‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 48 sur 120 · ELEMENTS DE L'ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ELEMENTS DE L'ARCHITECTURE

ensemble dont toutes les parties se commandent et se déduisent les unes dés autres ; et de même que quelques fragments d'oB permettent aux naturalistes de reconstituer une espèce disparue, de même il suffit de quelques débrii pour reconstituer avec certitude un temple grec tout entier.

Vlg. tu, — Ordn loBiipu, — Ordn Coiinthim.

Les ordres grecs. — Sans entrer dans la question controversëe de l'origine des ordres grecs, nous constaterons qu'au moment oii paraît Phidias, l'ordre dorique et l'ordre ionique ont atteint leur forme la plus parfaite, et que l'ordre corinthien va se constituer.

1* Ordre dorique. — L'ordre dorique est l'ordre de la Grèce propre, de la Hellade occidentale. Le plus ancien type qu'on en possède est celui du temple de Coriathe,

antérieur probablement au vu® siècle. Le fût de la colonne n*a pas même en hauteur quatre diamètres ; et Tordre dorique présente là un caractère de lourdeur excessive ; mais il s'en dégage progressivement à Sélinonte, à Paestum (4 diam. 1/2), et apparaît dans toute sa beauté au Parthénon (5 diam. 1/2), au v® s. ; il a perdu alors sa pesanteur, tout en conservant dans la fière harmonie de ses proportions son caractère de force et de simplicité. L'ordre dorique (fig. 39) n'a pas de base ; le fût s'appuie directement sur le pavé du temple, portant sur des degrés (A). Ce fût est un tronc de cône très allongé, légèrement renflé. Il est couvert de cannelures (B) (20 au Parthénon) se coupant à arêtes vives et montant jusqu'au chapiteau. Le chapiteau, très simple, est composé d'une échine (C) et d'un abaque ou tailloir (D). Au-dessus du tailloir commence l'entablement.

Quand même on admettrait que les architectes grecs qui ont bâti des temples de pierre ont surtout cherché à se dégager du type de l'architecture de bois, et que le fronton semble fait, comme le dit M. Boutmy, pour atténuer et non pour affirmer l'idée du comble, il n'en est pas moins vraisemblable, sinon certain, qu'ils ont eu celte architecture pour point de départ*. La construction en bois permet de se rendre compte des divers éléments de Véritablement dorique. Au-dessus de Varchitraçe, grande poutre joignant les supports (E), commence la frise. Le bout des solives reposant transversalement sur l'architrave est accusé par une saillie portant deux canaux entaillés appelés glyphes et deux demi-canaux : d'où le nom de triglyphes (F). Autrefois l'intervalle entre les triglyphes était vide, et c'est par là que, dans Viphigénie en Tau-

1. On sait que le temple de Junon à Olympie était primitivement de bois. La découverte de ce temple en 1876 a confirmé une fois de plus Texactitudo dePausanias. Ses colonnes doriques diffèrent toutes entre elles, parce qu'eUes ont remplacé au fur et à mesure les colonnes de bois qui pourrissaient.

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