‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 97 sur 120 · MONNAIES. — RELIGION. — LITTÉRATURE 17S · texte numérisé non relu

MONNAIES. — RELIGION. — LITTÉRATURE 17S

Rome, « sur Tutilîté de rendre publics les tableaux et les statues, au lieu de les tenir comme relégués dans les jardins et les villas des particuliers ». Ces paroles étaient d'autant plus remarquables qu'elles sortaient de la bouche d'un soldat qui avait vieilli dans les camps et sur les flottes romaines, -et qui semblait devoir attacher peu de prix aux délicatesses de la civilisation.

Rôle secondaire de la religion et de la littérature. — Malgré ces

efforts, et bien que l'art entrât plus alors qu'aujourd'hui dans la vie du citoyen, il ne joua pas dans le monde romain le même rôle que dans le monde grec. Tandis qu'en Grèce la littérature et la religion s'unissent intimement à l'art, influent sur lui et reçoivent son influence d'une manière si suivie et si profonde qu'il est souvent difficile de distinguer quelle est ia part d'action de chacun, à Rome la religion détermine l>ien les symboles, mais elle ne les pénètre pas, ne les vivifie pas. Quant à la littérature, elle a pu inspirer, elle ■a inspiré certainement plus d'une œuvre individuelle; l'accord que les esprits cultivés établissent entre les œuvres des poètes et les œuvres des peintres ou des sculpteurs est attestée par plus d'un passage d'Horace, de ■Cicéron, de Quintilien, de Quintilien surtout, qui institue dans son livre XII une comparaison en forme entré les •diverses écoles de peinture et les diverses écoles d'élo- -quence. Mais il n'y a pas là non plus d'union intime et populaire. Au lieu des tragédies, qui lui rappelleraient -sans cesse le fonds commun où puisent les artistes et les |)oètes, le peuple romain ne se plaît qu'aux jeux du cirque. Valeur de l'art romain. — En somme, après avoir joui

Fig. 98. — Agrippa.

d'une admiration exagérée, Fart du siècle d'Auguste et du siècle suivant a été trop déprécié de nos jours. Pour la sculpture même, Fart gréco-romain, suite de Fart hellénistique, présente un grand intérêt. S'il n'a pas la naïveté primesautière des époques qu'on pourrait appeler d'inspiration directe, il ne manqua ni de talent ni d'idées. C'est, comme le dit M. Reinach, l'école des Garraches après les grands maîtres de la Renaissance.

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