‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 11 sur 120 · CONSTRUCTION DES PYRAMIDES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES PYRAMIDES

ramides, ces monuments ne sont pas seulement remarquables par leur dimension ; ils présentent aussi une admirable habileté d'appareillage, même pour les plus grandes masses. Dans les galeries intérieures, les pierres sont si bien jointes et si bien équilibrées qu'encore aujourd'hui on ne pourrait passer Tongle dans les interstices. Les plafonds en dalles posées sur des poutres de pierre qui couvrent les chambres sépulcrales ont supporté depuis des milliers d'années le poids colossal qui les surmonte. Mais ce qui nous étonne le plus, c'est que l'on ait pu remuer ces matériaux énormes, étager ces prodigieuses constructions, dresser enfin des obélisques, lorsqu'on n'avait à sa disposition que le plan incliné, la roue et la poulie. Il faut, pour se l'expliquer, penser au respect de la discipline inné chez les Égyptiens, et au pouvoir absolu des rois qui les gouvernaient.

Un jour, raconte Maxime Ducamp ^, me trouvant dans les ruines de Thèbes, je m'écriai involontairement : « Mais comment ont-ils fait tout cela ? » Mon drogman Joseph, qui est un grand philosophe, me toucha le bras, et, me montrant un palmier qui se balançait au loin, il me dit : « Voilà avec quoi ils ont fait tout cela. Savez- vous, signor, qu'avec cent mille branches de palmier cassées sur le dos de gens qui ont toujours les épaules nues, on bâtit bien des palais, et des temples par-dessus le marché ! ». C'est là une application utile peutêtre, mais assurément très indirecte, du bois à l'architecture.

La Bible nous a conservé le souvenir des vexations auxquelles les corvées exposaient surtout les peuples tributaires.

Les artistes qui élevaient ces édifices gigantesques avaient déjà aussi le sentiment de l'élégance, comme le montre le petit temple de granit et d'albâtre découvert par Mariette auprès de la pyramide de Chéphren.

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