SCULPTURE. — ÉCOLE GRECQUE
aes plus grands marchés de la Méditerranée. La monnaie athénienne s'était répandue de nouveau dans tout l'Orient, et, fait curieux de l'histoire de l'art monétaire, ses types avaient été imités jusque dans l'Arabie. Le réveil de l'art ne pouvait manquer de suivre le renouvellement de la puissance politique dans un pays où il était si aimé.
A partir de l'an 180, nous voyons se former avec Antée, Callistrate, Dionysios, Polyclès, Phythias, Timoclès, une nouvelle école attique, que les fouilles récentes de Délos nous ont fait mieux connaître. On y a trouvé entre autres une statue colossale d'un Romain, Gaîus Ofellus, signée Dionysios et Polyclès. Comme on le voit par cet exemple, et les faits de ce genre abondent, les artistes grecs tra* vaillaient déjà beaucoup pour les Romains. Lorsque Paul- Émile eut vaincu Persée, il fit venir avec lui en Italie un artiste grec, Métrodore, pour régler la décoration de son triomphe. Rome allait devenir le principal centre en Europe de l'art hellénique, et réunir les plus belles œuvres de la nouvelle école attique. A cette école appartiennent Glycon, auteur de VHercule Farnèse (Naples) ; — Apollo" nios, qui a fait le célèbre torse d'Hercule, dit Torse du Belvédère (au Vatican) ; — Cléomène, auteur de la Vénus de Médicis ^ ; Cléomène le fils, auteur de la célèbre statue du Louvre longtemps appelée le Germanicus, mais qui représente probablement un orateur romain d'une époque antérieure (Flaminînus ? César ?) ; Antiochus d'Athènes, auteur de la Pallas de la villa Ludovisi, à Rome, etc. Au I*" siècle avant J.-C, Pasitélès fonda à Athènes une école qui se distingua par un penchant marqué vers l'archaïsme, tendance qu'on retrouve souvent dans les civilisations très avancées où les formes artistiques semblent avoir été épuisées. Il ne nous est rien resté de lui ; mais l'athlète de son élève Stéphanos (villa Ludovisi), le groupe dit
1. Cette statae a été aussi attribuée à Philiscos de Rhodes, qui ancompa» gna à Home Métellos le Maccdoniquc.
Oreste et Electre, de Menelaos, élève de Stéphanos (Napies et villa Lndovisi), le groupe à* Oreste et PylaJU (Louvre), confirment ce que les écrivains de l'antiquité
nous apprennent du style qui prédominait dans l'enseignement de Pasitélès.
— Les écoles d'Asie s'efforcent de maintenir leur réputation. La statue dite le Héros combattant, d*A* ^a5/a5d'Ephèse,filsdeDosithée (Louvre), le héros luttant, un genou en terre, de son cousin Agasias, fils de Ménophile (Délos), qui toutes deux , pour le style etle caractère des formes, semblent des reproductions en marbre d'originaux en bronze, et bien d'autres, nous montrent
Fig. 96. — Diano à la biche.
que ces efforts n'ont pas été stériles. Signalons aussi V Apothéose d'Homère d'AvchélaiOS dePriène, bas-relief intéressant, parce qu'il est un fragment de ces tables iliaques, sortes de livres illustrés de l'enseignement d'alors ^
1. V. Fabretti, Opuscules, à la suite de son Syntagma de columna Trt^Jana Rome, 1683; Otto Jahn et Michaelis, Grxchische Bildcchroniker: Bonn, 1873.
SCULPTDRB BOHAIHS 171
Sans doute un bon nombre ^ea œurres qui aous sont
parvenues de ce temps ne sont que des imitations plus on
moins modifiées d'originaux célèbres des périodes précé«
dentés, ce qui pourrait nous faire exagérer leur mérite
propre. Cependant ce défaut d'originalité assez génécal
n'empêche pas que des statues qui comptent parmi les
plus célèbres de l'antittuité, la Diane
à la
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tore,
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■ sinon par ses procédés, au moins, comme le dit M. Martha,par son esprit et son style ». Elle excelle surtout dans les portraits et sait admirablement saisir, sans tomber dans la vulgarité, le caractère propre d'un personnage. On a vu plus haut jusqu'à quel point le goût de la statueportrait et du buste était poussé dans le monde romain. Aussi, malgré tout ce qui a été détruit, nous avonsencore l'image de la plupart des personnages romains ' depuis le
mtée d-das3us, Gg. *1, est ud dw
173 L'ART ROMAIli
dernier siècle de la République, Pompée, César, Gicéron, Brotos, Auguste, Agrippa, Livie, Agrippine, etc. Les statues romaines se distinguent aussi des statues grecques par le soin avec lequel sont traitées les draperies. Ce talent se montre principalement dans les statues allégoriques. Malgré leur souci de la réalité, les Romains aimaient à représenter par des statues les abstractions morales qu'ils diTinisaient. Nous citerons, par exemple, la statue de la Pudeur (\'atican), de la Fortune (Naples). Cette double tendance trouvait à se satisfaire à la fois dans les statues représentant les diverses nations que Rome avait soumises, et où l'artiste s'attachait à rendre avec exactitude les caractères ethnographiques de chacune d'elles. Ce genre de sculpture tire probablement son origine de la solennité du triomphe, où l'on portait les statues symboliques des viUes et des nations vaincues. Pompée dvait fait élever près de son théâtre le Portique des Nations [Porticus ad Aationes), où des statues rappelaient les nations qu'il avait soumises. Sur l'autel d'Auguste, à Lyon, on avait sculpté les soixante tribus gauloises. On peut voir encore à Naples, sur la base d'une statue de Tibère, la représentation de quatorze villes d'Asie.
Monnaies. — Cette union de la réalité et du symbole trouva à s'appliquer aussi heureusement à la gravure en médaille. Le temps de César marque le commencement de la belle époque de cet art chez les Romains. 11 devait s'y maintenir avec succès jusqu'à la fin des Antonins. Les magistrats monétaires tiennent à honneur d'avoir des coins bien composés et gravés avec élégance.
Un discours d' Agrippa. — Les hommes d'État de ce temps comprennent qu'un des soins les plus élevés qui incombent à un gouvernement est de mettre le plus possible sous les yeux du peuple le spectacle des belles choses. Agrippa prononça même à ce sujet une harangue pleine de noblesse et bien digne du premier citoyen de