‹ Les beaux-arts en Belgique de 1848 a 1857Chapitre 39 sur 49 · PAR M. DE BON · texte numérisé non relu

PAR M. DE BON

Sous le fallacieux prétexte de nous représenter Christophe Colomh démontrant au moyen d'un œuf debout sur sa pointe, l'existence de l'Amérique, ce qui nous a toujours semblé un peu hasardé comme raisonnement et logique ; sous ce prétexte, disons-nous, M. De Bon nous fait assister à un congrès de buverie où des convives au museau empourpré se livrent à des tours de physique amusante. L'un des ivrognes, que M. De Bon nous assure être Christophe Colomb et que nous tenons, nous, pour un franc ivrogne qui a doublé son pourpoint de plus d'un pot de purée septembrale, arrache les applaudissements des lurons qui l'entourent. Il a fait tenir son œuf, semble dire un quidam qui songe aux nombieux brocs que ce succès va retirer de la cave. Cette œuvre est

peinte avec de la lie de vin et respire je ne sais quelle friande odeur de futaille. Pour notre compte, nous ne savions pas Christophe Colomh aussi amant de la dive jouteille; il est bon de rattacher à l'humanité, par quel- <jue faiblesse, ces natures délite qui aspirent à vivre dans le bleu, comme dit Jean-Paul Richter, notre redouté maître.

Dessin trivial, style banal, coloris faux-bruyant, clairsobscurs puisés dans un encrier.

Rabelais, du même artiste, vaut mieux; mais en peignant son Christophe Colomb, le peintre s est trop souvenu des rouges trognes de Rabelais.

La Récipiendaire, — Le Prisonnier,

Page 1