‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 66 sur 120 · VI. - MUSIQUE · texte numérisé non relu

VI. - MUSIQUE

C'est aussi, au y« siècle que la musique grecque fut constituée dans son ensemble. La musique grecque était, au moins, par son système, beaucoup plus variée que la nôtre; elle comprenait plusieurs gammes distinctes ou modes, tandis que' nous n'en avons que deux, la majeure et la mineure, que les Grecs d'ailleurs paraissent n'avoir pas connues, quoique les icammes hypophrygienne et hypodorienne s'en écartent peu.

Le système musical des Grecs dut surtout sa formation à l'école pythagoricienne. Les Grecs employaient non seulement les intervalles de ton et de demi-ton, mais des intervalles moindres, les quarts de ton par exemple. Ils étaient très sensibles à la musique et croyaient qu'elle avait la plus grande action sur les mœurs. Les philosophes et parfois les législateurs proscrivaient tel ou tel mode musical comme dangereux. La musique fut d'abord destinée à accompagner la poésie, surtout les hymnes religieux. Tout poète devait être en même temps un musicien. Le plus célèbre des lyriques grecs, jPmdare^ non seulement composait le chant qui était inséparable de ses odes, mais instruisait souvent et dirigeait quelquefois en personne les chanteurs et les instrumentistes qui allaient exécuter ses plus belles pièces dans les villes de la Hellade.

1. Un peplos analogue était tissé par les femmes d'Élis en l'honneur de Junon. On peut comparer le voile annuel apporté par les pèlerins à la Kaab« de la Mecque.

UUSIQUE. — LE SIECLE DE PÉRICLËS 111 Le développement du théâtre avec sea chceuri fut l'origine de grands progrès dana la musique vocale et inatrumenlale. Plua tard la musique ae sépara de la poésie. Ou éleva dea odéons où eurent lieu des concours musicaui même de musique purement instrumentale, et noua avons vu que Périclèa en avait fait construire un près de l'Acropole. Quoique les Grecs aient inventé une notation musicale et qu'ila aient eu l'usage d'un certain nombre d'iustruments différenta, aoit à veut, soit i cordes, ils ont ignoré i'harmouie. « La polyphonie, dit M. Th. Reinacb. existait, mais limitée à deux sons : l'accord de trois sons, fondement de notre harmonie restait inconnu. Bien plus, l'harmonie  deui parties n'était admise que dans le concert de deui instruments ou d'un instrument et d'une voit. Quand deux ou plusieurs voix chantaient ensemble, c'était invariablement à l'unisson ou à l'octave, v Nous possédions seulement quelques rares et courts fragments de ces anciennes mélodies, tels que le début de la première Pjthique de Pindare. Aujourd'hui il est beaucoup moins difficile de se faire une idée de ce qu'était la musique grecque, grâce aux importantes découvertes de M. Homolle, à Delphes, entre autres une partie d'un hymne à Apollon ne comprenant pas moins de quatrevingts mesures 4 cinq temps.

Le siècle da Pérlclàs. — C'est surtout pour avoir coDtnbué à ce développement intellectuel si puissant et si varié, que Périclès a obtenu une gloire impérissable. Jamais, dans aucun temps, dans aucun pays, on ne voit tant d'œuvres d'art qui aient rencontré une admiration plus durable. « 11 semblait qu'à peine achevées, elles avaient un parfum d'antiquité qui les consacrait ; et aujourd'hui cependant elles ont tout l'éclat de la jeunesse, comme si elles étaient douées d'un esprit toujours vivant et d'une àme immortelle, s (Pt.uTABQVB.)

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