Cette action fut d'ailleurs réciproque
PÉRIODE archaïque GRECQUE 68
L'influence phénicienne maintint d*abord sa prépondérance ; l'influence égyptienne fut importante aussi, mais indirecte, et ne put s'exercer alors que par la vue des objets de dimensions médiocres que le commerce phénicien apportait en Grèce ; la Lydie, la Phrygie, la Lycie, eurent une action directe. Il en fut de même de T Assyrie, dont l'imitation se manifeste dans les œuvres de ce temps par une anatomie affectée plutôt que savante. Dans V Apollon de Ténéa (Louvre), certaines exagérations anatomiques rappellent l'Assyrie; l'aspect général au premier abord semble égyptien ; mais on constate déjà, surtout dans le torse, des qualités toutes grecques.
Il ne faudrait pas exagérer la valeur de ces rapprochements. Les influences que les arts ont pu exercer les uns sur les autres sont d'autant plus difficiles à déterminer que ces arts sont plus primitifs. Les premiers bégayements de l'art sont à peu près partout les mêmes, et les ressemblances entre divers arts — en dehors de toute imitation — sont d'autant plus grandes que ces arts sont plus rudimentaires.