, des tombeaux, des remparts. « C'est la Baalbek de l'Afrique. »
Asie. — Baalbek ^ Pétra. Daphné. Housmieh. — Mais Baalbek n'en reste pas moins un ensemble architectural sans rival, et l'œuvre la plus considérable de ce temps. On y trouve réunies les formes classiques de l'hellénisme et les dimensions colossales des constructions de Ninive et de Babylone.
« Les proportions colossales des monuments de Baalbek, qui ferment l'horizon, dit M. E. Melchior de Vogué •, nous trompent sur la distance qui nous en sépare : il semble qu'on les touche, et en réalité il faut quatre ou cinq heures pour les atteindre. Nous entrons enfin dans l'îlot de verdure que la ville doit à sa petite rivière, nous tournons quelques minutes entre les ruines des murs romains, et nous nous engageons dans un des vastes et ténébreux souterrains, entrée actuelle de l'Acropole, pour déboucher sur la plate -forme des temples, éblouis, stupéfaits des merveilles qui nous entourent. Le tertre sur lequel s'élèvent ces merveilleuses constructions est artificiel et contient de vastes substructions voûtées. Il a 4 kilomètres de pourtour. Les architectes avaient à triompher de cette difficulté : élever des monuments dans une plaine et placés entre deux chaînes de montagnes, sans
expéditions. Les premières fouilles de Djimilah furent faites, au début de l'occupation, par M. A. Peyre, alors lieutenant d'état-major du génie, avec « un savoir et un zèle » que signale l'Exploration scientifique de VAlgèrie {Beauai-arts, par A. Ravoisier, 2 vol. in-folio, 1846 et suîv.). Sur les monuments de la Tunisie, voir les travaux de M. Saladin et l'ourrage de Gagnât et E. Bœswilwald, Timgad, une cité africaine sous l'Empire romain, 1894 et suir.
1. Près des sources de TOronte, dans la région du grand Hermon (Syrie).
2. La Syrie. V. aussi : Volney, les Ruines; Lortet, Tour du Monde, 1882, 2« vol.; les restaurations de Joyau et Redon (Ecole des beaux -arts) et H. Fraubergcr, l'Acropole de Baalbek, in-fs Francfort-sur-lc-Mein, 1892.
que l'effet fflt diminué par ce redoutable voisinage. Ils y out si bien réussi que les monUgnei entrevues à travers lea colonuades apparaissent rapetissées et qne, de quelque côté qu'il regarde, le spectateur aperçoit toujours le ciel entre les frises et le plafond. »
Les propylées qni se tronvenl au sommet d'un escalier manamenlal donnent enlr^ dans une vaste cour hetagODale précédant le forum des marcbands, au fond duquel se trouve le
FiB- lOS. - RQipas de Baaibck, d'après MarUlut.
Ic-mple du dieu du jour, Baal ou Hélios, d'où les deux noms de la ville : Baalbek et Héliopolia. Les colonnes du grand temple ont, entablement compris, une hauteur de 23 mètres. Le temple de Jupiter, ou petit temple, est un des mieux conservés ; il a 227 mètres de longueur sur 117 de large. La hauteur des colonnes avec base et chapiteau est de 19<°,S1 ; le diamètre, i'^,90. La terrasse sur laquelle il est placé est
20 mètres de lODg sur 5 de large et de haut. Bien de plus parfait que la coupe de ces pierres énormes, dont trois suIG-
sent au fût d'une colonne. Elles ne sont jointes par aucun ciment, et cependant la lame d'un couteau n'entre pas dans les interstices. Ces trois pierres sont reliées entre elles par une pièce de fer carrée fichée en creux dans leur centre et scellée avec du plomb. Ces axes remplissent si bien leur objet que plusieurs colonnes ne se sont pas disjointes dans leur chute, que cette chute soit le fait de tremblements de terre qui ont plus d'une fois éprouvé la contrée, notamment en 1759, ou bien que les Arabes les aient renversées pour en retirer les métaux. En dehors de l'enceinte, an milieu des jardins, s'élève entre autres un temple circulaire, mais dont la corniche forme des arcs de cercle rentrants, supportés par des colonnes corinthiennes monolithes. Les inscriptions des propylées de Baalbek sont en l'honneur d'adrien.
