‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 13 sur 120 · I. - LA SCULPTURE · texte numérisé non relu

I. - LA SCULPTURE

Influence des idées et des mœurs. — Influence des matériaux. — Le réalisme égyptien. — Le Sphinx. —

La sculpture est aussi vieille en Egypte que l'architecture. Dès les premiers temps , peut-être avant Menés , était taillé dans le roc Timmense sphinx qui , à moitié enfoui dans le sable, semble encore garder la sépulture des Pharaons; le Louvre possède les statues d'un fonctionnaire nommé Lepa et de ses deux fils, à peu près contemporaines de la pyramide de Sakkarah , et qui témoignent déjà d'un art plein de vie. Dès la IV® dynastie, la sculpture égyptienne compte des œuvres que Ton peut ranger parmi les plus remarquables qu'elle ait produites, et que les Grecs seuls sauront dépasser. C'est encore à leurs idées sur la mort que les Egyptiens doivent le caractère si personnel et les progrès si rapides de leur sculpture. Ils leur doivent aussi la variété des sujets

SCULPTURE. — CABACTÈRE GENERAL 9

représentés dans leurs bas-reliefs et dans leurs peintures, qui reproduisent toutes les scènes de la vie usuelle, clans toutes les prolessions.

En effet, les anciens Egyptiens croyaient que le mort contiouail à subsister eom m G une espèce d'ombre, comme un /touble de l'élre ïiïant. Ce double avait besoin d'une forme matérielle sur laqueîliî il pûl s'oppuyer; de là le solo qu'on prenait

plus grande durée pos- L ■ible, pur l'embuume- ^

rer ce résultai et obvier ji i U disparition possi- vble, de k momie, on ngt.

plaçait dans la tombe, P«liitor« «l polisugo d-ua eereu.il.

autant que le permettait la fortune de la famille, des représentations plastiques plus ou moins eiacles du défunt, et de» slaluelles qui devaient tenir lieu des domestiques destinés è son service. C'est pour cela également que l'on voit, dans les tombes égyptiennes, tant de peintures et de bas-reliefs représentant des aliments, des scèues de la vie de chaque jour ; on prononçait au moment de l'en sève lias émeut des incantations magiques qu'on croyait capables de donner une certaine vie à ces représentations, car le double revenait habiter la tombe

Aussi les sculptures égyptiennes , surtout dans les premiers temps, témoignent d'un sentiment très -vif de la nature ; les tête.3 sont variées et expressives, ce sont des portraits; les formes, quoique les détails soient volontairement éliminés, sont justes. C'est ainsi que les artistes de Mcmphis et de Thëbes savaient dégager avec une précision remarquable, même dans leurs bas-reliefs les plus simples, les traits caractéristiques du visage, du corps, du costume des divers peuples, de mani'ire à rendre parfaitement reconnaissables leur race et leur pays. On peut reprocher à leurs statues l'uniformité des poses.

la raideur, la symétrie exagérée des membres ; mais cela tient en partie à ce que les Egyptiens n'avaient à leur disposition que des matières ou trop tendres ou trop . dures S sinon des instruments imparfaits; et la sculpture égyptienne nous donne ainsi un exemple frappant de l'influence des moyens d'exécution et des éléments employés sur le génie des artistes. Car ce n'était pas l'inexpérience ou l'esprit de système qui, par exemple, attachait au torse les bras de leurs statues; ce qui le prouve, c'est qu'il n'en est pas ainsi dans leurs œuvres de petites dimensions et dans les statues en bois. Mais les grands arbres sont rares en Egypte.

Période memphite. — Supériorité de la sculpture égyptienne de Tancien empire. — Habileté technique : le Scribe du Louvre. — Ce caractère individuel de la sculpture égyptienne se montre avant même le temps des grandes pyramides, comme nous l'avons déjà dit. Bientôt elle produira des œuvres d'un art savant et plein de physionomie, comme le Pharaon Ghéphren et le Ramkédu Caire, comme le Scribe accroupi du Louvre, qui donne également une idée de la perfection où en était arrivée l'habileté technique dès le temps de la V** ou de la VI* dynastie.

