SON CARACTERE. — LES JARDINS
Les jardins. — Un goût analogue se montrait dans raménagement des terrains qui entouraient les palais. Les rois et les grands seigneurs attachaient un grand prix à avoir, autour de leurs habitations, des jardins, des parcs ombragés qui étaient d'autant plus recherchés que les arbres en général étaient plus rares en Perse et le soleil plus brûlant. Ils les appelaient des « paradis » C'était un terrain spacieux, coupé de grandes allées, orné de pavillons et de fontaines, arrosé de clairs ruisseaux, embaumé de fleurs rares, enrichi de plants d'arbres fruitiers ^ On y acclimatait des plantes venues souvent de fort loin, telles que l'abricotier et le pêcher, originaires
de la Chine.
On voit donc que lorsque la Perse se trouva en présence des petites cités de la Grèce continentale, la civilisation comme la puissance semblaient de son côté. Mais la Perse allait avoir affaire à des forces morales qu'elle n'avait pas mesurées : la passion de la liberté, le sentiment de la valeur propre du citoyen. Ces deux sentiments, qui donnèrent la victoire à la Grèce, furent aussi de ceux qui contribuèrent à assurer à l'art grec, dans l'admiration des hommes, ce rang privilégié dont aucune révolution du goût n'a pu le déposséder.
1. A. Lefèvre, Parcs et jardins. Le satrape Tissaphernc, qui avait pris U Grec Alcibiade en grande amitié, donna le nom d'Alcibiade « à la plus belle de ses maisons de plaisance, à celle qui était la plus délicieuse par l'abondance des eaux et la fraîcheur de 8«s pelouses, par le charme des retraites ombragées qu'on y avait ménagées, par les embellissements do tout gcnra qu'on y avait prodigués avec une ma«»nificence vra'.mcnt royale. • (Plu-
TARQUE.^
Fi g. 35. — Monnaies persanes (dariqaes).