POLYGNOTE ET SES CONTEMPORAINS
jeux Pythîques et Isthmiques. Les artistes faisaient aussi des expositions particulières de leurs œuvres, chose qui redevient tout à fait à la mode de nos jours. Il y avait peut-être dès cette date, à Athènes au moins, une collection publique de tableaux. Elle se trouvait dans l'aile gauche des Propylées, qu'on a appelée pinacothèque, quoique les anciens Grecs ne semblent pas avoir connu ce mot. Enfin, ce qui prouve combien l'art de peindre était répandu, c'est qu'il était pratiqué par des femmes. Tinta* rète, fille de Micon, l'aida dans ses célèbres travaux, et fit à part des œuvres qui jouirent d'une durable réputation.
La peinture de chevalet : Apollodore. — La décoration théâtrale et le paysage : Agatharcos. — A la fin de
cette période, Apollodore d'Athènes émancipa la peinture de l'architecture en faisant des tableaux de chevalet; il perfectionna aussi le travail des ombres : on conçoit en effet que dans les œuvres de petite dimension le détail de l'exécution doit être plus soigné.
Agatharcos de Samos fut peut-être le premier qui peignit des décors de théâtre. Ce fut là l'origine de la peinture de paysage^. Il décora aussi la maison d'Alcibiade.
La tapisserie : le peplos d'Athéna. — La tapisserie, la broderie à figures , entraient aussi pour une bonne part dans la décoration des édifices. Chaque année à Athènes des jeunes filles choisies parmi celles de plus pur sang athénien devaient tisser un peplos ou long voile destiné à couvrir la vieille statue d'Athéna faite avec le bois de
1. Les théâtres ayaient des décorations fixes en maçonnerie ou en bois (on Toit quelque chose d'analogue au Théâtre Farnèse de Parme, construit au XVI* siècle). La peinture décorative n'y occupait qu'une place secondaire; Les machines au contraire y jouaient un grand rôle. Dans le Prométhéi enehatné d'Eschyle, les Océanides « arrivent par le chemin des oiseaux », et l'animal monstrueux qui porte le vieil Océan < bat de l'aile en frappant le sol de sa gpriiTe v. L'art du costumier l'emportait sur l'art du machiniste. Certaines pièces du théâtre grec supposent dans les costumes une variété et une fantaisie qui n'a pas été dépassée. Il suffit de rappeler les Guêpes et les Oiseaux d'Aristophane. D'autres auteurs comiques avaient introduit sur la scène des légumes personnifies, ou môme les lettres do l'alphabet.
l'olivier sacré. Pallas était la déesse de toutes les œuvres auxquelles Tesprit comme Thabileté de main ont part; à ce titre elle présidait aux travaux des femmes. Ce peplos était porté dans une procession solennelle au temple de la déesse, le dernier jour des Panathénées. Sur ce peplos, dont le fond était couleur de soufre ou de safran, était retracé le combat des dieux contre les géants, combat où Athéna avait assuré la victoire aux habitants de l'Olympe. On y joignait aussi des scènes glorieuses empruntées à l'histoire de la ville chérie de la déesse ^.