‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 64 sur 120 · V. — LA PEINTURE · texte numérisé non relu

V. — LA PEINTURE

Cette absence de monuments qui puissent contrôler les opinions des écrivains nous fera passer très rapidement sur la peinture, quoique les anciens aient estimé leurs peintres àTégal de leurs sculpteurs. La peinture semble d'ailleurs être sortie de la sculpture par la transition de la polychromie, et Vitruve nous dit (1. YII, ch. v) que les anciens maîtres imitèrent d'abord par la peinture les bas-reliefs de marbre décorés*.

1. Nous avons indiqué (p. 70) la place de la céramique dans les origines de la sculpture. Les plaques estampées et les figures de terre cuite continuèrent à être un des produits de Tart grec.

2. Une union analogue exista entre la peinture et la sculpture au temps du moyen âge et de la Renaissance. Van Eyck, pas plus que Nicias, ne dédaigna de colorier des statues. ( V. Gourajod, Mémoires de la Société des anti' quaires, 1887.)

Peinture. — École attique. — Polygnote et ses contemporains : Hicon, Panaenos. — La Leskhé, le Pœcile: — Concours, expositions. — Le premier grand nom de la peinture grecque est Polygnote de Thasos, contemporain de Phidias. Sa peinture était déjà polychrome, mais d'une coloration très sobre et de tons peu variés. Elle semble n'avoir guère pratiqué que les teintes plates, et avoir fait fort peu d'usage du modelé. Mais il y avait peut-être en cela moins de l'impuissance qu'un parti pris décoratif, et il est difOcile de ne pas voir dans Polygnote un grand artiste. On admirait, même lorsque la peinture eut réalisé de grands progrès techniques, la pureté de son dessin, l'imagination et la variété de ses compositions. Il eut l'honneur de créer un grand nombre d'attitudes et d'expressions qui correspondaient si bien avec les sentiments de l'âme, qu'elles inspirèrent nécessairement les artistes qui le suivirent. Ses oeuvres les plus célèbres étaient : 1*^ les peintures de la galerie [Leskhé) de Delphes, où il avait représenté la Ruine de Troie, et la Vue des En^ fers avec les supplices divers qui frappent les méchants ; 2^ les peintures du portique d'Athènes qui reçut justement de ces décorations le nom de Pœcile.

Dans cet ouvrage considérable, les souvenirs légendaires de la Grèce se mêlaient à des souvenirs récents non moins glorieux. Il refusa toute rétribution pour ces grands travaux, et reçut l'honneur envié du droit de cité athénienne. Il se fit aider par Micon et par Panœnos, frère de Phidias. Au centre il représenta lui-même, comme à Delphes, la Prise de Troie, Des deux côtés Micon et Panaenos exécutèrent la Bataille de Marathon et le Combat des Athéniens contre les Amazones sur les hauteurs de Pnyx.

Dès cette époque, l'usage des expositions périodiques publiques semble établi; elles sont en même temps des concours, comme nos expositions modernes. Elles avaient lieu en général à Delphes et à Gorinthe, à l'occasion des

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