« La figure est pour ainsi dire parlante. Ce regard qui étonne a été obtenu par une combinaison très habile. Dans un morceau de quartz blanc opaque est incrustée une prunelle de cristal de roche bien transparent, au centre de laquelle est planté un petit bouton métallique; tout l'œil est enchâssé dans une feuille de bronze qui remplace les paupières et les cils. » (Catalogue du Louvre.) Ce procédé, qui a été souvent employé par les Egyptiens, donne aune figure inani-

1. Le diorito, le granit, le porphyre, l'albAtre, mais pas de marbre. Il est possible qu'ils aient môme employé le diamant pour travailler le diorite. On sait par des monuments figurés que les Egyptiens ont connu le procédé do la mise au point pour la sculpture et de la mise au carreau pour la peinture.

SCULPTURE. — PERIODE HEHPHIIE 11

m^e nue physionomie d'une vivacitd eilraordinaire. Mariette raconte que, dans une de ses fouilles, la lumière, pénétrant bmequement daos le souterrain qu'on venait d'ouvrir, alla frapper le visage de deux statues : leur regard eut tant d'éclat et de vie, que les ouvriers reculèrent épouvantés. Revenus de leur terreur, et croyant a quelque sortilège, ils

truire a ces uauvais génies e, et il fallut les revolver pour les en empêcher.

Cette période de la sculpture égyptienne, qu'on peut appeler la période memphite, est la plus remarquable, quoique la plus ancienne.

Période tbébaine. — Les bas-reliefs de Earnac. — La statue de Hemuon. — La sculpture monumentale d'Ipsamboul. — Les statuettes. — Les ccuvrea de la période thébaine sont en général inférieures, même lors-

PERIODE THÉBAINB ,3

que après l'expulsion des Hycsos, l'Egypte atteint, ayec les Thoutmes, les Seli et les Ramsès, un degré de gloire et de puissance qu'elle n'avait jamais connu! et que l'art égyptien jouit d'une \é- "table renaissance. Les formes sont plus conventionnelles : les mêmes types, les mômes poses sont indéfiniment reproduites; l'art religieux semble devenir exclusivement sacerdotal et liturgique. H y a encore cependant des têtes expressives bien personnelles dans la sculpture monumentale, qui, intimement liée à la construction, présente le plus d'intérêt. C'est à cette époque que Séti !« et Séso'stria (Ramsès II) couvrent les murs de Karnac de bas-reliefs accompagné s d'i nsc ri pti ons

qui sont comme les bul- '' ''' ~ ^'•'"""" f'»"S„ir«

letins officiels illustrés de leurs campagnes ' ; qu'Amenoolep ni élève devant un temple qu'il avait fait bâtir à 1 hèbes sa statue colossale, dite de Memnon ' ; que Sésos-

W Egypte, s,

leivro,

«qu'île du Sinai]

un bai

s sur les popuUl.

ioosD.

■égyptienne.

i Gmm lui donni

rentla

s lunonmjil^ri.

rs du jour. Ca phùoniùna

Iris enfin Tait, entre autres , tailler dans le rocher mime lea colosses à'IpsambouL Ces oeuvres extraordinaires présentent, en dehors de leurs dimensions mêmes, un caractère rare de majesté et de noblesse. Gomme on l'a dit, cette sculpture s'accordait admirablement avec l'architecture égyptienne , qui éveille en nous l'idée d'une stabilité absolue et d'une durée sans bornes. Il faut remarquer d'ailleurs que les statuettes égyptiennes du même temps diffèrent beaucoup, et par le procédé d'exécution et par la variété des altitudes, des statues destinées à orner les édifices. Il n'y a certes pas là un sujet de blâme pour les artistes égyptiens.

Période saîte. — Dans la période aalte, l'art reste en- " core trop souvent conventionnel'. — Tout en produisant des œuvres considérables, il est plus occupé de l'élégance et de la finesse : il cherche davantage à bien rendre le détail des formes. Il ne retrouve pas peut-être le sentiment grandiose qui marque les œuvres des temps

Honibto pas avoir été connu des sncienB EgjplienB et paraît ne s'ilra produit que lorsque la status était ii\k fort dégradée. L'empereur Septiuir-SéTére,

nanccs, qui étaient dues aux dilatations inégales produites par les premiers rayons solaires dans les pierres mal jointes dont il était composé, Quoiquu

I. il maintient les formes et les tfpcs donnés par les artistes de la SU' et de la XIII" dynastie, qui semblent iivoir él4 en grand honoeur on Éejpts-

Page 1