A la même période se rapportent le grand tombeau à deux étages de Petra, les grands travaux faits à Smyrne et à Pergame (aux amphithéâtres], ainsi qu'une bonne partie des immenses constructions exécutées à Antioche, dont le faubourg de Daphné a mérité d'être appelé par M. S. Reinach TOlympie de Tépoque impériale. Un édifice de dimension médiocre, le prétoire de Phaena (Mous« mieh, au sud de Damas), ne saurait être non plus oublié. Elevé parles soldats des légions IIP Gallique et VI® Flavienne, sous la direction du centurion Egnatius Fuscus, pendant l'administration d'Avidius Cassius, il présente une première idée du pendentif.
Sculpture. — Imitation égjrptienne. Archaïsme. —
Le goût du cosmopolitisme, joint au goût de l'archaïsme, se montre mieux dans la sculpture ; les tendances de l'école de Pasitélès se manifestent, par exemple, dans V Espérance du Louvre. On imite quelquefois les sculptures assyriennes. On imite surtout l'Egypte pharaonique*, qui fut alors l'objet d'un véritable engouement, comme on le vit en
1. La pyramide do Gaïus Cestius, à Borne, date des derniers temps de la Bépubliqiie. Les empereurs firent transporter a Rome plusieurs olbélisques; six sout encoro debout.
SCULPTURE. — archaïsme
France, mais pour quelques années seulement, après l'expédition de Bonaparte. On Timite même pour la forme des
Fig. lOT.^Nonius Balbus l'Ancion, statue provenant de la basilique
d'Herculanum. (Naplcs.)
meubles et des objets usuels. D'ailleurs le culte de Sérapis se répandait de plus en plus dans la Méditerranée centrale Sculpture grecque. — En dehors de ces préoccupations artificielles, la sculpture grecque continue à produire des œuvres qui méritent une haute estime : telles que les bustes ou statues d*Antinoiis, les deux centaures en
190 L'ART BOMAIN
marbre noir d'Aristias et Pappias, trouvés dans la ville d'Hadrien (Capitole). On se plaît aux statues colossales (le Nil au Capitole, la Pallas de Veliétri et le Tibre qui s.mt au Louvre, l'Apollon de Lillebonne). On exécute même des s cbryséléphantins, par exemple le Neptune donné par Hérode Atticus au temple qui était consacré à ce dieu dans l'isthme de Corinthe.
Sctilpture romaine.
— les statues équestres. — La colonne Trajaoe. — Les sarcophages. — La sculpture romaine excelle alors à re'présenter les chevaux. Les arcs de triomphe étaient souvent surmontés d'un quadrige. Les célèbres chevaux de Saint-Marc à Venise, où l'on a pu voir des originaux de Lysippe, ont été considérés par
la fin du 1°' siècle après }.'C. Nous n'avons plus les statues équestres de Domitien et de Trajan ; mais celle de Marc-Aurèle se voit au sommet de l'escalier du Capitole ; c'est une œuvre de premier ordre'.
LA COLONNE TRAJANE bas-relief se
développe sur les arcs de triomphe et les colonnes monumentales avec une magnificence qui n'a pas été dépassée. La colonne Trajane comprend cent sujets et plus de deux mille cinq cents figures.
Les figures, au lien d'être disposées comme au Parthéuon, sans grand relief, le plus eouTcnt de profil , de manière à valoir par ellesmêmes, sont accumulées, superposées comme dans :
des peintures. Mais les dé- ' caractéristiques de In Fonction ou de la nationalité ' u personnage , les types , ;s costumes, les armures, 9 disposition des groupes, a nature des sujets, font de ce monument uD document historique à peu près unique, et l'on a pu dire que la colonne Trajane était pour la vie militaire des anciens Romains ce que Pompéi est pour leur vie civile*.