‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 115 sur 120 · I. — DES ANTOmilS A COHSTANTIII · texte numérisé non relu

I. — DES ANTOmilS A COHSTANTIII

Signes de décadence; tentatives nonvettes. — A partir

des Antonîas, l'art gréco - romain entre en décadence. Cette décadence progressive se fait bien moins sentir dans Tarchitecture que dans la sculpture ; mais là encore nous

avons, au début du lu* siècle, des œuvres pleines de caractère, comme les bustes de S. Sévère et de Garacalla.

Pour l'architecture, la pureté du style s'altère par l'oubli trop fréquent des principes logiques dans l'emploi des éléments architectonîques, par l'absence de propor* Fig. 120. tion des diverses parties, par l'abus d'une

ornementation tourmentée et lourde. Très souvent, les édifices de cette période présentent des colonnes appliquées sans emploi contre les murs ou surmontées de corniches interrompues ou portant des consoles saillantes. Ils ont même des colonnes torses. Pourtant on élève encore des œuvres grandioses et qui témoignent d'un effort intéressant pour créer les formes nouvelles.

Septime-Sévère. — Thermes de Garacalla. — Enceinte de Rome. — Au règne de Septime- Sévère se rapporte le temple du Soleil à Baalbek, l'arc de triomphe qu'on voit encore sur la voie Sacrée ou Triomphale, le splendide palais bâti sur des substructions immenses égalisant la pente S.-O. du Palatin. Les thermes de Garacalla, un des plus beaux exemples du génie romain, dit M. Corroyer, devaient avoir une longue influence sur les archi-

THERUES DE CARA.CALLA. — PALHYRB 307 lecles des siècles suivants. Aurélien donnait à Rome une nouvelle enceinte qui comprenait, outre ies sept collines, le champ de Mars, la colline des Jardins, et sur la rive droite le Janicule ; il y élevait aussi le lemple du Soleil.

Zénobie. Palmyre. — Mais c'est dans le désert syrien, au delà de Baalbek, à Palmyre, que s'éleva l'ensemble monumental le plus magnifique du m' siècle. Les débris qui en subsistent nous montrent que Zénobie ne se flattait pas outre mesure lorsqu'elle se vantait de' faire de sa capitale la rivale de Rome.

Dans l'espace qui cauTmit l'ancieuue Palmyre, dit Volney, on voit lantfit un palais dont il ne reste que les couru et les

murailles, tant&t un portique, une galerie, un arc de triotn~ phe. Ici les colonnes forment des groupes dont la symétrie est détruite par la chute de plusieurs d'entre elles ; là, elle? sont rangées en liles tellement prolongées que, semblables à des rangs d'arbres, elles fuient sous l'œil dans le lointain et ne paraissent plus que des lignes accolées. De toute part la terre est hérissée de larges pierres à demi entenéea, d'entablements brisés, de cbapitcaux écornés, de frises mutilées, de reliefs déQgurés, de sculptures eKacées, de tombeaux violés d'autels couverts de poussière, i La grande colonnade de Palmyre avait plus de 2 kilomètres et demi de longueur. Quinze cents colonnes corinthiennes, interrompues à intervalles réguliers par des arcades, formaient la grande avenue : cent cinquante sont encore debout. Ces colonnes portent, engagées dans leur fût, des consoles saillantes destinées à servir de pié-

destnuK à des bnstcB on il des statues et à porter des inscriptions bonorifiqaes. Palmyre, conquise par Aurélien, fut livrée aux flammes à la suite d'une réiolte. Elle ne diaparat point cependant, et l'on sait que Dioclétien fit traTailler à ses monumeats. Mats an ivi* siècle, Aboul-Féda n'en parle que comme d'une très petite ville an milieu de grandes ruines.

Dioclétien. — Quatre nouvelles capitales. — Palais de Salone. — Dioclétien, réorganisant l'empire et créant avec sa tétrarchie quatre nouvelles capitales, Nicomédie, Milan, Trêves, Sirmium, marque une date importante dans l'histoire de l'art monumental. Il voulut que Nîcomédie, sa résidence officielle, fût digne de rivaliser avec Rome. Antioche, Edesse, Carihage, reçurent de grands embellissements. Rome ne fut pas oubliée : on y voit encore les restes des thermes de Dioclétien, plus vastes

NICOMEDIE. — SALONB. — CONSTANTINOPLE 209

et plus somptueux que ceux même de Caracalla : il y avait place pour trois mille baigneurs ^ Mais c'est dans le palais que Dioclétien se fit élever à Salone, lorsqu'il eut abdiqué Tempire, qu'on peut le mieux juger l'art de ce temps 2.

Xa ville moderne de Spalato est en grande partie construite AU milieu de ses ruines et avec ses matériaux. De grandes avenues bordées de portiques conduisaient à une sorte de forum placé au centre. Il y avait dans son enceinte quatre temples. Mais l'intérêt particulier que présente cet ensemble architectural, c'est de nous indiquer quelques-uns des caractères qui se dégageront dans l'art byzantin. Sous l'influence de rOrient, des formes nouvelles dans Tart occidental commencent à apparaître. On y voit des colonnes supportant directement des arcades au lieu d'architraves. Le. temple de Jupiter, devenu la cathédrale de la ville, avec sa forme octogone, ses deux étages de colonnes, ses niches voûtées, et la coupole qui le couvre, annonce Saint -Vital de Ravenne.

II. — CONSTANTIN. - FIN DE L'ART PAÏEN. — DÉBUTS DE UART CHRÉTIEN LATIN ET DE UART BYZANTIN

Constantin. Triomphe du christianisme. Constantinople. — Le triomphe du christianisme et la fondation de Constantinople font du règne de Constantin une des grandes époques de l'histoire politique. Ces deux faits ne sont pas moins importants pour l'histoire de l'art. A l'un se rattache la constitution d'un art chrétien latin qui apparaît dans la basilique de Saint-Pierre; à l'autre, les débuts de l'art chrétien grec ou art byzantin.

Origines de l'art chrétien : les catacombes ' ; peinture,

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