‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 112 sur 120 · III. -MUSIQUE · texte numérisé non relu

III. -MUSIQUE

Malgré la passion Qvec laquelle les nobles et les riches romains recherchaient les œuvres artistiques , il ne paraît pas qu'ils aient eu une très grande considération pour les peintres ou les sculpteurs , ni qu'ils se soient exercés souvent eux-mêmes à pratiquer leur art. Il n'en est pas de même de la musique, qui devint au i®*" siècle avant J.-C. un des passe -temps favoris de l'aristocratie romaine. Sylla entre

1. Ce vase, aujourd'hui au Musée Britannique, fut découvert rempli de cendres dans le tombeau d'Alexandre Sévère, sous le pontificat d'Urbain VIII 11 est très probable qu'il contenait les restes de cet empereur.

autres était un bon chanteur. On sait quelles furent les prétentions de Néron sur ce point. Hadrien lui-même se vantait de son habileté à chanter et à jouer de la cithare. On ne pouvait se rappeler alors sans étonnement que, vers le temps de la prise de Corinthe, un préteur romain, voulant rendre un concert qu'il donnait le plus beau et le plus varié possible, avait eu ringénieuse idée de réunir dans un théâtre les plus célèbres musiciens de la Grèce et de leur ordonner de jouer en même temps un air différent ! La période romaine marqua même pour la musique grecque, qui était en décadence au début de l'ère chrétienne, une véritable renaissance.

La musique prit alors une plus grande part aux fêtes publiques, et, comme nous l'apprend Plutarque (la Musique, 27), tous ceux qui s'occupaient de musique se tournaient de préférence vers le théâtre. Déjà Sénèque dit que de son temps, dans les chœurs de théâtre, on comptait plus de musiciens qull n'y avait de spectateurs dans le temps passé. L'art des instrumentistes se perfectionnait, et c'est alors que se généralisa l'usage de l'orgue hydraulique inventé par le mécanicien Ctésibios d'Alexandrie, vers 130 avant J.-C. Dans les jeux Capitolins , il y eut des prix pour ceux qui chantent en s^accompagnant de la cithare et pour lies joueurs de flûte. L'audition du concours avait lieu dans un théâtre circulaire, l'Odéon, que Domitien avait fait construire pour cela et qui pouvait contenir 10,000 personnes.

La musique n^a pas moins de succès dans les réunions privées, et pour ce que nous appellerions la musique de cham~ bre. La musique instrumentale et vocale entre dans l'éducation des jeunes gens. Elle entre même pour une part importante dans l'éducation des jeunes filles, qui jusque-là ne faisaient que se joindre aux chœurs religieux, et dorénavant c purent donner un nouvel attrait aux réunions de famille^ ». Le poète Stace vante le talent de sa fille Claudia, et nous savons que l'épouse de Pline chantait les vers de son mari en s'accompagnant de la lyre. Quelques femmes allaient plus loin , et joignaient au mérite de l'exécution celui de l'invention. Une inscription d'Aphrodisias en Carie décerne des honneurs à Gaia»

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